par Simon Parkin | 2 mars 2016

Ques­­tions sans réponses

Une chose est sûre : Ashraf Marwan, un homme que certains décrivent comme le plus grand espion du XXe siècle, était en vie quand il est tombé du balcon de son appar­­te­­ment londo­­nien de 4,4 millions de livres, situé au cinquième étage. L’homme d’af­­faires égyp­­tien a atterri, peu après 13 h 30 le 27 juin 2007, dans une rose­­raie privée au numéro 24 du Carl­­ton House Terrace ;  rue qui compte parmi ses anciens occu­­pants trois Premiers ministres (Palmers­­ton, Earl Grey et Glad­s­tone) et qui se trouve à quelques centaines de mètres de Picca­­dilly Circus. Le ciel de midi était exécrable, avec des héli­­co­­ptères défer­­lant au-dessus du convoi isolé par Téflon de Tony Blair, qui condui­­sait le Premier ministre au palais de Buckin­­gham où il donne­­rait sa démis­­sion. Une femme a crié. Quelqu’un a appelé la police. Les ambu­­lan­­ciers sont arri­­vés trop tard. Marwan est mort d’une rupture de l’aorte. ulyces-marwandeath-01Les détails des dernières minutes de la vie de Marwan sont plus opaques. Non pas qu’il n’y ait pas eu de témoins : le matin de sa mort, quatre hommes avaient rendez-vous au troi­­sième étage d’un bâti­­ment adja­cent, au 116 Pall Mall, dans une pièce avec une vue déga­­gée sur le balcon de Marwan. Et, curieux rebon­­dis­­se­­ment, ces hommes – József Répási, Essam Shawki, Michael Parkhurst et John Roberts – travaillaient pour l’une des socié­­tés de Marwan, Ubichem PLC. Ils atten­­daient que leur patron les rejoigne. Il était en retard. Quand ils l’ont appelé aux alen­­tours de midi pour en connaître la raison, celui-ci a assuré au groupe qu’il serait avec eux sous peu. Répási, qui était assis de telle sorte que la fenêtre se trou­­vait à sa gauche, se souvient qu’il a sursauté quand l’un de ses collègues a crié : « Regar­­dez ce que fait le Dr Marwan ! »

À l’époque, deux des autres témoins ont affirmé qu’ils avaient vu Marwan sauter du balcon. Lorsque Répási s’est déplacé pour regar­­der par la fenêtre, il a vu « tomber le Dr Marwan ». Shawki, qui était alors le direc­­teur d’Ubi­­chem, a descendu les esca­­liers de l’im­­meuble en courant pour lui porter secours. Les trois autres hommes sont restés dans la pièce, choqués et perplexes. Après quelques instants, Répási a regardé à nouveau par la fenêtre, se forçant à regar­­der l’en­­droit où avait atterri Marwan. « J’ai vu deux personnes qui semblaient venir du Moyen-Orient regar­­der en bas depuis le balcon d’un des appar­­te­­ments », me dit-il par cour­­riel – bien que ni lui ni ses collègues ne sachent si les hommes se tenaient sur le balcon de l’ap­­par­­te­­ment numéro 10, à l’adresse de Marwan. Marwan a-t-il sauté ou a-t-il été poussé ? L’au­­top­­sie a révélé des traces d’an­­ti­­dé­­pres­­seurs dans le sang du Dr Marwan. Un rapport de son méde­­cin indique qu’il avait été « soumis à un stress consi­­dé­­rable » et qu’il avait perdu 10 kg en deux mois. Mais il y a des raisons de penser que le suicide est une thèse impro­­bable. Il n’y avait pas de mot d’adieu. Marwan devait prendre l’avion ce soir-là en direc­­tion des États-Unis pour un rendez-vous avec son avocat. Il venait d’être accepté au sein du Reform Club dont le prince Charles et l’an­­cienne direc­­trice du MI5 (le service de contre-espion­­nage britan­­nique), Dame Stella Riming­­ton, comp­­taient parmi les membres.

Quelques jours plus tôt, il avait acheté une Plays­­ta­­tion 3 à son petit-fils pour son anni­­ver­­saire. Marwan et son épouse, Mona Nasser, la fille de l’an­­cien président égyp­­tien, étaient censés emme­­ner leurs cinq petits-enfants en vacances. Marwan avait des projets. Il avait des rendez-vous. Il avait des raisons de vivre. « Il n’y a aucune preuve de troubles mentaux ou psychia­­triques », a déclaré William Dolman, l’of­­fi­­cier de police judi­­ciaire, après une enquête crimi­­nelle de 2010 sur la mort de Marwan qui n’a rendu aucun verdict. Il n’y avait « aucune preuve d’une quel­­conque inten­­tion de se suici­­der », a conclu Dolman. Mais para­­doxa­­le­­ment, il a égale­­ment déclaré qu’il n’y avait « abso­­lu­­ment pas de preuve » qui soutienne l’hy­­po­­thèse que Marwan ait été assas­­siné. Mais bien que Marwan n’ait sans doute pas eu l’in­­ten­­tion de risquer sa vie, il crai­­gnait certai­­ne­­ment pour elle. La dernière fois qu’il s’était trouvé seul dans son appar­­te­­ment avec sa femme, il lui a dit qu’il « pour­­rait être tué ». Il a ajouté solen­­nel­­le­­ment : « J’ai de nombreux enne­­mis diffé­­rents. » Durant les mois qui ont précédé sa mort, Nasser se souvient que son mari véri­­fiait la porte et les verrous chaque soir avant d’al­­ler au lit, une nouvelle habi­­tude qu’elle n’avait pas connue durant leurs 38 précé­­dentes années de mariage. Selon la famille de Marwan, il y avait une autre preuve sur la scène du drame – ou, plus exac­­te­­ment, une absence de preuve. Le seul exem­­plaire connu de ses mémoires, qu’il était sur le point de termi­­ner, aurait disparu de sa biblio­­thèque le jour de sa mort. Les trois volumes, d’en­­vi­­ron 200 pages chacun, ainsi que les cassettes sur lesquelles Marwan avait dicté le texte, n’ont jamais été retrou­­vés.

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Ashraf Marwan et sa femme Mona Nasser
Crédits : DR

Selon un spécia­­liste, Marwan avait travaillé, au fil des années, pour les rensei­­gne­­ments égyp­­tiens, israé­­liens, italiens, améri­­cains et britan­­niques ; était-il en train de se prépa­­rer à révé­­ler des secrets qui auraient pu gêner des rois et des pays ? Qui a pris les docu­­ments, s’ils exis­­taient bel et bien ? Et sa mort faisait-elle partie d’un tout ? Marwan était le troi­­sième Égyp­­tien vivant à Londres à mourir dans des circons­­tances simi­­laires. (Juin 2001 : l’ac­­trice Souad Hosni tombe du balcon de Stuart Tower, un immeuble de Maida Vale, après qu’elle s’est rappro­­chée d’un éditeur en lui propo­­sant d’écrire ses mémoires. Août 1973 : El-Leithy Nassif, ancien chef de la garde prési­­den­­tielle du défunt président égyp­­tien Anouar el-Sadate, tombe d’un balcon de la même tour. Lui aussi écri­­vait ses mémoires.) Chacune des trois victimes entre­­te­­nait des liens avec les services de sécu­­rité égyp­­tiens. L’enquête crimi­­nelle sur la mort de Marwan a manqué de four­­nir beau­­coup de réponses. « Nous ne connais­­sons tout simple­­ment pas les faits malgré une enquête minu­­tieuse », a déclaré Dolman, l’of­­fi­­cier de police judi­­ciaire à la cour en 2010. En effet, après trois ans d’exa­­men par deux brigades judi­­ciaires distinctes, dont l’élite de la police judi­­ciaire de Scot­­land Yard, il reste, comme le dit Dolman, « des ques­­tions sans réponse ». Cette histoire est attrayante car ses mystères détonnent des circons­­tances de ce jour-là – une mort à midi, en plein centre de Londres, avec des témoins. La scène est pleine d’in­­dices, mais il n’y a appa­­rem­­ment aucune preuve qui permette de clas­­ser l’af­­faire. Et pour­­tant, l’his­­toire de Marwan conti­­nue de déran­­ger les curieux. Le portier du 24 Carl­­ton House Terrace m’a confié que les jour­­na­­listes passaient régu­­liè­­re­­ment, « envi­­ron un par an », pour cher­­cher des réponses sur ce qu’il s’est passé ce jour-là. Remplis­­sez une demande d’ac­­cès à l’in­­for­­ma­­tion au sujet d’Ash­­raf Marwan et vous rece­­vrez une liste exhaus­­tive qui souligne les nombreuses exemp­­tions qui protègent les docu­­ments des services de rensei­­gne­­ments britan­­niques sur le sujet. La vie et la mort de Marwan demeurent toutes les deux opaques et se composent de détails confus qui poussent les auteurs des rubriques nécro­­lo­­giques à recou­­rir de façon sinistre aux « si » et aux « peut-être ».

Angel

Au moment précis où Ashraf Marwan est tombé de son balcon, Ahron Breg­­man était assis dans son bureau du dépar­­te­­ment d’études des guerres du King’s College de Londres, à attendre l’ap­­pel de l’es­­pion qu’il n’a jamais reçu. Au bout de quelques heures, Breg­­man est reparti à Wimble­­don, où il a emmené sa famille déjeu­­ner chez Nando’s. Alors qu’il quit­­tait le restau­­rant, son télé­­phone portable a sonné. C’était sa sœur qui appe­­lait d’Is­­raël : Marwan était mort. La nouvelle a débous­­solé Breg­­man mais au vu de leur rendez-vous manqué, cela n’était pas tota­­le­­ment inat­­tendu. Marwan lui avait égale­­ment laissé sur son répon­­deur, les jours précé­­dents, une série de messages paniqués. Breg­­man savait que son ami crai­­gnait que sa vie ne soit en danger. Et Breg­­man savait qu’il était en partie respon­­sable de cette situa­­tion. La rela­­tion qu’en­­tre­­te­­nait Breg­­man avec Marwan était compliquée. Ils ne s’étaient rencon­­trés en personne qu’une seule fois aupa­­ra­­vant, quatre ans plus tôt, à l’hô­­tel InterCon­­ti­­nen­­tal de Londres. « Je suis arrivé prudem­­ment par de petites rues pour être sûr de ne pas être suivi », raconte Breg­­man. « J’étais en retard. Il était déjà là. Grand. Avec une écharpe rouge. » Néan­­moins, leurs vie étaient désor­­mais liées. Avant que Breg­­man n’entre dans la vie de Marwan, l’Égyp­­tien était connu – si tant est qu’on le connais­­sait – comme un riche homme d’af­­faires et un fervent admi­­ra­­teur de Chel­­sea (il possé­­dait 3,2 % des parts du club et, à un moment donné, ses socié­­tés immo­­bi­­lières ont pris le contrôle des stades de foot­­ball de Chel­­sea et Fulham avant de les revendre en réali­­sant un grand profit). Tout cela a changé quand Breg­­man est arrivé.

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Une rue du Caire, au début des années 1950

Marwan vit le jour en Égypte en 1944. Son père était un offi­­cier mili­­taire qui servit dans la garde prési­­den­­tielle. À l’âge de 21 ans, Marwan reçut avec la mention très bien un diplôme en génie chimique de l’uni­­ver­­sité du Caire, et fut appelé dans l’ar­­mée. En 1965, Marwan faisait une partie de tennis à Hélio­­po­­lis, qui fait partie de la péri­­phé­­rie de la capi­­tale égyp­­tienne, quand il aperçut une jeune fille sédui­­sante, Mona Nasser, la troi­­sième fille et la favo­­rite du président – elle avait alors 17 ans. Leur amour s’épa­­nouit et ils se marièrent l’an­­née suivante, faisant entrer Marwan dans les cercles de l’élite. Le jeune homme conti­­nua son service mili­­taire pendant deux années supplé­­men­­taires avant de s’ins­­tal­­ler à Londres pour commen­­cer un Master de chimie. Là, des sources affirment que Marwan ne se satis­­fit pas de l’argent qu’il avait reçu de la famille. Tout au long de sa vie, Marwan a été finan­­ciè­­re­­ment ambi­­tieux ; sa fortune finale dépas­­sait les 400 millions de livres. Cabra Invest­­ment, nom donné à la société mère immo­­bi­­lière de Marwan, signi­­fie en arabe « s’agran­­dir ». Aussi, un histo­­rien raconte que pour complé­­ter ses reve­­nus d’étu­­diant, il sédui­­sit la femme d’un cheikh koweï­­tien, qui lui four­­nit une aide finan­­cière supplé­­men­­taire. Quand le président Nasser apprit l’ar­­ran­­ge­­ment quelques mois plus tard par l’am­­bas­­sade égyp­­tienne de Londres, il ordonna sommai­­re­­ment à son beau-fils de divor­­cer de sa fille. Le couple refusa et avec le temps, Nasser se calma. Il ordonna plutôt à Marwan de rester au Caire et de ne prendre d’avion pour Londres que pour rendre ses devoirs et passer ses examens.

Au prin­­temps 1969, alors que le White Album des Beatles s’ac­­cro­­chait encore dans le clas­­se­­ment des meilleures ventes, Marwan se rendit à Londres, soi-disant pour consul­­ter un docteur de Harley Street pour une affec­­tion à l’es­­to­­mac. Selon le récit plutôt théâ­­tral qu’en fait l’his­­to­­rien Howard Blum dans son livre paru en 2003, The Eve of Destruc­­tion: The Untold Story of the Yom Kippur War, Marwan remit au docteur ses radios ainsi qu’un fichier FAT conte­­nant des docu­­ments offi­­ciels de l’État égyp­­tien. Il demanda à ce qu’ils soient remis à l’am­­bas­­sade israé­­lienne à Londres. Trois jours plus tard, un agent du Mossad, l’équi­­valent israé­­lien du service de rensei­­gne­­ments exté­­rieurs, contacta Marwan alors qu’il faisait un tour chez Harrods, le grand maga­­sin londo­­nien (il se dispu­­tera avec le futur proprié­­taire, Moha­­med al-Fayed).

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L’ange

C’est faux, affirment des agents aguer­­ris du Mossad qui ont raconté une version tout aussi précise de l’his­­toire à l’an­­cien analyste des rensei­­gne­­ments de Tsahal dans son livre, Hama­­lach (« L’Ange »), paru en 2010. Marwan, disent-ils, a appelé l’am­­bas­­sade d’Is­­raël et a demandé à parler à un membre de la sécu­­rité. On lui a raccro­­ché au nez – deux fois au moins – avant de fina­­le­­ment l’au­­to­­ri­­ser à lais­­ser un message. Marwan s’est iden­­ti­­fié lui-même par son propre nom et a déclaré vouloir travailler avec les rensei­­gne­­ments israé­­liens. Il a choisi de ne pas lais­­ser de numéro de télé­­phone mais, comme il devait retour­­ner en Égypte le jour suivant, il a dit qu’il rappel­­le­­rait plus tard dans l’après-midi. Quand il le fit, il n’y eut pas de réponse. Cette fois, Marwan laissa le numéro de télé­­phone de son hôtel. Shmuel Goren, le respon­­sable euro­­péen du Mossad, était à Londres à l’époque. Goren prit le message de Marwan et recon­­nut tout de suite le nom. Grâce à la proxi­­mité de Marwan avec les diri­­geants égyp­­tiens, le Mossad avait déjà ouvert un fichier à son sujet en tant que poten­­tielle recrue. Ils avaient même une photo­­gra­­phie de Marwan, prise lors de son mariage quatre ans plus tôt. Goren appela le numéro que Marwan avait laissé et, sachant qu’il restait peu de temps, lui dit de rester dans sa chambre d’hô­­tel. Le télé­­phone sonna de nouveau. Marwan devait se rendre dans un café proche de l’hô­­tel.

Dans le café, un homme s’as­­sit à une table en lisant un jour­­nal. Il jeta un coup d’œil à la photo­­gra­­phie posée à côté de sa tasse de café et la compara à l’homme élégant qui venait de passer la porte d’en­­trée. Puis il regarda par la fenêtre et acquiesça en direc­­tion d’une seconde figure atten­­dant à l’ex­­té­­rieur, qui entra à son tour dans le café, se diri­­gea à grandes enjam­­bées vers Marwan et lui dit : « M. Marwan ? Ravi de vous rencon­­trer. Je m’ap­­pelle Misha. » Marwan se leva pour lui serrer la main. L’homme au jour­­nal, Shmuel Goren lui-même, quitta le bâti­­ment en restant inaperçu. Tandis qu’ils parlaient, Marwan expliqua à Misha (dont le vrai prénom était Dubi) ses rela­­tions et ce qu’il pour­­rait offrir aux Israé­­liens. Marwan fit glis­­ser une enve­­loppe en travers de la table. « Voici un échan­­tillon de ce que je peux vous offrir », dit-il. « Je ne demande rien pour l’ins­­tant, mais j’at­­tends d’être rému­­néré à notre prochain rendez-vous. » Son tarif ? 100 000 dollars. Le Mossad doutait des inten­­tions de Marwan. Avait-il l’in­­ten­­tion de deve­­nir un agent double dans le but de four­­nir à Israël de fausses infor­­ma­­tions ou bien de trans­­mettre des secrets à son beau-père ? Marwan avait une réponse à cela. Il était, dit-il à Misha, consterné par le fait que l’Égypte avait été vain­­cue lors de la guerre des Six Jours en 1967. Il voulait tout simple­­ment être du côté des vainqueurs. Après le rendez-vous, Misha se concerta à nouveau avec Goren dans un taxi. Les deux hommes exami­­nèrent les docu­­ments de Marwan tandis qu’ils roulaient vers l’am­­bas­­sade. Les papiers semblaient authen­­tiques. « De tels docu­­ments prove­­nant d’une telle source, c’est quelque chose qui n’ar­­rive qu’une fois tous les cent ans », a déclaré Goren ce jour-là d’après le Jeru­­sa­­lem Post. D’après Blum, un autre agent du Mossad a décrit la situa­­tion en ces termes : « C’est comme si nous avions quelqu’un dans le lit de Nasser. » Le surnom de Marwan au sein du Mossad montre clai­­re­­ment la façon presque céleste dont il sera consi­­déré : Angel.

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Le président Nasser au mariage de sa fille avec Ashraf, à droite

Marwan conti­­nua à gagner de la confiance en Égypte. Après la mort de son beau-père en septembre 1970, il aurait fourni des docu­­ments israé­­liens secrets au succes­­seur de Nasser, Anouar el-Sadate, gagnant ainsi en influence. Les doutes que le Mossad aurait pu nour­­rir envers Marwan trois ans plus tard s’in­­ten­­si­­fièrent quand, en avril 1973, il envoya un message aux Israé­­liens les préve­­nant d’une attaque égyp­­tienne immi­­nente. Israël envoya des dizaines de milliers de réser­­vistes et plusieurs brigades au Sinaï. Il n’y eut pas d’at­­taque. Selon certaines sources, l’état d’alerte coûta la baga­­telle de 35 millions de dollars à Israël. Le 4 octobre 1973, l’es­­pion aver­­tit de nouveau Israël d’un assaut égyp­­tien immi­nent. Marwan appela son offi­­cier trai­­tant depuis Paris, où il était en visite avec une délé­­ga­­tion égyp­­tienne. Il lui dit vouloir discu­­ter de « produits chimiques » – le code convenu pour préve­­nir d’une guerre immi­­nente. À 8 heures le lende­­main matin, le cabi­­net israé­­lien se réunit pour une séance d’ur­­gence. Ils déci­­dèrent d’agir selon les infor­­ma­­tions de Marwan et commen­­cèrent à mobi­­li­­ser leurs tanks. Cette fois, l’in­­for­­ma­­tion était correcte bien qu’il ne restât plus long­­temps : Marwan avait prévenu que les Égyp­­tiens attaque­­raient au coucher du soleil. L’in­­va­­sion commença quatre heures plus tôt, à 14 heures. Pourquoi Marwan est-il entré dans le café londo­­nien cet après-midi-là ? Il savait sans aucun doute que ses services seraient prisés.

À l’époque, la popu­­la­­tion israé­­lienne comp­­tait moins de trois millions de personnes. L’ar­­mée du pays comp­­tait sur les réser­­vistes et le gouver­­ne­­ment avait besoin d’in­­for­­ma­­teurs pour les aider à savoir quand mobi­­li­­ser ces derniers. La moti­­va­­tion de Marwan est très proba­­ble­­ment la clef pour déco­­der sa véri­­table loyauté ainsi que l’iden­­tité de ses possibles assas­­sins. Étant dans une situa­­tion finan­­cière diffi­­cile et furieux contre son beau-père, a-t-il décidé de vendre ses services à Israël dans le but de deve­­nir riche ? (Une source affirme qu’au cours de sa carrière, il a reçu plus de trois millions de dollars de la part des Israé­­liens.) Ou bien a-t-il, en tant que patriote irré­­pro­­chable, tout simple­­ment voulu four­­nir au Mossad des infor­­ma­­tions erro­­nées en préten­­dant jouer le rôle d’agent double ? Le fait que Marwan ait travaillé avec les Israé­­liens n’est pas contesté. Son épouse, Mona, a révélé qu’au début des années 2000, elle avait affronté son mari. Il a d’abord nié avoir fait passer des infor­­ma­­tions aux Israé­­liens. Plus tard, il a admis avoir fait passer des infor­­ma­­tions mais a affirmé qu’elles étaient fausses. Quelle est la vérité ? Breg­­man croit connaître la réponse. Mais il est torturé par une autre ques­­tion : est-il respon­­sable de la mort de l’es­­pion ?

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Traduit de l’an­­glais par Pauline Engue­­hard d’après l’ar­­ticle « Who killed the 20th centu­­ry’s grea­­test spy? », paru dans le Guar­­dian. Couver­­ture : Nasser salue la foule. Créa­­tion graphique par Ulyces.


La révé­­la­­tion de sa couver­­ture a-t-elle signé l’ar­­rêt de mort de cet espion ?

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