par Amy Wallace | 0 min | 31 mai 2017

Pendant un an, les collines de la petite répu­­blique russe de Karat­­chaïévo-Tcher­­kes­­sie ont peut-être jalou­­se­­ment couvé un secret extra­­­ter­­restre. Niché à 1 000 mètres d’al­­ti­­tude au nord du Caucase, près du village de Zelen­­chouks­­kaya, le téles­­cope Ratan 600 reçoit un intense signal radio le 15 mai 2015. Ce phéno­­mène est détecté par son cercle d’an­­tennes de 576 mètres de diamètre qui le renvoie au récep­­teur en forme d’en­­ton­­noir situé au centre. Le système comprend d’autres capteurs montés sur des rails, dont le tracé évoque la galaxie dessi­­née sur la plaque de Pioneer. Grâce à ce vaste appa­­reillage, l’équipe diri­­gée par Niko­­laï Bursov remonte à l’émet­­teur. Il s’agit de HD 164595, une étoile de la constel­­la­­tion d’Her­­cules, à 94 années-lumière de la Terre. Puis le silence se fait.

Le téles­­cope Ratan 600

Un écho finit par être entendu le 27 août 2016. Sur son blog, l’écri­­vain Paul Gilster révèle au grand public la décou­­verte. « En étudiant la puis­­sance du signal, les cher­­cheurs disent qu’il pour­­rait être émis par une civi­­li­­sa­­tion de type II ou de type I », indique ce passionné d’as­­tro­­no­­mie. Sa source, le cher­­cheur italien Clau­­dio Maccone, se base sur une nomen­­cla­­ture édic­­tée en 1964 par le Russe Niko­­laï Karda­­chev. À l’en croire, une telle puis­­sance ne peut être déga­­gée que par des créa­­tures bien plus évoluées que les habi­­tants de la Terre. Inca­­pables d’uti­­li­­ser toute l’éner­­gie dispo­­nible sur leur planète, ces derniers n’ont pas même atteint le premier niveau. Quant au deuxième, qui suppose de pouvoir tirer tous les fruits d’une étoile, nous en sommes à des années-lumière. « Karda­­chev a imaginé clas­­ser les civi­­li­­sa­­tions par leur consom­­ma­­tion d’éner­­gie en pensant bien sûr à des civi­­li­­sa­­tions extra­­­ter­­restres », explique l’as­­tro­­phy­­si­­cien français Roland Lehoucq. Repris par des centaines de médias dans le monde, son concept est vite retourné à l’ombre des revues scien­­ti­­fiques sans qu’on sache vrai­­ment s’il pouvait s’ap­­pliquer à HD 164595. Le signal « vaut la peine d’être étudié davan­­tage », notait à l’époque Paul Gilster. Aujourd’­­hui, « la plupart des scien­­ti­­fiques pensent qu’il était dû à une inter­­­fé­­rence terrestre », constate-t-il. Las. Nous n’avons donc pas encore tout à fait décou­­vert un monde plus avancé que le nôtre, mais une grille de lecture est déjà à dispo­­si­­tion. « Quand nous cher­­chons une vie extra­­­ter­­restre, nous n’es­­pé­­rons pas trou­­ver un petit homme vert mais un type I, un type II ou un type III », résume le physi­­cien théo­­ri­­cien améri­­cain Michio Kaku.

Niveau 0,7

Depuis Zelen­­chouks­­kaya, il faut traver­­ser la Géor­­gie du nord au sud et serpen­­ter entre les sommets armé­­niens de l’Ara­­gats pour arri­­ver, après 13 heures de voiture, à Buyra­­kan. Un autre obser­­va­­toire bâti sous l’Union sovié­­tique trône à 1 460 mètres d’al­­ti­­tude. C’est là qu’en 1963, Niko­­laï Karda­­chev annonce la décou­­verte d’une civi­­li­­sa­­tion extra­­­ter­­restre de type II ou III origi­­naire de la galaxie CTA-102, dans la constel­­la­­tion de Pégase. Publiés par la fameuse agence sovié­­tique TASS à partir d’un article de l’Astro­­no­­mi­­cal Jour­­nal, ses travaux font sensa­­tion. Un an plus tard, inspiré par la confé­­rence améri­­caine de Green Bank, il y orga­­nise un grand sémi­­naire pour « obte­­nir une tech­­nique ration­­nelle et des solu­­tions linguis­­tiques au problème de la commu­­ni­­ca­­tion avec des civi­­li­­sa­­tions extra­­­ter­­restres qui sont plus avan­­cées que celle de la Terre ».

Karda­­chev à l’époque

Au vrai, le Mosco­­vite entend impo­­ser son schéma au monde et notam­­ment aux Améri­­cains. D’après lui, le statut d’une culture dépend de sa maîtrise de l’éner­­gie. « En physique, c’est elle qui quan­­ti­­fie la capa­­cité d’un système à agir sur le monde, car il en faut pour opérer toute trans­­for­­ma­­tion », explique l’as­­tro­­phy­­si­­cien Roland Lehoucq. Ainsi tirons-nous une certaine puis­­sance des astres qui nous situe dans l’in­­fi­­ni­­ment grand. La Terre, qui recèle 1016 watts, sert d’éta­­lon de base, c’est-à-dire de niveau 1. Par son rayon­­ne­­ment de 1026 watts, le Soleil fait office de deuxième niveau, alors que la galaxie repré­­sente le troi­­sième. Autant d’éner­­gie dont le contrôle néces­­site des tech­­no­­lo­­gies encore hors de portée mais que la guerre froide pousse à regar­­der avec envie. À défaut d’être en mesure d’em­­ployer les forces dispo­­nibles sous ses pieds, l’Homme peut se repré­­sen­­ter des puis­­sances émises dans l’es­­pace par onde radio. « Preuve est faite qu’une civi­­li­­sa­­tion située n’im­­porte où dans l’uni­­vers », en posses­­sion d’un certain pouvoir, « peut être détec­­tée par des tech­­niques astro­­no­­miques conven­­tion­­nelles », avance Karda­­chev dans une revue d’as­­tro­­no­­mie. « Il est probable que des sources connues comme CTA-21 et CTA-102 soient arti­­fi­­cielles. » Étant donnée l’in­­ten­­sité déga­­gée par ces galaxies, le Russe formule même l’hy­­po­­thèse qu’elles renferment une science extra­­or­­di­­nai­­re­­ment élabo­­rée, en tout cas bien supé­­rieure à tout ce que l’on connaît. Mais en quelques mois, les scien­­ti­­fiques s’aperçoivent en fait qu’ils ont affaire à des quasars, c’est-à-dire des galaxies très lumi­­neuses. Rien que de natu­­rel. Dépen­­dante de combus­­tible fossile, l’hu­­ma­­nité reste donc la seule à figu­­rer sur la typo­­lo­­gie, ou plutôt en-deçà. Karda­­chev semble cepen­­dant persuadé qu’elle pourra bien­­tôt accé­­der au premier palier. « Il a imaginé son échelle à une époque où la consom­­ma­­tion d’éner­­gie était en crois­­sance expo­­nen­­tielle », souligne le cher­­cheur hongrois Zoltán Galán­­tai. « C’est pourquoi il lui parais­­sait évident que cela allait se pour­­suivre. » Dans ce contexte, ses projec­­tions annoncent notre passage au niveau II dans 3 200 ans et au niveau III dans 5 800 ans. En atten­­dant, l’ar­­ri­­vée au premier stade est loin d’être acquise tant l’échelle est tita­­nesque. « On peut dire qu’on est au niveau 0,7 », évalue Roland Lehoucq. Cela peut sembler beau­­coup, mais la puis­­sance à notre portée « devra être multi­­pliée par 1 000 » pour atteindre l’éche­­lon supé­­rieur. « C’est en gros ce qu’on a gagné avec la révo­­lu­­tion indus­­trielle, mais il y a de moins en moins de pétrole, de char­­bon, et personne ne veut du nucléaire. » Par consé­quent, la capta­­tion d’une frac­­tion bien supé­­rieure de l’éner­­gie lumi­­neuse que nous envoie le Soleil est néces­­saire, mais insuf­­fi­­sante. « Il faut contrô­­ler les éléments », observe Michio Kaku, « domp­­ter les trem­­ble­­ments de terre, les volcans et les océans. » Selon ses calculs, un siècle suffira pour en arri­­ver là.

Un projet solaire

En 1960, les travaux de Niko­­laï Karda­­chev arrivent à l’oreille du physi­­cien britan­­nique Free­­man Dyson. La NASA a deux ans, personne n’a encore touché la Lune à part la sonde sovié­­tique Luna 2, mais les deux hommes sont persua­­dés que la vérité est ailleurs. « Il est plus que probable que des êtres obser­­vés par nous auront existé depuis des millions d’an­­nées, et auront atteint un niveau tech­­no­­lo­­gique surpas­­sant le nôtre par de nombreux ordres de magni­­tude », écrit Dyson dans la revue Science le 3 juin. Faute d’image, il prend ce qu’il a sous la main pour se repré­­sen­­ter les autres planètes habi­­tables, à savoir le système solaire.

Dyson a inventé l’as­­pi­­ra­­teur ultime

Les progrès tech­­no­­lo­­giques arrivent très rapi­­de­­ment au sein de ce type d’en­­vi­­ron­­ne­­ment. « On peut s’at­­tendre à ce que – après quelques centaines d’an­­nées de déve­­lop­­pe­­ment indus­­triel – n’im­­porte quelle espèce cher­­chera un moyen pour entou­­rer son étoile d’une biosphère arti­­fi­­cielle », postule-t-il. Si son article prend soin de préci­­ser que cela n’ar­­ri­­vera pas forcé­­ment à notre système, mais qu’il ne fait que décrire un phéno­­mène sans doute inter­­­venu ailleurs, c’est pure argu­­tie : nos seuls modèles sont le Soleil et ses satel­­lites. Ils sont d’ailleurs sans cesse convoqués par Dyson. Dans un cadre comme le nôtre, donc, les limites à l’ex­­pan­­sion sont non seule­­ment fixées par des carences en éner­­gie mais aussi en matière. Pour construire une immense biosphère autour de la Terre et du Soleil, l’Homme a besoin de gaz. Dyson propose de se servir en toute simpli­­cité de celui de Jupi­­ter. Il suffit pour cela de « désas­­sem­­bler et de réar­­ranger », la planète. Rendue néces­­saire par la conjonc­­tion de la crois­­sance de la popu­­la­­tion et du perfec­­tion­­ne­­ment des tech­­niques, ce chan­­tier néces­­site une éner­­gie équi­­va­­lente à celle émise par le Soleil pendant 800 ans. Il permet­­tra de répar­­tir la masse de Jupi­­ter en une sphère autour de la Terre et de son étoile « conte­­nant toute la machi­­ne­­rie néces­­saire à l’ex­­ploi­­ta­­tion des radia­­tions solaires. » Pareil objet « est complè­­te­­ment irréa­­li­­sable », assène le cher­­cheur de l’Ins­­ti­­tut pour la recherche sur le futur de l’hu­­ma­­nité d’Ox­­ford, Stuart Armstrong. L’at­­trac­­tion néces­­saire à sa stabi­­li­­sa­­tion excède toutes celles que l’on connaît et une simple comète pour­­rait mettre à mal l’en­­semble de l’édi­­fice. Dyson a donc élaboré une autre théo­­rie moins en contra­­dic­­tion avec les lois de la physique : un essaim de capteurs en orbite autour de Soleil pour recueillir son éner­­gie. « C’est plus réaliste », concède Armstrong même si cela néces­­si­­te­­rait une quan­­tité de matière première que l’en­­semble du système solaire n’offre pas.

Free­­man Dyson à l’époque de sa théo­­rie

Malgré les impasses physiques qu’elles comportent, ces idées ont inspiré le roman de science-fiction de Robert Silvers­­berg Un milliard d’an­­nées plus tard… (1969) et l’épi­­sode de Star Trek « Relics » (1992). Dans ce dernier, le vais­­seau USS Enter­­prise D se retrouve empê­­tré aux abords d’un champ gravi­­ta­­tion­­nel irré­­pa­­rable émis par une sphère semblable à celle de Dyson. Par sa capa­­cité à se dissé­­mi­­ner dans la galaxie, la Fédé­­ra­­tion des planètes de la série se rapproche d’ailleurs d’une civi­­li­­sa­­tion de type II. Sa tech­­no­­lo­­gie est si avan­­cée qu’elle peut utili­­ser l’éner­­gie d’une étoile, voya­­ger au-delà de la vitesse de la lumière, et donc dans le temps. On retrouve ces prouesses dans l’ima­­gi­­naire des romans L’An­­neau monde de Larry Niven (1983) et Les Vais­­seaux du temps de Stephen Baxter (1995). Et ce n’est que justice : Dyson s’est lui-même inspiré du livre d’Olaf Staple­­don Star Maker (1937). La saga de George Lucas Star Wars va plus loin en mettant en scène des civi­­li­­sa­­tions de types supé­­rieurs à II. Selon Roland Lehoucq, « la puis­­sance du géné­­ra­­teur de l’Étoile de la mort repré­­sente celle de 100 000 soleils, ce qui la place entre le niveau II et III de Karda­­chev. » Mais l’es­­pace contrôlé par les person­­nages est si vaste que la Répu­­blique ou l’Em­­pire galac­­tique se rapprochent du type IV. Cela suppose qu’elles puisent de l’éner­­gie dans presque tout l’uni­­vers en se servant de lois physiques incon­­nues à ce jour. Les pages de Doctor Who: The Galli­­frey Chro­­nicles (2005) mettent aussi en scène des puis­­sances de cet ordre. Le Seigneur du Temps Marnal peut ainsi moquer les Hommes : « Votre race n’a même pas atteint le type I sur l’échelle de Karda­­chev. Elle ne contrôle pas les ressources sur sa propre planète, encore moins celles d’un système plané­­taire ou d’une galaxie. Les Seigneurs du Temps sont une civi­­li­­sa­­tion de type VI. Nous n’avons pas d’égaux. Nous contrô­­lons les forces fonda­­men­­tales de l’uni­­vers en entier. » Néan­­moins, le physi­­cien britan­­nique John D. Barrow remarque que la science moderne est deve­­nue trop compliquée pour être reprise fidè­­le­­ment par la science-fiction. « Sans une connais­­sance appro­­priée, vous ne pouvez abso­­lu­­ment pas poser les ques­­tions appro­­priées », abonde Zoltán Galán­­tai. Les progrès de l’as­­tro­­no­­mie n’ont toute­­fois pas mis au rebut l’échelle de Karda­­chev.

Le message

Le téles­­cope améri­­cain de Green Bank n’est pas beau­­coup plus faci­­le­­ment acces­­sible que celui de Zelen­­chouks­­kaya. Perdu au nord de la forêt natio­­nale Washing­­ton et Jeffer­­son, en Virgi­­nie-Occi­­den­­tale, l’Ob­­ser­­va­­toire natio­­nal d’as­­tro­­no­­mie radio a été le premier à capter un signal le 11 avril 1960. L’ini­­tia­­teur de ce projet de recherche d’ex­­tra­­ter­­restres inédit baptisé Ozma, Frank Drake, ne décrypte en revanche aucun message ni signe de vie. Loin d’être décou­­ragé, il lance ensuite le SETI, pour Search for Extra-Terres­­trial Intel­­li­­gence, auquel colla­­bore un cher­­cheur de la NASA, Carl Sagan. Après avoir assisté avec passion aux premiers pas de l’homme sur la Lune, en 1969, les deux hommes ont l’idée d’ac­­cro­­cher une plaque métal­­lique à la sonde Pioneer 10 afin de donner des rensei­­gne­­ments sur son origine au cas où elle tombe­­rait entre des mains extra­­­ter­­restres. Ils y font graver un homme et une femme ainsi que des symboles repré­­sen­­tants le système solaire. Elle est envoyée par l’es­­pace en 1972 et 1973, comme on lance une bouteille à la mer. Ses chances de succès sont infimes.

Les missions Pioneer
Crédits : NASA

Alors Drake et Sagan procèdent diffé­­rem­­ment. Le 16 novembre 1974, ils se servent du radio­­té­­les­­cope d’Are­­cibo, à Porto Rico, pour envoyer un nouveau message en vue d’une « possible récep­­tion par d’autres créa­­tures intel­­li­­gente ». Dans un article de Scien­­ti­­fic Ameri­­can publié en 1975, ils assurent qu’il « fait peu de doute que des civi­­li­­sa­­tions plus avan­­cées que nous existent ailleurs dans l’uni­­vers. La possi­­bi­­lité d’en trou­­ver demande un effort substan­­tiel. » De son côté, Karda­­chev réalise de nouvelles recherches en 1976 – en vain. En dépit de l’amé­­lio­­ra­­tion des téles­­copes et de l’in­­for­­ma­­ti­­sa­­tion du trai­­te­­ment des données recueillies, aucune preuve de vie ne filtre des nombreuses obser­­va­­tions menées dans les années qui suivent. En 1981, Carl Sagan publie un article avec un collègue, William Newman, pour remettre en cause la perti­­nence de l’uti­­li­­sa­­tion de l’échelle de Karda­­chev. À elle seule, la consom­­ma­­tion d’éner­­gie n’in­­dique que partiel­­le­­ment le niveau de déve­­lop­­pe­­ment d’une civi­­li­­sa­­tion. La démo­­gra­­phie est un angle mort de la théo­­rie, pointent-ils. Aussi, la crois­­sance de la popu­­la­­tion est limi­­tée par les capa­­ci­­tés de l’en­­vi­­ron­­ne­­ment. Il y a trois réponses à la ques­­tion de savoir si la rareté des ressources freine la montée en grade d’une civi­­li­­sa­­tion, juge Zoltán Galán­­tai : « Peut-être n’en avons-nous pas trouvé parce qu’elles se sont auto-détruites ou ont stoppé à temps. Mais on peut aussi consi­­dé­­rer que ces êtres intel­­li­­gents capables d’ex­­ploi­­ter toute l’éner­­gie d’une planète sont à même de gérer les problèmes qui vont avec. » Quoi qu’il en soit, le cher­­cheur hongrois consi­­dère que de nombreux autres critères peuvent être pris en compte comme la durée de vie ou la surface de l’es­­pace contrôlé. « Quand les premiers Améri­­cains on conquis le le Far West avec leurs chariots, ils n’ont pas utilisé plus d’éner­­gie que leurs grand-parents, mais la taille de leur nouveau terri­­toire était un indi­­ca­­teur de leur succès. »

Une expli­­ca­­tion possible du compor­­te­­ment de KIC 8462852

La dispa­­ri­­tion de l’Union sovié­­tique et la prise de conscience écolo­­gique ont sans doute écorné l’échelle de Karda­­chev. Mais elle n’a pas été oubliée par les scien­­ti­­fiques. « C’est une base de discus­­sion faute de mieux », pense Roland Lehoucq. Il suffit qu’un compor­­te­­ment étrange se mani­­feste aux confins de notre système solaire pour qu’elle ressorte des tréfonds de l’as­­tro­­no­­mie. En septembre 2015, les varia­­tions de lumi­­no­­sité obser­­vées sur KIC 8462852 ont suscité des ques­­tions à la pelle. Scru­­tée depuis 2009 par le téles­­cope Kepler, cette étoile de la constel­­la­­tion du Cygne a été rebap­­ti­­sée « l’étoile la plus mysté­­rieuse de notre galaxie » , car son compor­­te­­ment a été inter­­­prété comme un possible signe de puis­­sance arti­­fi­­cielle. Une sphère de Dyson a même été évoquée. De meilleurs analyses tendent à prou­­ver que le passage d’exo­­pla­­nètes dans le champ de vision ou la présence d’un anneau expliquent les curieuses varia­­tions. « Nous avons du maté­­riel pour détec­­ter un signal mais comment être sûr qu’il est arti­­fi­­ciel et non natu­­rel ? » observe Roland Lehoucq. « Si l’hu­­ma­­nité fait explo­­ser la Terre, la détruit, c’est clai­­re­­ment arti­­fi­­ciel, mais ça ne pourra pas être distin­­gué d’un signal natu­­rel. » Il faudrait vrai­­ment que le message soit clai­­re­­ment exprimé pour en déce­­ler la nature. « En présence d’un signal qui énonce la suite des nombres premiers, on pourra suppo­­ser qu’il est d’ori­­gine arti­­fi­­cielle », dit encore l’as­­tro­­phy­­si­­cien. Mais a-t-on vrai­­ment envie de parler mathé­­ma­­tiques avec les extra­­­ter­­restres ?


Couver­­ture : Une civi­­li­­sa­­tion de type IV. (Bioware)
 
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