par Tancrede Chambraud | 3 août 2016

Les propos ayant servi à réali­­ser cette histoire ont été recueillis par Tancrède Cham­­braud et Nico­­las Prouillac au cours d’un entre­­tien avec les enquê­­trices du FPI. Les mots qui suivent sont les leurs.

Une affaire de famille

Linda : FPI signi­­fie Female Para­­nor­­mal Inves­­ti­­ga­­tors. Nous sommes une famille d’enquê­­trices sur les phéno­­mènes para­­nor­­maux, basées à Tampa en Floride. Il y a moi (la mère), ma sœur Mari­­lyn et mes quatre filles. J’ai des dons de clair­­voyance et je vois des esprits depuis mon plus jeune âge. J’en ai toujours eu peur ! Il y a six ans, j’ai décidé d’af­­fron­­ter mes craintes et j’ai demandé à ma sœur et mes filles de se lancer dans des inves­­ti­­ga­­tions avec moi. Elles m’ont suivie dans cette aven­­ture, c’était un choix de groupe. Mari­­lyn : Oui, nous avons pris la déci­­sion ensemble, en famille. Linda : Chacune a sa spéci­­fi­­cité, moi je suis l’enquê­­trice prin­­ci­­pale. Mari­­lyn : Je suis enquê­­trice moi aussi, j’uti­­lise des appa­­reils comme le K-II meter pour détec­­ter l’exis­­tence des esprits et révé­­ler leur présence.

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Le FPI au complet
Crédits : FPI

Keegan : Moi je suis profi­­leurje fais des recherches sur l’en­­droit où nous allons « chas­­ser ». Je repère l’em­­pla­­ce­­ment du lieu, déterre son histoire, puis je me concentre pour sentir s’il y a quelque chose de malé­­fique à cet endroit. J’uti­­lise aussi le maté­­riel. Linda : Il y a aussi Kait­­lyn, mon autre fille : c’est en quelque sorte la casse-cou du groupe, elle est très témé­­raire. Et très scep­­tique. Puis viennent les jumelles, Kendal et Kelsey. Ce sont les plus jeunes. Elles s’oc­­cupent de tout ce qui a trait à la tech­­no­­lo­­gie et font prin­­ci­­pa­­le­­ment un travail d’écoute pour repé­­rer les EVP – ou phéno­­mènes de voix élec­­tro­­niques. Mari­­lyn : Nous avons choisi de n’être que des filles : ça aide ! Linda : Nous sommes d’au­­tant plus connec­­tées que nous sommes une famille. Nous portons toutes du violet lorsque nous sommes en service. Mari­­lyn : C’est la couleur du Troi­­sième Œil, c’est-à-dire l’œil inté­­rieur, l’œil de l’in­­tui­­tion. C’est ce qui nous permet de voir au-delà du voile de la réalité. Keegan : Ce qui est drôle, c’est que c’est un pur hasard. Linda : Nous avons choisi cette couleur sans réali­­ser qu’elle avait une signi­­fi­­ca­­tion. On a laissé parler notre instinct. [Rires.] J’ai aussi l’im­­pres­­sion qu’en tant que femmes, nous mettons à profit dans nos enquêtes une syner­­gie et une intui­­tion singu­­lières.

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Le logo du groupe

Cela se révèle vrai­­ment effi­­cace lorsque nous nous rendons dans des endroits qui étaient majo­­ri­­tai­­re­­ment domi­­nés par des hommes, comme d’an­­ciennes prisons… Les réponses nous viennent plus faci­­le­­ment. C’est un avan­­tage indé­­niable. Mari­­lyn : Nous travaillons égale­­ment de pair avec d’autres enquê­­teurs para­­nor­­maux. C’est un petit milieu, nous faisons tous atten­­tion les uns aux autres. Linda : En tant que commu­­nauté, nous échan­­geons nos idées et nos connais­­sances sur le sujet, nous mettons en commun nos tech­­niques pour trou­­ver les plus effi­­caces. De notre côté, nous sommes équi­­pées de tous les appa­­reils de pointe utili­­sés par les chas­­seurs de fantômes. Il nous arrive d’en modi­­fier certains nous-mêmes pour tenter d’amé­­lio­­rer notre percep­­tion. C’est le travail de mes rêves. Je suis passion­­née et nous avons un message à porter, nous voulons venir en aide aux gens. Je dépense des milliers d’eu­­ros en maté­­riel pour captu­­rer les preuves du para­­nor­­mal. Ça repré­­sente beau­­coup pour moi car cela me permet d’af­­fron­­ter cette peur qui me tient. Je ne sais pas si c’est vrai pour nous toutes, mais elles sont un formi­­dable soutien. Keegan : Oui, c’est génial de faire ça en famille. [Rires.]

L’hô­­pi­­tal

Linda : Nous menons de nombreuses enquêtes. Lorsque des gens héritent d’une maison, il n’est pas rare qu’ils ressentent une présence démo­­niaque. Ils font alors appel à nous et nous décou­­vrons la plupart du temps qu’il s’agit seule­­ment de la présence du fantôme d’un être cher. Mais quand de telles choses vous arrivent, cela peut être effrayant. C’est une peur qui s’auto-nour­­rit et les proprié­­taires vont jusqu’à imagi­­ner que cette présence est démo­­niaque. Ce n’est que de la peur, les gens redoutent ce qu’il peut se passer et noir­­cissent natu­­rel­­le­­ment le tableau. Lorsque nous nous rendons sur place avec notre maté­­riel, nous essayons de les rassu­­rer. Nous essayons de varier nos lieux d’in­­ter­­ven­­tion. Nous opérons dans tous les endroits angois­­sants : les hôpi­­taux, les prisons… Keegan : Les cime­­tiè­­res… Mari­­lyn : De vieux musées… Linda : Nous enquê­­tons dans de nombreux endroits diffé­­rents, dont certains ne sont pas connus pour être hantés. Juste par curio­­sité. Nous menons aussi des enquêtes dans des maisons en cours de réno­­va­­tion, afin de déter­­mi­­ner si elles ne sont pas le terrain d’une acti­­vité para­­nor­­male.

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Sur le terrain
Crédits : FPI/Face­­book

Mari­­lyn : Nous croi­­sons tous types d’es­­prits. Ce sont souvent des silhouettes sombres, des voix… l’un d’eux m’a touché un jour ! Linda : Il est très rare de tomber sur une présence démo­­niaque. Cela ne nous est jamais arrivé. Je ne sais pas si je saurais gérer ça. Si jamais nous tombons nez à nez avec un démon demain, il faut que nous soyons prêtes. J’étais très jeune la première fois que j’ai rencon­­tré un esprit. J’avais huit ans et ma mère était décé­­dée quelques temps plus tôt. Elle m’est appa­­rue alors que je dormais et m’a touché la jambe. J’étais terri­­fiée. Je n’au­­rais pas dû, après tout c’était ma mère, mais j’ai quand même eu peur car je savais qu’elle était morte… Le fait que notre maison soit située aux abords de la ville n’a pas aidé car je pouvais voir le cime­­tière depuis le salon ! Depuis, je vois les esprits. Mais cela, personne ne le savait avant que nous nous lancions dans l’enquête para­­nor­­male. J’ai gardé ça pour moi pendant de nombreuses années. Mari­­lyn : Nous savions que tu en avais peur. Linda : Oui, j’en avais très peur. Parce qu’une fois que les esprits savent que vous pouvez commu­­niquer avec eux, c’est comme dans le film Ghost, ils font tous la queue pour vous parler ! Je savais que cela pouvait arri­­ver mais je n’étais pas prête. Je n’étais pas prête à gérer cela. Et puis j’ai fini par me dire qu’il fallait affron­­ter ses peurs. En pensant au fait que d’autres personnes étaient en train de vivre une acti­­vité para­­nor­­male angois­­sante, je me suis dit que j’avais le devoir de les aider à surmon­­ter leur peur. Car cette peur, je l’avais vécue aussi. ulyces-fpighosthunters-05Notre expé­­rience la plus terri­­fiante a eu lieu à l’hô­­pi­­tal. Nous avons enquêté dans un hôpi­­tal aban­­donné qui faisait plus de 5 000 mètres carrés, avec trois étages et sans élec­­tri­­cité. Nous étions dans le noir complet. Nous distin­­guions à peine les couloirs sombres et leurs portes obscures. On avançait en poin­­tant sur le sol une thermo-caméra, qui détecte les signa­­tures ther­­miques. Nous étions silen­­cieuses et concen­­trées quand nous avons soudain entendu frap­­per à la fenêtre. C’était terri­­fiant ! Nous avons aperçu une silhouette sur le sol, l’ombre de quelqu’un se tenant debout dans le couloir. Mais il n’y avait personne. C’était effrayant et super cool à la fois. Mari­­lyn : Nous avions une signa­­ture ther­­mique jaune oran­­gée, mais cette… chose était solide et bleue. Comme quelque chose de mort. Nous pouvions parfai­­te­­ment distin­­guer les contours de son corps, ses épau­­les… Elle avait la taille d’un enfant.

Mister Nasty

Linda : Pour mener une enquête, nous devons obte­­nir l’au­­to­­ri­­sa­­tion offi­­cielle de nous rendre sur les lieux. Nous atten­­dons le feu vert des auto­­ri­­tés car nous ne tenons pas à opérer dans l’illé­­ga­­lité et à nous mettre en porte-à-faux. Ensuite, nous avons de très nombreux appa­­reils à dispo­­si­­tion. Les êtres humains sont consti­­tués d’éner­­gie, et lorsque vous mourez, cette éner­­gie est trans­­fé­­rée dans votre esprit. Il peut s’agir d’éner­­gie élec­­tro­­ma­­gné­­tique, d’éner­­gie statique, etc. Nos appa­­reils ont pour fonc­­tion de mesu­­rer ces éner­­gies. Il y a notam­­ment le MEL Meter, qui mesure l’éner­­gie élec­­tro­­ma­­gné­­tique, ou le K-II Meter, souvent utilisé par les élec­­tri­­ciens pour mesu­­rer l’élec­­tri­­cité. Il s’al­­lume en rouge si les mesures élec­­triques sont élevées. S’il ne s’agit pas d’une personne en chair et en os, ces varia­­tions peuvent être le signe de la présence d’un esprit.

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Une partie du maté­­riel utilisé par les inves­­ti­­ga­­trices
Crédits : FPI/Face­­book

Nous avons plusieurs variantes de ces appa­­reils. Il y a la boîte à esprits, par exemple, qui analyse en constance les ondes radio. Nous avons aussi un appa­­reil qui mesure la tempé­­ra­­ture, car souvent, les gens pensent que lorsque les fantômes tentent de se mani­­fes­­ter, ils surgissent de l’at­­mo­­sphère en exha­­lant une froi­­deur carac­­té­­ris­­tique. L’ap­­pa­­reil donnera l’alerte si la tempé­­ra­­ture baisse de manière signi­­fi­­ca­­tive. Cela peut poten­­tiel­­le­­ment être un esprit qui tente de se mani­­fes­­ter. Nous avons égale­­ment un REM (Radia­­ting Elec­­tro­­ma­­gne­­tic Energy) : si quelque chose l’at­­teint, il fait du bruit. Nous avons beau­­coup d’ap­­pa­­reils pour mesu­­rer tous ces diffé­­rents types d’éner­­gie. D’autres nous permettent d’en­­trer en commu­­ni­­ca­­tion avec les esprits, comme les ITC (Instru­­men­­tal Trans-Commu­­ni­­ca­­tion). Il nous arrive aussi d’uti­­li­­ser des drones, la vision nocturne, des voitures télé­­com­­man­­dées, des lunet­­tes… Tout ce qui peut servir à attra­­per les esprits. Et ce ne sont que les prin­­ci­­paux, je pour­­rais conti­­nuer long­­temps comme ça car lorsque vous enquê­­tez, vous ne savez pas immé­­dia­­te­­ment ce qui sera le mieux adapté à la situa­­tion. Une fois l’en­­droit repéré, nous dres­­sons une liste d’ac­­tions à réali­­ser : l’ordre des pièces à exami­­ner, les appa­­reils que nous utili­­se­­rons une fois sur place. C’est un petit guide qui nous indique comment nous allons mener notre enquête. Une fois là-bas, nous avisons selon l’en­­droit où se déclenche l’ac­­ti­­vité. Nous pour­­sui­­vons l’enquête en cours mais nous n’hé­­si­­tons pas à chan­­ger de façon de procé­­der si un phéno­­mène se produit ailleurs.

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Keegan a détecté un esprit
Crédits : FPI

Mari­­lyn : Nous discu­­tons longue­­ment avec les proprié­­taires des lieux pour qu’ils nous donnent le maxi­­mum de détails possibles sur la situa­­tion. Puis ils nous montrent les pièces concer­­nées.

Linda : Nous sommes inter­­­ve­­nues dans un théâtre récem­­ment et nous avons fait appel à notre intui­­tion pour tenter de déter­­mi­­ner s’il y avait une présence. Nous avons senti quelque chose derrière le balcon et derrière la scène. Nous avons alors installé notre maté­­riel dans ces deux endroits. Ce n’est qu’a­­près que nous avons demandé à la personne qui nous avait contac­­tées où se trou­­vaient les esprits. Que croyez-vous qu’elle ait répondu ? Derrière le balcon et derrière la scène, aux endroits précis où nous avions placé notre maté­­riel. Nous avons de l’ins­­tinct pour ces choses-là. Cette fois-là, on nous avait appe­­lées, mais il arrive que nous nous rendons sur les lieux de notre propre chef. Nous étudions diffé­­rents endroits pour obte­­nir des preuves d’ac­­ti­­vité para­­nor­­male. Nous sommes un groupe très actif. Avant d’en­­trer quelque part, on se demande qui veut y aller la première. Géné­­ra­­le­­ment, personne ne veut y aller en dernier car vous avez toute l’obs­­cu­­rité derrière vous. Mais en premier c’est effrayant car il y a des esprits partout ! C’est aussi éner­­vant, car dès que les esprits repèrent la présence humaine, ils se dispersent.

Kelsey : Dès que nous commençons à enquê­­ter, ils filent se cacher.

Linda : Je suis souvent la première mais je laisse parfois quelqu’un d’autre prendre ma place.

Mari­­lyn :Un jour, nous sommes allées dans un manoir hanté où vivait un esprit nommé Mister Nasty. Il n’ai­­mait pas parti­­cu­­liè­­re­­ment les femmes. Nous étions au grenier et Linda l’a mis au défi : « Viens toucher mes cheveux ! Tire-les pour voir ! » Soudain, j’ai senti quelque chose frôler mon bras et mon dos. Elle a pris le K-II Meter et il est devenu tout rouge.

Linda : La Floride est le repère n°1 des acti­­vi­­tés para­­nor­­males. Tout d’abord car nous sommes entou­­rés d’eau et que l’eau est un conduc­­teur pour l’éner­­gie de l’es­­prit. Il y a beau­­coup de théo­­ries sur l’eau en Floride, il semble­­rait que les esprits l’uti­­lisent pour se mani­­fes­­ter. Il y a aussi des pierres capables de rete­­nir l’éner­­gie, des calcaires natu­­rels qui sont égale­­ment conduc­­teurs pour les esprits. Et l’his­­toire de la Floride est char­­gée : on y trouve beau­­coup de sites de sépul­­tures indiennes, d’an­­ciens repères de pirates et des tunnels souter­­rains. Je pense que c’est la combi­­nai­­son de toutes ces choses qui fait de la Floride un point si sensible dans ce domaine. ulyces-fpighosthunters-01Linda : Nous sommes allées voir le dernier Ghost­­bus­­ters ensemble. À l’unis­­son : OUIII !!! C’était génial !

Linda : L’éman­­ci­­pa­­tion des femmes est une chose que nous avons à cœur et c’est une très bonne chose qu’il mette en lumière la vie des chas­­seuses de fantômes. Ils ont fait un travail merveilleux. C’est une comé­­die, donc on rit beau­­coup, mais c’est assez repré­­sen­­ta­­tif de ce que nous vivons au quoti­­dien. Les actrices sont merveilleu­­se­­ment drôles et ça change, car le monde du para­­nor­­mal est essen­­tiel­­le­­ment mascu­­lin.

Mari­­lyn : Nous avons beau­­coup de points communs avec le film. Dedans, l’une des enquê­­trices a eu sa première expé­­rience para­­nor­­male à huit ans, comme Linda ! Nous sommes vrai­­ment ravies.


Traduit de l’an­­glais par Valen­­tine Lebœuf et Nico­­las Prouillac d’après l’in­­ter­­view réali­­sée par Tancrède Cham­­braud. Couver­­ture : Le FPI au complet. (Linda Fay, FPI)


LE GUIDE SECRET DES CHASSEURS DE FANTÔMES

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Certains n’y croient pas, d’autres sont persua­­dés qu’ils existent et comptent bien le prou­­ver. C’est avec les seconds qu’on fait les meilleures histoires.

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