En France, Emmanuel Macron est équipé de smartphones pourvus d'une technologie de chiffrement très sophistiquée.

par Servan Le Janne | 26 octobre 2018

La troi­­sième ligne

Un voyant rouge s’al­­lume sur la table basse du Bureau ovale. Ce mardi 23 octobre 2018, Donald Trump reçoit quatre jour­­na­­listes du Wall Street Jour­­nal dans cette pièce mythique de la Maison-Blanche. Assis sur un canapé couleur sable, il palpe son iPhone quand Rebecca Ball­­haus, Michael Bender, Alex Leary et Peter Nicho­­las mettent en route leur dicta­­phone afin d’en­­re­­gis­­trer la conver­­sa­­tion. « Oh, mais lais­­sez-moi…  je vais vous cher­­cher ça est-ce que vous voulez quelque chose à boire ? » demande le président améri­­cain, affable. « Lais­­sons-les se char­­ger de ça, oui », recti­­fie-t-il en poin­­tant ses char­­gés de commu­­ni­­ca­­tion, Bill Shine et Sarah Sanders. « Moi ça va, j’ai un verre ici. »

Trump au télé­­phone à bord d’Air Force One
Crédits : The White House

L’en­­tre­­tien peut commen­­cer. Inter­­rogé sur l’assas­­si­­nat du jour­­na­­liste Jamal Khashoggi, dans le consu­­lat saou­­dien en Turquie, le milliar­­daire ne trouve rien de mieux que de déplo­­rer cette « triste situa­­tion ». Ses discus­­sions au télé­­phone avec Recep Tayyip Erdo­­gan et Moham­­med ben Salmane ne lui permettent guère d’en dire plus, tant que diffé­­rentes enquêtes suivent leurs cours. « Est-ce que votre équipe de rensei­­gne­­ment a eu accès à une vidéo, un enre­­gis­­tre­­ment audio, ou ce genre de choses qui ont été évoquées ? » demandent alors les jour­­na­­listes. Là encore, c’est trop tôt, les agents améri­­cains ne sont pas encore rentrés. « Ils ont beau­­coup d’in­­for­­ma­­tions », assure Trump. « En fait, je leur ai dit de ne pas me les commu­­niquer au télé­­phone. Je ne les veux pas par télé­­phone, aussi sûrs que soient ces télé­­phones », s’amuse-il.

Le président se méfie. Il sait que les grandes oreilles de la Natio­­nal Secu­­rity Agency (NSA) ont leurs équi­­va­­lents à l’étran­­ger. Qui n’ai­­me­­rait pas décou­­vrir ce que dit le chef d’État le plus puis­­sant au monde ? Les Répu­­bli­­cains ont suffi­­sam­­ment moqué la coupable désin­­vol­­ture du Comité natio­­nal démo­­crate, dont les boîtes e-mails ont été visi­­tées lors de la campagne prési­­den­­tielle 2016, pour repro­­duire leurs erreurs. Alors, Trump se passe tout bonne­­ment de cour­­rier élec­­tro­­nique. Et quand il ouvre Twit­­ter pour contes­­ter tel ou tel article de presse, son mobile se connecte toujours à un réseau wi-fi sécu­­risé.

Le loca­­taire de la Maison-Blanche dispose d’ailleurs de deux iPhone proté­­gés par la NSA. Seule­­ment voilà, ne voulant pas abdiquer son réper­­toire, il en conserve un troi­­sième depuis son élec­­tion. Or cet appa­­reil person­­nel est sur écoute, révèle une enquête publiée par le New York Times le 24 octobre dernier. Dès qu’il appelle « de vieux amis pour bavar­­der, se plaindre ou solli­­ci­­ter leur avis sur son action, des sources du rensei­­gne­­ment améri­­cain indiquent que des espions chinois l’écoutent souvent », écrit le quoti­­dien. Ses conseillers ont beau l’aver­­tir que des Russes inter­­­ceptent aussi proba­­ble­­ment ces échanges, Trump ne daigne pas aban­­don­­ner le télé­­phone.

Rencontre entre Trump et Poutine en juillet dernier
Crédits : The White House

Il a de toute manière déjà confié de son propre chef des infor­­ma­­tions sensibles à Moscou en mai 2017. Moins proche du président améri­­cain, Pékin compte de son côté sur certains de ses corres­­pon­­dants régu­­liers vivant en Asie, comme l’homme d’af­­faires Stephen A. Schwarz­­man, pour obte­­nir des détails sur son état d’es­­prit ou ses projets. Il suffit de tendre l’oreille à chaque appel. Selon Trump, l’ar­­ticle est évidem­­ment menson­­ger : « Je n’uti­­lise que les télé­­phones gouver­­ne­­men­­taux et je n’ai qu’un télé­­phone portable du gouver­­ne­­ment », a-t-il tweeté le 25 octobre.

Bien conscients du risque d’écoutes, Xi Jinping et Vladi­­mir Poutine « évitent d’uti­­li­­ser leurs télé­­phones autant que possible », complète le jour­­nal. Le second se plaît même à répé­­ter qu’il ne possède aucun portable person­­nel. « Si j’en avais un, il sonne­­rait tout le temps », a-t-il justi­­fié en 2010. L’an­­cien espion du KGB n’uti­­lise « pratique­­ment pas Inter­­net », qu’il voit comme « un projet de la CIA ». Et il n’est pas le seul à limi­­ter ses commu­­ni­­ca­­tions de crainte qu’elles ne soient enre­­gis­­trées. « À cause des nouvelles tech­­no­­lo­­gies, la confi­­den­­tia­­lité des diri­­geants décline de la même manière que celle des citoyens », remarque le juriste améri­­cain Matt Pins­­ker, auteur d’un article sur le sujet.

Pour discu­­ter discrè­­te­­ment du liti­­gieux budget italien, le président de la Commis­­sion euro­­péenne, Jean-Claude Junker, utilise ces jours-ci un antique Nokia. Ainsi, d’après une source bruxel­­loise, se prému­­nit-il des cybe­­rat­­taques. Pendant long­­temps, la plupart des diri­­geants de la planète faisaient confiance aux appa­­reils Black­­berry pour cela. Mais, comme Donald Trump, ils se sont massi­­ve­­ment tour­­nés vers Apple, sans toujours bien maîtri­­ser leur sécu­­rité.

Le Teorem de Thales

À la lumière de projec­­teurs de studio, les mains d’Em­­ma­­nuel Macron dessinent de grandes ombres sur une table aux contours dorés. Le geste est soupesé, cali­­bré, précis. Dans l’équi­­valent français du Bureau ovale à l’Ély­­sée, le président prépare la mise en scène du portrait offi­­ciel. Parmi les symboles du pouvoir auxquels il souhaite asso­­cier sa figure, à côté des drapeaux français et euro­­péen, il place deux iPhone l’un au-dessus de l’autre. À peine a-t-il retiré ses doigts de l’ap­­pa­­reil au sommet que la date du 29 juin 2017 qui s’y affiche est recou­­verte par un message. Ça atten­­dra. Sur le cliché fina­­le­­ment retenu, on peut voir l’écran noir du portable juste derrière sa main droite.

Mais le chef d’État français n’a pas que les produits Apple à sa dispo­­si­­tion. Pour évoquer des infor­­ma­­tions clas­­sées « diffu­­sion restreinte », l’Ély­­sée a fait appel à la société française Ercom, basée à Vélizy-Villa­­cou­­blay, à côté de l’aé­­ro­­port prési­­den­­tiel. Déjà four­­nis­­seur du minis­­tère de la Défense, ce spécia­­liste de la sécu­­rité numé­­rique fondé en 1986 met à la dispo­­si­­tion d’Em­­ma­­nuel Macron un Samsung Galaxy S7 équipé de la tech­­no­­lo­­gie Cryp­­tos­­mart. « Cela permet de cryp­­ter inté­­gra­­le­­ment le contenu du termi­­nal », explique le respon­­sable du déve­­lop­­pe­­ment et du marke­­ting d’Er­­com, Raphael Basset. « Une nouvelle clé de chif­­fre­­ment est émise à chaque commu­­ni­­ca­­tion. » Impos­­sible, néan­­moins, d’af­­fir­­mer que les échanges qui y tran­­sitent sont complè­­te­­ment hors d’at­­teinte pour de bons hackers. « Aucun système élec­­tro­­nique n’est invul­­né­­rable », confirme Matt Pins­­ker.

Un niveau de protec­­tion supé­­rieur existe. En prin­­cipe, les données clas­­sées « confi­­den­­tiel défense » partent d’un télé­­phone cryp­­to­­gra­­phique pour réseau étatique et mili­­taire surnommé Teorem. Ercom est inca­­pable de vendre un tel produit car cela suppose de « recons­­truire le système d’ex­­ploi­­ta­­tion », admet Raphael Basset. Il faut pour cela inves­­tir une somme que le petit marché du « confi­­den­­tiel défense » ne suffit pas à amor­­tir. Dit autre­­ment, il n’y a pas assez de clients. C’est pourquoi le Teorem est conçu par Thales, un groupe dont l’ac­­tion­­naire majo­­ri­­taire est le gouver­­ne­­ment français (25,8 %), et dont Dassault possède 24,7 %. Avant Macron, Jacques Chirac, Nico­­las Sarkozy et François Hollande en dispo­­saient déjà. Cela ne les a pas empê­­chés d’être ciblés par la NSA.

L’alerte est venue de l’autre côté du Rhin. Le mercredi 23 octobre 2013, Angela Merkel décroche son BlackBerry Z10 crypté avec la tech­­no­­lo­­gie Secus­­mart pour compo­­ser le numéro de la Maison-Blanche. Son inter­­­lo­­cu­­teur, Barack Obama, utilise lui aussi un appa­­reil de la marque cana­­dienne. Mais la chan­­ce­­lière alle­­mande veut parler du deuxième télé­­phone en sa posses­­sion, un Nokia 6260 Slide : elle vient d’ap­­prendre qu’il était sur écoute de la NSA. C’est « complè­­te­­ment inac­­cep­­table », fulmine-t-elle selon l’heb­­do­­ma­­daire Spie­­gel. Égale­­ment concerné, le ministre de la Défense, Thomas de Maizière, ne s’étonne qu’à moitié : « Cela fait des années que je pars du prin­­cipe que mon portable est sur écoute, mais je n’au­­rais jamais cru que ce serait par les États-Unis », déclare-t-il à la télé­­vi­­sion.

Teorem

Washing­­ton « doit main­­te­­nant expliquer si une telle pratique est éten­­due », intime son porte-parole Stef­­fen Seibert. Elle l’est. Quelques jours plus tard, le lanceur d’alerte Edward Snow­­den révèle que la NSA s’in­­té­­resse aux conver­­sa­­tions de 35 leaders mondiaux. Un docu­­ment daté d’oc­­tobre 2006 le prouve. L’agence améri­­caine n’est d’ailleurs pas la seule. Non seule­­ment les services de sécu­­rité français « collecte[nt] et stocke[nt] l’en­­semble des mails, SMS, rele­­vés d’ap­­pels télé­­pho­­niques » de ses citoyens comme la NSA, rapporte Le Monde, mais ils traquent aussi les commu­­ni­­ca­­tions des diri­­geants étran­­gers. « J’ai eu entre les mains des écoutes télé­­pho­­niques du président George W. Bush réali­­sées par nos soins », confie un ancien cadre de la DGSE fin octobre 2013.

Ce n’est pas tout. Le 29 avril 2015, le quoti­­dien Süddeutsche Zeitung dévoile les chemins tortueux et déloyaux emprun­­tés par l’es­­pion­­nage. L’Al­­le­­magne, qui s’of­­fusquait d’être écou­­tée par un allié, récu­­père les échanges de hauts fonc­­tion­­naires du minis­­tère français des Affaires étran­­gères, de la Commis­­sion euro­­péenne et de l’Ely­­sée pour le compte de la NSA. Dans la foulée, Wiki­­leaks affirme preuve à l’ap­­pui que Washing­­ton a bafoué le secret des corres­­pon­­dances de Chirac, Sarkozy et Hollande.

« Nous savions depuis long­­temps que les États-Unis avaient les moyens tech­­niques d’es­­sayer d’in­­ter­­cep­­ter les conver­­sa­­tions. Nous ne sommes pas naïfs, les conver­­sa­­tions qu’il pouvait y avoir entre le ministre de la Défense et le président de la Répu­­blique se faisaient hors télé­­phone », avance après coup l’an­­cienne ministre de la Défense et des Affaires étran­­gères Michèle Alliot-Marie. On ignore toute­­fois par quel biais la NSA a agi. « Il est compliqué de savoir quel appa­­reil a été écouté », concède Raphael Basset. En tout cas, la soli­­dité du système Cryp­­tos­­mart est ados­­sée à une certi­­fi­­ca­­tion de l’Agence natio­­nale de sécu­­rité des système d’in­­for­­ma­­tions, vante-t-il. Mais cela suffit-il ?

Un jouet

À son arri­­vée dans le Bureau ovale, en 2008, Barack Obama pose sur la table un Black­­berry dont il n’en­­tend pas se passer. Deux mois durant, ses conseillers tentent de le faire chan­­ger d’avis, en vain. « Depuis le premier mandat Obama, les services secrets dotent les télé­­phones du président d’une sécu­­rité spéciale », observe Matt Pins­­ker. « Pour cela, beau­­coup de fonc­­tions sont suppri­­mées. Le mobile d’Obama n’avait pas d’ap­­pa­­reil photo ni de jeux ou de SMS. Il pouvait seule­­ment appe­­ler certains numé­­ros déter­­mi­­nés à l’avance, dont les titu­­laires avaient eux aussi des portables sécu­­ri­­sés. »

En rendant visite à Emma­­nuel Macron, Tim Cook s’est ému de voir des Samsung plutôt que des iPhone.

En France, Nico­­las Sarkozy est tout aussi atta­­ché au sien. Si la marque cana­­dienne est répu­­tée sûre, les moti­­va­­tions des chefs d’État sont mani­­fes­­te­­ment ailleurs. Obama enten­­dait surtout garder ses contacts pour, prétend-il, éviter de se retrou­­ver isolé. Lors du sommet du G8 de 2007 à Heili­­gen­­damm, en Alle­­magne, le président français n’a lui vu aucun danger à prêter son portable à Vladi­­mir Poutine. Est-ce à dire que la sécu­­rité passe après l’er­­go­­no­­mie ? « Ces diri­­geants utilisent leur appa­­reil au quoti­­dien et veulent un termi­­nal qui ressemble à un vrai smart­­phone », souligne Raphael Besset. Sans doute Sarkozy rechigne-t-il alors à traî­­ner le Teorem et son clapet désuet partout où il se rend.

Chacun connait pour­­tant déjà le risque. « Je dois admettre que ce n’est pas très marrant car mes inter­­­lo­­cu­­teurs pensent que leurs propos seront publiés, donc personne ne veut m’en­­voyer d’in­­for­­ma­­tions vrai­­ment juteuses », s’amuse Barack Obama en 2010. Trois ans plus tard, il avoue ne pas être auto­­risé à se servir d’un iPhone « pour des raisons de sécu­­rité ». Même si les produits d’Apple ne sont pas encore consi­­dé­­rés comme suffi­­sam­­ment sûrs, ils commencent à domi­­ner le marché alors que l’ac­­tion de Black­­berry plonge sur les marchés finan­­ciers. En 2014, la Maison-Blanche se met donc à expé­­ri­­men­­ter le système d’ex­­ploi­­ta­­tion Android déve­­loppé par Google. Elle envi­­sage de donner à ses membres des télé­­phones Samsung ou LG à la place des mobiles Black­­berry, qui vient de perdre 5,8 milliards de dollars en un an.

La préfé­­rence du président semble en revanche aller à l’iP­­hone. Il emprunte celui d’un conseiller pour rédi­­ger son premier tweet en 2015. Au début de l’an­­née suivante, l’ap­­pa­­reil se répand parmi son staff, mais Obama utilise toujours une version modi­­fiée et haute­­ment sécu­­ri­­sée du Black­­berry. Il finit par le rempla­­cer au mois de juin. « Je récu­­père le truc et on me dit : “Monsieur le Président, pour des raisons de sécu­­rité il ne prend pas de photo, vous ne pouvez pas envoyer de texto et le télé­­phone ne marche pas. Vous ne pouvez pas écou­­ter de musique non plus” », décrit-il sur le plateau du Tonight Show. « En gros, c’est comme ces jouets pour les enfants de trois ans. » La Première ministre britan­­nique, Theresa May, atten­­dra elle mars 2018 pour lâcher Black­­berry au profit d’un iPhone « sans trop d’ap­­pli­­ca­­tions », d’après la BBC.

Macron préfère les iPhone
Crédits : Prési­­dence de la Répu­­blique

Sitôt arrivé au pouvoir, en janvier 2017, Donald Trump doit troquer son Samsung Galaxy contre un iPhone sécu­­risé. Pour l’Ely­­sée, Ercom a fait le mouve­­ment inverse, préfé­­rant colla­­bo­­rer avec la marque sud-coréenne plutôt qu’a­­vec le géant améri­­cain qui est « tota­­le­­ment fermé d’un point de vue tech­­no­­lo­­gique et cultu­­rel », détaille Raphael Basset. « Apple veut maîtri­­ser inté­­gra­­le­­ment l’ex­­pé­­rience utili­­sa­­teur, tout ce qui est dans le termi­­nal, ce qui exclut ce type de parte­­na­­riat. » En expé­­ri­­men­­tant avec un Samsung, la société de Vélizy-Villa­­cou­­blay a attiré l’in­­té­­rêt de ses respon­­sables lors du Mobile World Congress de 2015, à Barce­­lone.

« Le chef de la section recherche et déve­­lop­­pe­­ment sur la partie sécu­­rité logi­­ciel des termi­­naux Samsung est passé nous voir et nous a dit que ce que nous faisions avait du sens, donc nous avons lancé le parte­­na­­riat », raconte Raphael Basset. Orange Cyber­­dé­­fense inter­­­vient aussi sur les télé­­phones dédiés à l’Ély­­sée. Le contrat pour­­rait néan­­moins chan­­ger dans les mois à venir. En rendant visite à Emma­­nuel Macron, mercredi 24 octobre 2018, le PDG d’Apple Tim Cook s’est ému de voir des Samsung plutôt que des iPhone. Si bien qu’ « Apple nous a contac­­tés », confie Basset.

Si Ercom affirme aujourd’­­hui ne pas produire de tech­­no­­lo­­gie de déchif­­fre­­ment, une enquête fouillée du maga­­zine Télé­­rama démontre qu’elle a fourni du maté­­riel de surveillance à l’Égypte du maré­­chal Abdel Fattah al-Sissi. Personne n’est assez idiot pour bâtir des cade­­nas sans savoir produire la clé. Le jour-même la visite de Tim Cook à Paris, l’ex-respon­­sable de la sécu­­rité d’Em­­ma­­nuel Macron, Alexandre Benalla, est inter­­­rogé par des juges. Sur le télé­­phone qu’il leur tend, des message semblent s’ef­­fa­­cer tous seuls. Comme si l’Ély­­sée le contrô­­lait à distan­­ce…


Couver­­ture : Unsplash.


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