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En France, Emmanuel Macron est équipé de smartphones pourvus d'une technologie de chiffrement très sophistiquée.

par Servan Le Janne | 24 janvier 2020

Dans un ciel inconnu, les drapeaux saou­dien et suédois flottent côte à côte. Jeff Bezos ne saisit pas bien le texte qui figure en arabe sous cette vidéo encryp­tée, pas plus qu’il ne comprend pourquoi Moham­med ben Salmane lui envoie cette vidéo sur WhatsApp, ce 1er mai 2018. Il lui faudra des mois pour comprendre. Selon une analyse infor­ma­tique publiée le 21 janvier 2020, le prince héri­tier d’Ara­bie saou­dite a profité d’une corres­pon­dance épiso­dique qu’il entre­te­nait avec le patron d’Ama­zon pour dissé­mi­ner un malware sur son télé­phone, de manière à pouvoir en siphon­ner toutes les infor­ma­tions.

Le milliar­daire améri­cain a commencé à avoir des doutes lorsqu’en janvier 2019, The Natio­nal Enqui­rer a publié des messages intimes envoyés à une jour­na­liste, Lauren Sanchez, alors que chacun d’entre eux était marié. Propriété de David Pecker, un allié de Trump, le tabloïd s’im­misçait ainsi dans la vie privée du proprié­taire du Washing­ton Post, un jour­nal très critique à l’égard du président. Après avoir suspecté Michael Sanchez, le frère de son amante, lui aussi très favo­rable à Trump, Jeff Bezos a révélé, dans un article de blog paru le 7 février 2019, être victime d’une tenta­tive de chan­tage de la part du proprié­taire du Natio­nal Enqui­rer, lequel enten­dait faire cesser toute enquête, sous peine de publier des photos compro­met­tantes.

Sans guère appor­ter de préci­sion, son texte prêtait aussi des connexions saou­diennes au média, alors que le Washing­ton Post n’avait cessé de poin­ter la respon­sa­bi­lité de Riyad dans l’épou­van­table assas­si­nat de son édito­ria­liste, le Saou­dien Jamal Khashoggi, en octobre 2018. L’enquête « essen­tielle et impla­cable » du quoti­dien sur son exécu­tion « est sans doute impo­pu­laire dans certains cercles », devi­nait-il, avant de noter que la piste saou­dienne « touchait une corde sensible » chez le proprié­taire du Natio­nal Enqui­rer, David Pecker. Pour le ministre des Affaires étran­gères du régime Adel al-Jubeir, elle rele­vait pour­tant de la fable.

Bezos a alors demandé à une société infor­ma­tique d’enquê­ter. Dans ses conclu­sions dres­sées en novembre 2019, seule­ment rendues publiques le 21 janvier 2020, FTI Consul­ting remarque que « dans les heures qui ont suivi la récep­tion de la vidéo encryp­tée, une exfil­tra­tion massive et non-auto­ri­sée de données a commencé depuis le télé­phone de Bezos, qui a conti­nué et s’est ampli­fiée les mois suivants ». Cela a amené l’an­cien enquê­teur du FBI Anthony Farrante à croire que l’ap­pa­reil avait été compro­mis grâce à un outil fourni par Saoud al-Qahtani, un conseiller du prince héri­tier.

Par un tweet paru le 22 janvier, l’am­bas­sade de l’Ara­bie saou­dite aux États-Unis consi­dère « absurde » l’idée d’un pira­tage du télé­phone de Jeff Bezos par l’Ara­bie saou­dite. L’his­toire de la diplo­ma­tie est pour­tant jalon­née d’es­pion­nages, d’écoutes et d’in­tru­sions dans les systèmes infor­ma­tiques, tant et si bien qu’au­cun diri­geant du monde ne peut faire l’éco­no­mie de mesures pour sécu­ri­ser ses commu­ni­ca­tions.

La troi­sième ligne

Un voyant rouge s’al­lume sur la table basse du Bureau ovale. Ce mardi 23 octobre 2018, Donald Trump reçoit quatre jour­na­listes du Wall Street Jour­nal dans cette pièce mythique de la Maison-Blanche. Assis sur un canapé couleur sable, il palpe son iPhone quand Rebecca Ball­haus, Michael Bender, Alex Leary et Peter Nicho­las mettent en route leur dicta­phone afin d’en­re­gis­trer la conver­sa­tion. « Oh, mais lais­sez-moi…  je vais vous cher­cher ça est-ce que vous voulez quelque chose à boire ? » demande le président améri­cain, affable. « Lais­sons-les se char­ger de ça, oui », recti­fie-t-il en poin­tant ses char­gés de commu­ni­ca­tion, Bill Shine et Sarah Sanders. « Moi ça va, j’ai un verre ici. »

Trump au télé­phone à bord d’Air Force One
Crédits : The White House

L’en­tre­tien peut commen­cer. Inter­rogé sur l’assas­si­nat du jour­na­liste Jamal Khashoggi, dans le consu­lat saou­dien en Turquie, le milliar­daire ne trouve rien de mieux que de déplo­rer cette « triste situa­tion ». Ses discus­sions au télé­phone avec Recep Tayyip Erdo­gan et Moham­med ben Salmane ne lui permettent guère d’en dire plus, tant que diffé­rentes enquêtes suivent leurs cours. « Est-ce que votre équipe de rensei­gne­ment a eu accès à une vidéo, un enre­gis­tre­ment audio, ou ce genre de choses qui ont été évoquées ? » demandent alors les jour­na­listes. Là encore, c’est trop tôt, les agents améri­cains ne sont pas encore rentrés. « Ils ont beau­coup d’in­for­ma­tions », assure Trump. « En fait, je leur ai dit de ne pas me les commu­niquer au télé­phone. Je ne les veux pas par télé­phone, aussi sûrs que soient ces télé­phones », s’amuse-il.

Le président se méfie. Il sait que les grandes oreilles de la Natio­nal Secu­rity Agency (NSA) ont leurs équi­va­lents à l’étran­ger. Qui n’ai­me­rait pas décou­vrir ce que dit le chef d’État le plus puis­sant au monde ? Les Répu­bli­cains ont suffi­sam­ment moqué la coupable désin­vol­ture du Comité natio­nal démo­crate, dont les boîtes e-mails ont été visi­tées lors de la campagne prési­den­tielle 2016, pour repro­duire leurs erreurs. Alors, Trump se passe tout bonne­ment de cour­rier élec­tro­nique. Et quand il ouvre Twit­ter pour contes­ter tel ou tel article de presse, son mobile se connecte toujours à un réseau wi-fi sécu­risé.

Le loca­taire de la Maison-Blanche dispose d’ailleurs de deux iPhone proté­gés par la NSA. Seule­ment voilà, ne voulant pas abdiquer son réper­toire, il en conserve un troi­sième depuis son élec­tion. Or cet appa­reil person­nel est sur écoute, révèle une enquête publiée par le New York Times le 24 octobre dernier. Dès qu’il appelle « de vieux amis pour bavar­der, se plaindre ou solli­ci­ter leur avis sur son action, des sources du rensei­gne­ment améri­cain indiquent que des espions chinois l’écoutent souvent », écrit le quoti­dien. Ses conseillers ont beau l’aver­tir que des Russes inter­ceptent aussi proba­ble­ment ces échanges, Trump ne daigne pas aban­don­ner le télé­phone.

Rencontre entre Trump et Poutine en juillet dernier
Crédits : The White House

Il a de toute manière déjà confié de son propre chef des infor­ma­tions sensibles à Moscou en mai 2017. Moins proche du président améri­cain, Pékin compte de son côté sur certains de ses corres­pon­dants régu­liers vivant en Asie, comme l’homme d’af­faires Stephen A. Schwarz­man, pour obte­nir des détails sur son état d’es­prit ou ses projets. Il suffit de tendre l’oreille à chaque appel. Selon Trump, l’ar­ticle est évidem­ment menson­ger : « Je n’uti­lise que les télé­phones gouver­ne­men­taux et je n’ai qu’un télé­phone portable du gouver­ne­ment », a-t-il tweeté le 25 octobre.

Bien conscients du risque d’écoutes, Xi Jinping et Vladi­mir Poutine « évitent d’uti­li­ser leurs télé­phones autant que possible », complète le jour­nal. Le second se plaît même à répé­ter qu’il ne possède aucun portable person­nel. « Si j’en avais un, il sonne­rait tout le temps », a-t-il justi­fié en 2010. L’an­cien espion du KGB n’uti­lise « pratique­ment pas Inter­net », qu’il voit comme « un projet de la CIA ». Et il n’est pas le seul à limi­ter ses commu­ni­ca­tions de crainte qu’elles ne soient enre­gis­trées. « À cause des nouvelles tech­no­lo­gies, la confi­den­tia­lité des diri­geants décline de la même manière que celle des citoyens », remarque le juriste améri­cain Matt Pins­ker, auteur d’un article sur le sujet.

Pour discu­ter discrè­te­ment du liti­gieux budget italien, le président de la Commis­sion euro­péenne, Jean-Claude Junker, utilise ces jours-ci un antique Nokia. Ainsi, d’après une source bruxel­loise, se prému­nit-il des cybe­rat­taques. Pendant long­temps, la plupart des diri­geants de la planète faisaient confiance aux appa­reils Black­berry pour cela. Mais, comme Donald Trump, ils se sont massi­ve­ment tour­nés vers Apple, sans toujours bien maîtri­ser leur sécu­rité.

Le Teorem de Thales

À la lumière de projec­teurs de studio, les mains d’Em­ma­nuel Macron dessinent de grandes ombres sur une table aux contours dorés. Le geste est soupesé, cali­bré, précis. Dans l’équi­valent français du Bureau ovale à l’Ély­sée, le président prépare la mise en scène du portrait offi­ciel. Parmi les symboles du pouvoir auxquels il souhaite asso­cier sa figure, à côté des drapeaux français et euro­péen, il place deux iPhone l’un au-dessus de l’autre. À peine a-t-il retiré ses doigts de l’ap­pa­reil au sommet que la date du 29 juin 2017 qui s’y affiche est recou­verte par un message. Ça atten­dra. Sur le cliché fina­le­ment retenu, on peut voir l’écran noir du portable juste derrière sa main droite.

Mais le chef d’État français n’a pas que les produits Apple à sa dispo­si­tion. Pour évoquer des infor­ma­tions clas­sées « diffu­sion restreinte », l’Ély­sée a fait appel à la société française Ercom, basée à Vélizy-Villa­cou­blay, à côté de l’aé­ro­port prési­den­tiel. Déjà four­nis­seur du minis­tère de la Défense, ce spécia­liste de la sécu­rité numé­rique fondé en 1986 met à la dispo­si­tion d’Em­ma­nuel Macron un Samsung Galaxy S7 équipé de la tech­no­lo­gie Cryp­tos­mart. « Cela permet de cryp­ter inté­gra­le­ment le contenu du termi­nal », explique le respon­sable du déve­lop­pe­ment et du marke­ting d’Er­com, Raphael Basset. « Une nouvelle clé de chif­fre­ment est émise à chaque commu­ni­ca­tion. » Impos­sible, néan­moins, d’af­fir­mer que les échanges qui y tran­sitent sont complè­te­ment hors d’at­teinte pour de bons hackers. « Aucun système élec­tro­nique n’est invul­né­rable », confirme Matt Pins­ker.

Un niveau de protec­tion supé­rieur existe. En prin­cipe, les données clas­sées « confi­den­tiel défense » partent d’un télé­phone cryp­to­gra­phique pour réseau étatique et mili­taire surnommé Teorem. Ercom est inca­pable de vendre un tel produit car cela suppose de « recons­truire le système d’ex­ploi­ta­tion », admet Raphael Basset. Il faut pour cela inves­tir une somme que le petit marché du « confi­den­tiel défense » ne suffit pas à amor­tir. Dit autre­ment, il n’y a pas assez de clients. C’est pourquoi le Teorem est conçu par Thales, un groupe dont l’ac­tion­naire majo­ri­taire est le gouver­ne­ment français (25,8 %), et dont Dassault possède 24,7 %. Avant Macron, Jacques Chirac, Nico­las Sarkozy et François Hollande en dispo­saient déjà. Cela ne les a pas empê­chés d’être ciblés par la NSA.

L’alerte est venue de l’autre côté du Rhin. Le mercredi 23 octobre 2013, Angela Merkel décroche son BlackBerry Z10 crypté avec la tech­no­lo­gie Secus­mart pour compo­ser le numéro de la Maison-Blanche. Son inter­lo­cu­teur, Barack Obama, utilise lui aussi un appa­reil de la marque cana­dienne. Mais la chan­ce­lière alle­mande veut parler du deuxième télé­phone en sa posses­sion, un Nokia 6260 Slide : elle vient d’ap­prendre qu’il était sur écoute de la NSA. C’est « complè­te­ment inac­cep­table », fulmine-t-elle selon l’heb­do­ma­daire Spie­gel. Égale­ment concerné, le ministre de la Défense, Thomas de Maizière, ne s’étonne qu’à moitié : « Cela fait des années que je pars du prin­cipe que mon portable est sur écoute, mais je n’au­rais jamais cru que ce serait par les États-Unis », déclare-t-il à la télé­vi­sion.

Teorem

Washing­ton « doit main­te­nant expliquer si une telle pratique est éten­due », intime son porte-parole Stef­fen Seibert. Elle l’est. Quelques jours plus tard, le lanceur d’alerte Edward Snow­den révèle que la NSA s’in­té­resse aux conver­sa­tions de 35 leaders mondiaux. Un docu­ment daté d’oc­tobre 2006 le prouve. L’agence améri­caine n’est d’ailleurs pas la seule. Non seule­ment les services de sécu­rité français « collecte[nt] et stocke[nt] l’en­semble des mails, SMS, rele­vés d’ap­pels télé­pho­niques » de ses citoyens comme la NSA, rapporte Le Monde, mais ils traquent aussi les commu­ni­ca­tions des diri­geants étran­gers. « J’ai eu entre les mains des écoutes télé­pho­niques du président George W. Bush réali­sées par nos soins », confie un ancien cadre de la DGSE fin octobre 2013.

Ce n’est pas tout. Le 29 avril 2015, le quoti­dien Süddeutsche Zeitung dévoile les chemins tortueux et déloyaux emprun­tés par l’es­pion­nage. L’Al­le­magne, qui s’of­fusquait d’être écou­tée par un allié, récu­père les échanges de hauts fonc­tion­naires du minis­tère français des Affaires étran­gères, de la Commis­sion euro­péenne et de l’Ely­sée pour le compte de la NSA. Dans la foulée, Wiki­leaks affirme preuve à l’ap­pui que Washing­ton a bafoué le secret des corres­pon­dances de Chirac, Sarkozy et Hollande.

« Nous savions depuis long­temps que les États-Unis avaient les moyens tech­niques d’es­sayer d’in­ter­cep­ter les conver­sa­tions. Nous ne sommes pas naïfs, les conver­sa­tions qu’il pouvait y avoir entre le ministre de la Défense et le président de la Répu­blique se faisaient hors télé­phone », avance après coup l’an­cienne ministre de la Défense et des Affaires étran­gères Michèle Alliot-Marie. On ignore toute­fois par quel biais la NSA a agi. « Il est compliqué de savoir quel appa­reil a été écouté », concède Raphael Basset. En tout cas, la soli­dité du système Cryp­tos­mart est ados­sée à une certi­fi­ca­tion de l’Agence natio­nale de sécu­rité des système d’in­for­ma­tions, vante-t-il. Mais cela suffit-il ?

Un jouet

À son arri­vée dans le Bureau ovale, en 2008, Barack Obama pose sur la table un Black­berry dont il n’en­tend pas se passer. Deux mois durant, ses conseillers tentent de le faire chan­ger d’avis, en vain. « Depuis le premier mandat Obama, les services secrets dotent les télé­phones du président d’une sécu­rité spéciale », observe Matt Pins­ker. « Pour cela, beau­coup de fonc­tions sont suppri­mées. Le mobile d’Obama n’avait pas d’ap­pa­reil photo ni de jeux ou de SMS. Il pouvait seule­ment appe­ler certains numé­ros déter­mi­nés à l’avance, dont les titu­laires avaient eux aussi des portables sécu­ri­sés. »

En rendant visite à Emma­nuel Macron, Tim Cook s’est ému de voir des Samsung plutôt que des iPhone.

En France, Nico­las Sarkozy est tout aussi atta­ché au sien. Si la marque cana­dienne est répu­tée sûre, les moti­va­tions des chefs d’État sont mani­fes­te­ment ailleurs. Obama enten­dait surtout garder ses contacts pour, prétend-il, éviter de se retrou­ver isolé. Lors du sommet du G8 de 2007 à Heili­gen­damm, en Alle­magne, le président français n’a lui vu aucun danger à prêter son portable à Vladi­mir Poutine. Est-ce à dire que la sécu­rité passe après l’er­go­no­mie ? « Ces diri­geants utilisent leur appa­reil au quoti­dien et veulent un termi­nal qui ressemble à un vrai smart­phone », souligne Raphael Besset. Sans doute Sarkozy rechigne-t-il alors à traî­ner le Teorem et son clapet désuet partout où il se rend.

Chacun connait pour­tant déjà le risque. « Je dois admettre que ce n’est pas très marrant car mes inter­lo­cu­teurs pensent que leurs propos seront publiés, donc personne ne veut m’en­voyer d’in­for­ma­tions vrai­ment juteuses », s’amuse Barack Obama en 2010. Trois ans plus tard, il avoue ne pas être auto­risé à se servir d’un iPhone « pour des raisons de sécu­rité ». Même si les produits d’Apple ne sont pas encore consi­dé­rés comme suffi­sam­ment sûrs, ils commencent à domi­ner le marché alors que l’ac­tion de Black­berry plonge sur les marchés finan­ciers. En 2014, la Maison-Blanche se met donc à expé­ri­men­ter le système d’ex­ploi­ta­tion Android déve­loppé par Google. Elle envi­sage de donner à ses membres des télé­phones Samsung ou LG à la place des mobiles Black­berry, qui vient de perdre 5,8 milliards de dollars en un an.

La préfé­rence du président semble en revanche aller à l’iP­hone. Il emprunte celui d’un conseiller pour rédi­ger son premier tweet en 2015. Au début de l’an­née suivante, l’ap­pa­reil se répand parmi son staff, mais Obama utilise toujours une version modi­fiée et haute­ment sécu­ri­sée du Black­berry. Il finit par le rempla­cer au mois de juin. « Je récu­père le truc et on me dit : “Monsieur le Président, pour des raisons de sécu­rité il ne prend pas de photo, vous ne pouvez pas envoyer de texto et le télé­phone ne marche pas. Vous ne pouvez pas écou­ter de musique non plus” », décrit-il sur le plateau du Tonight Show. « En gros, c’est comme ces jouets pour les enfants de trois ans. » La Première ministre britan­nique, Theresa May, atten­dra elle mars 2018 pour lâcher Black­berry au profit d’un iPhone « sans trop d’ap­pli­ca­tions », d’après la BBC.

Macron préfère les iPhone
Crédits : Prési­dence de la Répu­blique

Sitôt arrivé au pouvoir, en janvier 2017, Donald Trump doit troquer son Samsung Galaxy contre un iPhone sécu­risé. Pour l’Ely­sée, Ercom a fait le mouve­ment inverse, préfé­rant colla­bo­rer avec la marque sud-coréenne plutôt qu’a­vec le géant améri­cain qui est « tota­le­ment fermé d’un point de vue tech­no­lo­gique et cultu­rel », détaille Raphael Basset. « Apple veut maîtri­ser inté­gra­le­ment l’ex­pé­rience utili­sa­teur, tout ce qui est dans le termi­nal, ce qui exclut ce type de parte­na­riat. » En expé­ri­men­tant avec un Samsung, la société de Vélizy-Villa­cou­blay a attiré l’in­té­rêt de ses respon­sables lors du Mobile World Congress de 2015, à Barce­lone.

« Le chef de la section recherche et déve­lop­pe­ment sur la partie sécu­rité logi­ciel des termi­naux Samsung est passé nous voir et nous a dit que ce que nous faisions avait du sens, donc nous avons lancé le parte­na­riat », raconte Raphael Basset. Orange Cyber­dé­fense inter­vient aussi sur les télé­phones dédiés à l’Ély­sée. Le contrat pour­rait néan­moins chan­ger dans les mois à venir. En rendant visite à Emma­nuel Macron, mercredi 24 octobre 2018, le PDG d’Apple Tim Cook s’est ému de voir des Samsung plutôt que des iPhone. Si bien qu’ « Apple nous a contac­tés », confie Basset.

Si Ercom affirme aujourd’­hui ne pas produire de tech­no­lo­gie de déchif­fre­ment, une enquête fouillée du maga­zine Télé­rama démontre qu’elle a fourni du maté­riel de surveillance à l’Égypte du maré­chal Abdel Fattah al-Sissi. Personne n’est assez idiot pour bâtir des cade­nas sans savoir produire la clé. Le jour-même la visite de Tim Cook à Paris, l’ex-respon­sable de la sécu­rité d’Em­ma­nuel Macron, Alexandre Benalla, est inter­rogé par des juges. Sur le télé­phone qu’il leur tend, des message semblent s’ef­fa­cer tous seuls. Comme si l’Ély­sée le contrô­lait à distan­ce…


Couver­ture : Unsplash.


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