Plus traqués par la police que jamais, les yakuzas continuent bon an mal an à s’afficher dans une flopée de magazines disponibles en kiosques.

Un Tetris de textes chamarrés barre le numéro d’avril 2017 de Jitsuwa Dokyumento. Il faut presque lire entre les lignes pour voir le montage photos mis au centre de ce magazine japonais. Deux parrains de la mafia nippone, Shinobu Tsukasa et Kunio Inoue, émergent côte-à-côte dans cet océan de gros titres. Au-dessus des caractères roses qui courent sur toute la largeur de la une, quelques gouttes de sang annoncent la couleur : des crimes sont évoqués en pages intérieures. Ironiquement, les tâches rouge vif qui ont fait son succès devaient aussi signer la mort du tabloïd tirant à 70 000 exemplaires par mois.

Ses éditeurs ont annoncé fin mars qu’il n’y aura pas d’autre publication, « soi-disant parce que la police a fait pression sur leur banque », indique le journaliste américano-japonais Jake Adelstein. « Mais une édition spéciale a paru en juillet donc je ne suis pas sûr que ce soit terminé. Je leur ai écrit plusieurs fois mais ils ne répondent pas. » La disparition d’une de leurs plus belles tribunes, Jitsuwa Dokyumento, pourrait illustrer le déclin des yakuzas dont se félicite la police. Mais tant les gangs que leur presse ont encore beaucoup à dire.

La presse des yakuzas
Crédits : Jake Adelstein

 L’initiation

La baston peut donner de beaux résultats. Pour Jake Adelstein, elle restera la première étape d’un fructueux apprentissage. À la fin des années 1980, le lycéen du Missouri en vient aux mains avec un camarade de classe. Un professeur amical lui conseille alors de canaliser cette énergie par une activité. En optant pour le karaté, il ouvre une fenêtre sur le pays d’origine de cet art martial ancestral : le Japon. À 19 ans, ce jeune Américain juif atterrit dans une université jésuite de Tokyo. Au hasard d’une sortie nocturne, il rencontre un prêtre bouddhiste qui lui propose d’enseigner l’anglais dans un temple. En retour, Jake apprend les préceptes de Bouddha. Et le hasard frappe à nouveau. « Je suis devenu…

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