par Simon Head | 3 mars 2016

Les Clin­­ton et Wall Street

Le 17 janvier dernier aux États-Unis s’est tenu le dernier débat oppo­­sant les candi­­dats démo­­crates avant le lance­­ment de la course aux primaires. Bernie Sanders a dénoncé les liens étroits qu’en­­tre­­tient Hillary Clin­­ton avec la bourse de Wall Street, attaque qu’il s’était retenu de profé­­rer jusqu’à ce stade de la campagne élec­­to­­rale. « Je ne perçois pas d’argent des grandes banques… En un an, vous avez perçu 600 000 dollars d’ho­­no­­raires de Gold­­man Sachs pour des confé­­rences », l’a-t-il accu­­sée. Les critiques de Sanders surviennent au moment même où de récents rapports révèlent que le FBI a étendu son enquête sur les emails envoyés par Hillary Clin­­ton alors qu’elle était secré­­taire d’État à ses rela­­tions avec les grands dona­­teurs. Ce qui soulève une autre ques­­tion : comment Hillary et Bill Clin­­ton ont-ils tissé un tel réseau de dona­­teurs, et qu’est-ce que ce réseau présage de la conduite de l’ex-première dame si elle venait à être élue prési­­dente des États-Unis ? L’enquête, qui s’ap­­puie sur de nombreuses sources, vise à éclai­­rer des faits concer­­nant Hillary Clin­­ton et ne prétend en aucun cas favo­­ri­­ser tel ou tel candi­­dat à l’élec­­tion prési­­den­­tielle.

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Hillary Clin­­ton en campagne
Crédits : Gage Skid­­more

Depuis l’ar­­rêt Citi­­zens United et l’ar­­ri­­vée des Super PAC (ou comi­­tés d’ac­­tion poli­­tique), il est fréquent sur la scène poli­­tique améri­­caine que des socié­­tés et de riches dona­­teurs trans­­mettent des sommes illi­­mi­­tées d’argent aux candi­­dats à de hauts postes en vue d’ob­­te­­nir des faveurs. D’après les données publiées sur le site Open Secrets, en octobre dernier, aux fins de la campagne prési­­den­­tielle de 2016, Jeb Bush dispo­­sait, en plus des parti­­ci­­pa­­tions directes, de près de 103 millions de dollars de « contri­­bu­­tions exté­­rieures ». Il peut s’agir de montants prove­­nant des PAC, ces comi­­tés d’ac­­tion poli­­tique, ou des Super PAC, mais égale­­ment d’ « argent occulte » versé par des orga­­ni­­sa­­tions au profit d’un candi­­dat. Cette somme s’éle­­vait respec­­ti­­ve­­ment à 38 millions de dollars, 17 millions de dollars et 14 millions de dollars pour les candi­­dats Ted Cruz, Marco Rubio et Chris Chris­­tie. Pour­­tant, peu ont su exploi­­ter cette poli­­tique de gros sous autant que Bill et Hillary Clin­­ton.

Au mois d’oc­­tobre, Hillary Clin­­ton avait soulevé 20 millions de dollars « exté­­rieurs » qui se sont ajou­­tés aux 77 millions de contri­­bu­­tions directes, soit la somme la plus impor­­tante réunie alors par un candi­­dat. Mais Hillary et son mari entre­­tiennent d’autres rela­­tions avec les grands dona­­teurs, qui remontent bien avant l’élec­­tion en cours. Le « Système Clin­­ton » se démarque par l’am­­pleur et la complexité des connexions qu’il implique, mais égale­­ment par une présence de longue date sur la scène poli­­tique, par le rôle de l’an­­cien président Bill Clin­­ton à ses côtés en tant que parte­­naire dans cette entre­­prise et par les sommes fara­­mi­­neuses mises en jeu. Cette ampleur et cette complexité s’ex­­pliquent par les diffé­­rentes formes de contri­­bu­­tions qui unissent les Clin­­ton à leurs dona­­teurs. Tout d’abord, il y a ces hono­­raires à six chiffres perçus par Bill et Hillary Clin­­ton, prin­­ci­­pa­­le­­ment de la part de socié­­tés et de banques et qui leur ont déjà rapporté 125 millions de dollars depuis le départ de Bill Clin­­ton de la prési­­dence en 2001. Il y a égale­­ment les contri­­bu­­tions directes aux campagnes d’Hillary Clin­­ton, notam­­ment pour un siège au Sénat en 2000, pour la prési­­dence du pays en 2008, puis en 2016, soit un total de 712,4 millions de dollars au 30 septembre 2015, selon les données publiées récem­­ment par Open Secrets. Sur cinq sources de finan­­ce­­ment majeures, quatre sont de grandes banques : Citi­­group Inc., Gold­­man Sachs, JPMor­­gan Chase & Co., et Morgan Stan­­ley. Objec­­tif de cette campagne : soule­­ver un milliard de dollars de fonds pour la super PAC en vue de l’élec­­tion prési­­den­­tielle de 2016.

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Bill, Hillary et leur fille Chel­­sea Clin­­ton
Crédits : Clin­­ton Global Initia­­tive

Enfin, les dona­­teurs ont versé près de deux milliards de dollars à la Fonda­­tion Clin­­ton, ainsi qu’à des orga­­nismes satel­­lites depuis le départ de Bill Clin­­ton de la Maison-Blanche. Cela peut sembler étrange d’in­­clure les dons à la fonda­­tion parmi les recours des socié­­tés et des milliar­­daires pour se rappro­­cher des Clin­­ton, gagner leur bien­­veillance et espé­­rer un retour de faveur. Les fonds de la fonda­­tion sont majo­­ri­­tai­­re­­ment rever­­sés pour défendre des causes plus ou moins louables, allant de la refo­­res­­ta­­tion en Afrique et le soutien aux petits exploi­­tants agri­­coles dans les Caraïbes, à la colla­­bo­­ra­­tion entre les pouvoirs publics et les entre­­prises aux États-Unis dans l’objec­­tif de promou­­voir le bien-être et la bonne condi­­tion physique des employés. En outre, tous les dona­­teurs de la Fonda­­tion Clin­­ton et de ses insti­­tu­­tions asso­­ciées ne sont pas des socié­­tés. La Fonda­­tion Bill et Melinda Gates, par exemple, qui compte parmi les dona­­teurs prin­­ci­­paux, a versé plus de 25 millions de dollars de subven­­tions depuis sa créa­­tion. Citons notam­­ment un commu­­niqué de presse de la Fonda­­tion Clin­­ton publié en 2014 qui évoque un parte­­na­­riat « visant à collec­­ter et à analy­­ser des infor­­ma­­tions sur le statut des femmes et des petites filles à travers le monde ».

Cepen­­dant, la plupart des grands bien­­fai­­teurs de l’as­­so­­cia­­tion font partie des dona­­teurs qui ont apporté leur soutien à Hillary Clin­­ton à chaque campagne élec­­to­­rale et versé des hono­­raires à six chiffres. Pour ces dona­­teurs, en majo­­rité des socié­­tés, le lien qu’ils établissent avec les Clin­­ton est aussi impor­­tant que les causes défen­­dues par l’as­­so­­cia­­tion. D’après l’ana­­lyse des fonds de la Fonda­­tion Clin­­ton publiée en février 2015 par le Washing­­ton Post, le secteur des services finan­­ciers repré­­sente la plus grande part des entre­­prises dona­­trices. La fonda­­tion compte égale­­ment comme dona­­teurs prin­­ci­­paux des entre­­prises spécia­­li­­sées dans les éner­­gies et la défense natio­­nale, ainsi que les gouver­­ne­­ments étran­­gers avec lesquels elles font commerce. Les prési­­dents améri­­cains ont depuis long­­temps recours à des asso­­cia­­tions cari­­ta­­tives pour étendre leur influence et perce­­voir des hono­­raires de confé­­rences, qui consti­­tuent une source de reve­­nus non négli­­geable. Mais les Clin­­ton se distinguent du fait qu’ils béné­­fi­­cient de l’in­­fluence inter­­­na­­tio­­nale de l’an­­cien président Bill Clin­­ton pour finan­­cer la carrière poli­­tique d’Hillary Clin­­ton.

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Une famille modèle

Les dona­­teurs s’at­­tendent proba­­ble­­ment à ce qu’une séna­­trice, ancienne secré­­taire d’État et première dame, soit à même de leur rendre la pareille. Le forum annuel « Clin­­ton Global Initia­­tive » offre un cadre idéal pour les tran­­sac­­tions entre les Clin­­ton et leurs bien­­fai­­teurs. Parmi les spon­­sors de l’évé­­ne­­ment qui s’est tenu à New York en 2014 et 2015 se trou­­vaient notam­­ment HSBC, Coca Cola, Monsanto, Proc­­tor & Gamble, Cisco, Price­­wa­­te­­rhou­­seCoo­­pers, Blaks­­tone Group, Gold­­man Sachs, Exxon Mobile, Micro­­soft et Hewlett Packard. Moyen­­nant la somme mini­­mum de 250 000 dollars, les chefs d’en­­tre­­prise présents lors de ces forums jouissent d’un certain nombre de privi­­lèges dont la possi­­bi­­lité de rencon­­trer les Clin­­ton.

Dans un article d’in­­ves­­ti­­ga­­tion publié en 2013 dans The New Repu­­blic, le jour­­na­­liste Alec MacGillis décrit ces forums annuels comme un échange complexe par lequel les PDG financent des projets pour pouvoir rencon­­trer les Clin­­ton. Alec décrit notam­­ment les allers et venues de Douglas Band, ancien assis­­tant à la Maison-Blanche lors de la prési­­dence de Bill Clin­­ton. Son rôle consis­­tait lors de ces événe­­ments à accor­­der des faveurs à certains PDG « en les condui­­sant sur l’es­­trade auprès des Clin­­ton, en les faisant passer au travers des contrôles de sécu­­rité ou en leur permet­­tant d’ap­­pa­­raître sur les photos offi­­cielles ». En 2012, le PDG de Coca Cola, Muhtar Kent, « a remporté une place de choix sur l’es­­trade auprès de Bill Clin­­ton », ainsi que l’a rapporté le New York Times.

Les armes et la fonda­­tion

Outre la Fonda­­tion Clin­­ton, les hono­­raires de confé­­rences consti­­tuent un autre moyen pour les parties inté­­res­­sées, notam­­ment Citi­­corp ou Gold­­man Sachs, d’ap­­por­­ter leur soutien au Clin­­ton sans recou­­rir aux dona­­tions directes de campagne. Des données prove­­nant du rapport finan­­cier annuel des Clin­­ton, de la Fonda­­tion Clin­­ton et des banques même révèlent qu’entre 2001 et 2014, Bill Clin­­ton a perçu 1,52 million de dollars d’ho­­no­­raires de la part d’UBS, 1,35 millions de la part de Gold­­man Sachs, 900 000 dollars de la Bank of America, 770 000 dollars de la Deutsche Bank et 650 000 dollars de Barclays Capi­­tal. Depuis son départ du dépar­­te­­ment d’État en 2014, Hillary Clin­­ton a perçu des hono­­raires simi­­laires de la part de ces mêmes enti­­tés. Sur près de 10 millions de dollars d’ho­­no­­raires de confé­­rences perçus en 2013, l’ex-première dame a reçu pas loin de 1,6 million de dollars des prin­­ci­­pales banques de Wall Street, dont 675 000 dollars de Gold­­man Sachs (somme qu’a évoquée Bernie Sanders pendant le débat du 17 janvier dernier) et 225 000 dollars versés par chacune des banques UBS, Bank of America, Morgan Stan­­ley et la Deutsche Bank. Les dona­­tions colos­­sales des socié­­tés et des gouver­­ne­­ments étran­­gers à la Fonda­­tion Clin­­ton consti­­tuent l’un des aspects les plus éton­­nants et trou­­blants du Système Clin­­ton. Sans parler de la promp­­ti­­tude avec laquelle Bill Clin­­ton accepte des hono­­raires à six chiffres de la plupart d’entre eux alors que les inté­­rêts finan­­ciers de ces mêmes dona­­teurs dépendent des déci­­sions du dépar­­te­­ment d’État alors présidé par Hillary Clin­­ton.

Une enquête publiée en avril 2015 par Andrew Perez, David Sirota et Matthew Cunnin­­gham-Cook dans l’Inter­­na­­tio­­nal Busi­­ness Times révèle qu’entre octobre 2009 et décembre 2012, alors que son épouse était secré­­taire d’État, Bill Clin­­ton a reçu en treize occa­­sions des hono­­raires à six chiffres (pour un total de 2,5 millions de dollars) de la part de socié­­tés et de groupes commer­­ciaux qui, d’après les fichiers du gouver­­ne­­ment fédé­­ral, étaient enga­­gés dans des acti­­vi­­tés de lobbying auprès du dépar­­te­­ment d’État. Ces verse­­ments compre­­naient en 2010 : 175 000 dollars de VeriSign Corpo­­ra­­tion, exerçant des acti­­vi­­tés de lobbying auprès du dépar­­te­­ment d’État dans les domaines de la cyber-sécu­­rité et de la fisca­­lité Inter­­net ; 175 000 dollars de Micro­­soft, faisant pres­­sion sur les pouvoirs publics pour l’émis­­sion de visas de travail à l’in­­ten­­tion des migrants ; 200 000 dollars de Sales­­force, une entre­­prise enga­­gée dans des acti­­vi­­tés de lobbying notam­­ment dans le domaine de la sécu­­rité numé­­rique. En 2011, ces verse­­ments compre­­naient : 200 000 dollars de Gold­­man Sachs, qui soute­­nait alors le Budget Control Act, et 200 000 dollars de PhRMA, un grou­­pe­­ment de profes­­sion­­nels repré­­sen­­tant des compa­­gnies phar­­ma­­ceu­­tiques, qui œuvrait alors pour obte­­nir des mesures spéci­­fiques pour le commerce des médi­­ca­­ments élabo­­rés aux États-Unis dans le cadre des négo­­cia­­tions du parte­­na­­riat trans­­pa­­ci­­fique.

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Hillary Clin­­ton est faite secré­­taire d’État en janvier 2009
Crédits : Michael Gross

Et en 2012, les paie­­ments incluaient : 200 000 dollars de la Natio­­nal Retail Fede­­ra­­tion, une asso­­cia­­tion qui faisait du lobbying auprès du dépar­­te­­ment d’État sur la légis­­la­­tion pour combattre la mani­­pu­­la­­tion du yuan exer­­cée par les Chinois ; 175 000 dollars de BHP Billi­­ton, qui voulait que le gouver­­ne­­ment protège ses inté­­rêts miniers au Gabon ; 200 000 dollars de la part d’Oracle, qui, comme Micro­­soft, cher­­chait à ce que le gouver­­ne­­ment règle le problème des visas de travail et prenne des mesures pour combattre le cyber-espion­­nage ; ainsi que 300 000 dollars de Dell Corpo­­ra­­tion, qui faisait pres­­sion sur le dépar­­te­­ment d’État pour qu’il se dresse contre les tarifs impo­­sés par les pays euro­­péens sur ses ordi­­na­­teurs. Durant le mandat d’Hillary Clin­­ton en tant que secré­­taire d’État, des socié­­tés du secteur de la défense et leurs clients à l’étrange ont égale­­ment contri­­bué entre 54 et 141 millions de dollars à la Fonda­­tion Clin­­ton. (Du fait que la fonda­­tion divulgue une four­­chette de valeurs dans lesquelles les contri­­bu­­tions de dona­­teurs parti­­cu­­liers pour­­raient se trou­­ver, seules des esti­­ma­­tions des montants mini­­mum et du maxi­­mum peuvent être données.) Sur la même période, ces socié­­tés améri­­caines du secteur de la défense et leurs gouver­­ne­­ments clients à l’étran­­ger ont égale­­ment versé un total de 625 000 dollars à Bill Clin­­ton pour ses allo­­cu­­tions.

En mars 2011, par exemple, Bill Clin­­ton a reçu 175 000 dollars de la Kuwait America Foun­­da­­tion pour être l’in­­vité d’hon­­neur et confé­­ren­­cier de son gala annuel à Washing­­ton. Parmi les spon­­sors, on trou­­vait Boeing et le gouver­­ne­­ment du Koweït, à travers son ambas­­sade de Washing­­ton. Peu avant, le dépar­­te­­ment d’État, sous la régence d’Hillary Clin­­ton, avait auto­­risé un contrat de 693 millions de dollars pour doter le Koweït d’un appa­­reil de trans­­port mili­­taire Globe­­mas­­ter, de chez Boeing. En tant que secré­­taire d’État, Hillary Clin­­ton avait l’obli­­ga­­tion légale de déci­­der si les propo­­si­­tions de contrats d’ar­­me­­ments avec des gouver­­ne­­ments étran­­gers étaient dans l’in­­té­­rêt des États-Unis.

Le soutien de Clin­­ton à la nomi­­na­­tion du Kaza­­khs­­tan était pour le moins étrange.

Des recherches plus pous­­sées de Sirota et Perez, de l’Inter­­na­­tio­­nal Busi­­ness Times, basées sur les données du gouver­­ne­­ment améri­­cain et de la Fonda­­tion Clin­­ton révèlent que durant son mandat, le dépar­­te­­ment d’État a auto­­risé 165 milliards de dollars ventes commer­­ciales d’armes à vingt nations qui avaient donné de l’argent à la Fonda­­tion Clin­­ton. Elles incluent les gouver­­ne­­ments d’Ara­­bie saou­­dite, d’Oman, du Qatar, d’Al­­gé­­rie, du Koweït et des Émirats arabes unis, qui ont tous été verte­­ment critiqué pour leur non-respect des droits de l’homme par le dépar­­te­­ment d’État lui-même. Durant les années qu’Hillary Clin­­ton a passé en tant que secré­­taire d’État, les ventes d’armes accor­­dées aux pays ayant fait des dons à la Fonda­­tion Clin­­ton ont quasi­­ment doublé de valeur, comparé à celles accor­­dées aux même nations durant le second terme de George W. Bush. Il y a eu égale­­ment 151 milliards de dollars d’ar­­me­­ment vendu à 16 nations qui avaient donné des fonds à la Fonda­­tion Clin­­ton ; ces contrats étaient orga­­ni­­sés par le Penta­­gone, mais ils n’au­­raient pas pu arri­­ver à leur terme sans l’au­­to­­ri­­sa­­tion de Clin­­ton en tant que secré­­taire d’État. La valeur de ces contrats repré­­sente près d’une fois et demie la valeur des ventes équi­­va­­lentes effec­­tuées durant le second mandat de Bush.

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Traduit de l’an­­glais par Audrey Previ­­tali et Nico­­las Prouillac d’après l’ar­­ticle « The Clin­­ton System », paru dans la New York Review of Books. Couver­­ture : Hillary et Bill Clin­­ton. Créa­­tion graphique par Ulyces.


DE LA COLOMBIE AU KAZAKHSTAN : LE BUSINESS LUCRATIF DE LA FONDATION CLINTON

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