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Le roi Salmane et la sorcellerie

Les premières écoles primaires d’État pour filles ont ouvert leurs portes au début des années 1960 en Arabie saoudite, en dépit d’une opposition farouche. Même si la présence n’était pas obligatoire, les conservateurs voyaient l’existence même des écoles pour filles comme une offense faite aux principes fondamentaux de la moralité. En 1963, des troupes ont été mobilisées pour disperser des manifestations, à l’ouverture de l’école pour filles de Buraydah – la première année, la seule élève était la fille de la directrice.

Même aujourd’hui, il est difficile de dépasser les préjugés culturels qui visent les rôles de plus en plus importants qu’assument les femmes dans la sphère publique. Pour un homme saoudien aux mœurs traditionnelles, les noms des femmes de sa famille sont privés et ne doivent pas être prononcés à voix haute. Il ne fait jamais allusion aux femmes de sa famille en public. Même entre les membres d’une famille soudée, ces questions peuvent être sensibles. Dans les milieux saoudiens conservateurs, un homme a peu de chance de voir un jour le visage de la femme de son frère ou même d’entendre sa voix.

En 2008, le roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, qui est mort en janvier 2015, a consterné certains de ses sujets lorsqu’il a annoncé que l’université pour femmes de Riyad serait rebaptisée Princess Nora Bint Abdulrahman University, en mémoire de sa tante favorite. Malgré son exemple, la pratique n’a pas fait d’émule : l’université est la seule institution majeure du pays à porter le nom d’une femme.

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Néanmoins, Mohra, comme toutes les autres femmes diplômées en droit auxquelles j’ai parlé, a tenu à ce que je comprenne bien que les lois saoudiennes n’étaient pas en cause. Pour elle, le problème vient des Saoudiens eux-mêmes et des traditions locales. Les lois saoudiennes, insiste-t-elle, sont « parfaites » (un mot que j’ai entendu prononcer au moins une demi-douzaine de fois par d’autres jeunes femmes de son âge parlant du système juridique saoudien).

Les infortunes des femmes saoudiennes seraient entièrement les conséquence de la non-application des lois. Le fait que j’aie cherché à lui parler semblait la surprendre, et elle s’inquiétait beaucoup du fait que les étrangers pourraient ne pas comprendre. Bien qu’il arrive que les hommes saoudiens maltraitent les femmes, Mohra semble penser que la solution ne viendra pas en changeant le système, mais en éduquant les femmes à propos de leurs droits au sein de la structure juridique existante.

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La chose peut sembler surprenante de la part d’un pays réputé pour ses règles sévères, mais la loi saoudienne n’est pratiquement pas écrite sur papier. Au cours des 83 années qui se sont écoulées depuis la création du royaume, le système juridique a connu des ajouts par le biais de décrets royaux, dont beaucoup se chevauchent, voire même se contredisent. Ce corps de lois est interprété par de hauts dignitaires religieux, qui servent de juges et suivent pour la plupart l’école hanbalite, la plus stricte des quatre écoles principales de jurisprudence sunnite. La notion d’antécédent juridique ne joue aucun rôle dans la loi saoudienne, aussi les juges jouissent-ils d’une liberté d’interprétation considérable.

Mais les ambiguïtés du système préservent aussi le besoin d’un monarque investi de l’autorité finale, et cela signifie que la personnalité, les humeurs et les goûts du chef de l’État ont un impact inimaginable sur la vie de ses sujets pour les citoyens d’une démocratie moderne. Le pouvoir absolu, disent les Saoudiens, change facilement les policiers ordinaires ou les employés de la fonction publique en petits tyrans. Ainsi, la justice est souvent conjoncturelle : la loi est ce qu’une personne en situation de pouvoir décide qu’elle est. Si des musulmans questionnent ouvertement l’enseignement islamique, ils encourent le risque d’être accusés d’hérésie, un crime passible de la peine de mort en Arabie saoudite. Et les risques encourus à poser des questions se sont accrus au cours des récents mois.

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Le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud

L’actuel roi saoudien, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, a accédé au trône après la mort du roi Abdallah. Depuis, de plus en plus d’accusations d’hérésie et d’apostasie – un autre crime capital dans le royaume – sont prononcées à l’encontre de ceux qui critiquent le gouvernement.

Quelques jours après que j’ai quitté Djeddah, Ashraf Fayadh, un artiste et poète bien connu de la région, a été condamné à mort après qu’un juge a considéré que certains de ses poèmes étaient blasphématoires. On sait peu de choses d’un futur roi saoudien avant la mort de son prédécesseur.

Même s’il n’y avait aucun doute quant à la succession d’Abdallah, il faut du temps avant que le tempérament d’un homme imprègne son exercice du pouvoir. La charia encourage l’obéissance aux dirigeants. En Arabie saoudite, m’ont dit deux activistes des droits de l’homme en deux occasions différentes, on s’inquiète de plus en plus du fait que toute loi saoudienne – c’est-à-dire tout ce que désire le roi Salmane – est, en un sens, partie de la loi islamique, et donc automatiquement impossible à remettre en question.

En 2015, le nombre d’exécutions a connu un pic soudain qui a exacerbé l’anxiété générale. Au troisième jour de son règne, Salmane a supervisé sa première décapitation, celle d’un violeur présumé. Début novembre 2015, la royaume avait déjà conduit plus d’exécutions – au moins 150 – que n’importe quelle autre année depuis 1995. À la fin du mois de novembre, deux journaux saoudiens ont rapporté que l’État prévoyait d’exécuter prochainement 50 autres prisonniers, tous accusés de terrorisme, ce qui sous la loi saoudienne comprend des délits tels que le fait de ternir la réputation de l’Arabie saoudite ou de son souverain : on accuse souvent de terrorisme non seulement les djihadistes, mais aussi les blogueurs et les avocats.

Le royaume saoudien exécute également un nombre exceptionnellement élevé de femmes, comparé aux autres pays où la peine de mort est encore en vigueur. Cela s’explique du fait que de nombreux crimes non-violents sont passibles de la peine de mort en Arabie saoudite. Mais certains activistes saoudiens avancent que c’est aussi parce que la liste des crimes capitaux en inclue plusieurs qui sont explicitement classés comme des « crimes de femmes ». Les femmes y sont accusées d’adultère plus souvent que les hommes.

En novembre, dans une affaire d’adultère, une femme mariée a été condamnée à la mort par lapidation – son partenaire masculin, célibataire, a reçu une centaine de coups de fouets. Des groupes internationaux de défense des droits de l’homme ont fait part de leur inquiétude concernant le nombre croissant de femmes étrangères, souvent des femmes de chambre, jugées pour sorcellerie. La sorcellerie est une préoccupation si grave dans le pays qu’en 2009, la Commission pour la promotion de la vertu et de la prévention du vice a créé une unité spéciale pour mener les enquêtes ayant trait à la sorcellerie.

Les citoyens saoudiens sont encouragés à dénoncer les personnes qu’ils soupçonnent d’être des sorcières et des sorciers anonymement, auprès d’une hotline. (Un auteur de la Saudi Gazette, un journal en anglais, encense la capacité de la brigade à éliminer « la magie de la même façon que les forces de sécurité désamorcerait des explosifs ».) Au printemps 2015, à Riyad, dix agences gouvernementales ont pris part à un atelier de sensibilisation à la sorcellerie subventionné par l’État.

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Un certificat d’aptitude à la profession d’avocat saoudien

Ces changements ne sont pas nécessairement des préoccupations quotidiennes pour les avocats saoudiens, mais ils se ressentent dans toutes les strates de la société. Le précédent roi avait donné aux femmes saoudiennes l’espoir qu’elles seraient bientôt autorisées à conduire, mais le sujet n’est plus abordé publiquement.

Les jeunes dissidents dont les voix ont été entendues sur Twitter en 2011, inspirés par le Printemps arabe, sont retournés au silence. Ceux qui ont échappé à la prison sont « tous devenus des “entrepreneurs” », m’a confié Fahad al-Fahad, militant des droits de l’homme, prononçant avec une emphase amère le mot favori du nouveau commandement saoudien.

Le roi Abdallah avait beau être la cible de critiques de la part des groupes internationaux de défense des droits de l’homme, il n’en était pas moins attaqué de l’intérieur par les conservateurs parce qu’il encourageait les discussions publiques à propos des réformes sociales, et particulièrement en ce qui concerne les droits des femmes. Plusieurs activistes m’ont raconté que, sous l’autorité du roi Salmane, cette discussion avait abruptement cessé. Le débat public à propos du progrès, disent-ils, a été réorienté par la force et se borne à présent à la technologie et à l’entrepreneuriat – une insistance qui, bien que n’étant pas complètement rhétorique, semble faite pour impressionner les observateurs étrangers.

Dix jours après que j’ai quitté le royaume lors de ma dernière visite, un activiste des droits de l’homme m’a transféré la mort dans l’âme un texte de Thomas Friedman, paru dans le New York Times, faisant l’éloge de l’intérêt du prince couronné pour la technologie… Dans le royaume, l’atmosphère est à la méfiance ces derniers temps, et une jeune diplômée en droit qui souhaite parler de sa prise de conscience progressive des injustices commises au sein des institutions saoudiennes sait qu’elle doit s’exprimer avec d’infinies précautions.

Bayan Mahmoud Zahran

Quelques jours après ma conversation avec Mohra dans le restaurant libanais, j’avais rendez-vous avec Bayan Mahmoud Zahran, dont le cabinet juridique a fait d’elle la plus célèbre femme avocate saoudienne du monde. Je suis descendue dans le hall de mon hôtel. Il y avait là un groupe de pèlerins de La Mecque, qui se trouve à une heure de route à l’est. Ils portaient tous d’amples robes blanches, qui signifient qu’ils sont dans un état de pureté rituelle connu sous le nom d’ihram.

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Uber a changé la vie des femmes saoudiennes

J’ai touché l’icône Uber sur mon smartphone et, après avoir appelé une voiture, j’ai recherché le message WhatsApp que je venais de recevoir de la part de la petite sœur de Zahran, Nour, récemment diplômée en droit. Nour s’était proposée de se joindre à nous et elle prenait des dispositions pour le compte de Zahran, qui était occupée à travailler sur une affaire. Presque toutes les femmes que j’ai rencontrées durant mon séjour de novembre dernier à Djeddah étaient des utilisatrices forcenées de Uber ou de son concurrent dubaïote, Careem.

L’avènement, en 2014, des services de voiturage par application mobile a donné aux femmes une liberté de mouvement inimaginable seulement quelques mois plus tôt. Fini les attentes interminables d’un chauffeur de taxi sous un soleil de plomb, qui faisaient partie de la vie de tous les jours pour les femmes saoudiennes éduquées de la classe moyenne – dont les familles ne restreignent pas les mouvements par principe –, tout comme les drames liés aux chauffeurs : ceux qui les espionnaient pour mieux rapporter leurs faits et gestes aux pères et aux frères ; ceux dont les services devaient être partagés entre sœurs ; et ceux qui refusaient de s’arrêter et demandaient des adresses précises, en dépit du fait que de nombreuses rues saoudiennes ne sont pas nommées. Les Saoudiens exercent peu de métiers de service, comme les chauffeurs d’Uber.

Étrangement – ou peut-être opportunément, étant donné la dépendance de l’Arabie saoudite à la main d’oeuvre étrangère –, la compagnie de travailleurs étrangers du sexe opposé, particulièrement issus de pays en développement, est une exception non-officielle mais largement tolérée à l’interdiction du mélange des genres. Une femme saoudienne peut prendre un Uber conduit par un homme pakistanais, et un homme saoudien peut prendre un petit déjeuner servi par une domestique originaire des Philippines.

Mais le même degré de proximité avec un autre Saoudien, ou un Occidental – voire un travailleur de haut rang venant d’un pays en développement – du genre opposé serait impensable. Zahran couvre son visage. Tandis que j’attendais au restaurant japonais que Nour avait choisi, j’essayais de ne pas regarder de façon trop insistante les femmes voilées qui se tenaient dans le hall d’entrée. Les Saoudiens sont habitués à estimer l’âge approximatif, la profession et le milieu social d’une femme d’après la coupe de son abaya et la façon dont elle porte les voiles qui recouvrent son visage, mais pour les étrangers, le niqab peut donner à une réunion publique l’étrangeté d’un blind-date, même avec des femmes qu’ils connaissent bien.

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La King Abdulaziz University de Djeddah
Crédits : KAU University

Zahran et sa sœur m’ont finalement trouvée, et un serveur nous a conduites jusqu’à une table située dans le carré famille de l’endroit. Alors qu’il nous tendait les menus, sous forme de tablettes tactiles, Zahran a découvert son visage. En 2004, elle était étudiante au département ressources humaines de la King Abdulaziz University de Djeddah, quand l’université a annoncé qu’elle allait ouvrir un cursus de droit pour les étudiantes. Il s’agissait du premier programme de ce type dans le royaume, et Zahran a immédiatement détourné son attention vers le droit. « Je me suis décidée en cinq minutes », raconte-t-elle.

Le fait que les femmes ne pouvaient pas obtenir de certificats d’aptitudes n’était pas une source d’inquiétude pour Zahran et ses camarades de classe, mais en 2008, lorsqu’elle a obtenu son diplôme, le ministère de la Justice n’avait toujours pas indiqué qu’il songeait à délivrer des certificats aux avocates. Zahran a commencé à travailler en tant que bénévole dans un nouveau foyer pour femmes que son père, un homme d’affaires, avait fondé pour servir la communauté. Il a songé longtemps à différents groupes de personnes dans le besoin avant de décider de créer un centre où les veuves et les femmes divorcées dans le dénuement, dont regorge le royaume, pourraient venir vivre. Il y avait un certain nombre de femmes dans le foyer qui nécessitaient un conseil juridique non-officiel.

Même si Zahran ne pouvait pas les représenter durant les procédures, elle a commencé à les accompagner au tribunal, disant aux juges qu’elle était responsable du foyer. Zahran n’avait pas prévu de se spécialiser dans le droit personnel, dit-elle, mais c’était une opportunité de mettre ses compétences à profit. La plupart des séances au tribunal impliquaient des ces femmes cherchant à obtenir de leurs ex-maris qu’ils rendent les documents gouvernementaux de leurs enfants – passeports, pièces d’identité et autres documents officiels.

Le cabinet de Zahran est en pleine expansion, avec une demi-douzaine d’employés et un département institutionnel naissant, que Nour a intégré après avoir obtenu son diplôme. Mais les femmes aux prises avec des affaires de droit personnel représentent la majeure partie de sa clientèle. Le système judiciaire les met dans une position désavantageuse. « Les femmes sont généralement plus émotives, et elles ne parviennent pas à faire respecter leurs droits dans ces cas-là, elles se contentent de pleurer », dit-elle.

Elle a l’air de suggérer que l’obstacle principal n’est pas le système juridique en lui-même, mais une tendance de ses clientes à se laisser dépasser par les événements. Les avocates peuvent être une aide précieuse, dit-elle, car elles peuvent « comprendre l’émotion et la traduire dans un langage valide auprès d’une cour ».

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Des femmes en abaya dans un magasin de vêtements saoudien
Crédits : Kate Ross

Certaines des avocates que j’ai rencontrées disent que les femmes insistent de plus en plus pour être représentées lorsque les héritages sont partagés. Au début du mois d’octobre de l’année dernière, à la fin de l’année du calendrier islamique, le ministère de la Justice saoudien a annoncé qu’au cours des douze mois précédents, il y avait eu 48 % d’augmentation des cas de khula, des divorces initiés par des femmes. Un journal saoudien a écrit que de tels divorces atteignaient désormais le nombre « ahurissant » de 4,2 % du total.

Les efforts de la plupart des femmes se soldent par des échecs, et celles qui réussissent doivent, au minimum, rembourser les dots de leurs anciens maris – parfois, elles doivent aussi rembourser les hommes de l’argent qu’ils ont dépensé pour elles durant leurs mariages. Malgré tout, dans cette société obsédée par la vie privée et où les droits individuels sont rarement respectés, de nombreuses femmes saoudiennes se battent encore pour obtenir des renseignements juridiques.

Pour autant que sachent toutes les avocates que j’ai interviewées, le projet Hawa’a’s Rights représente la seule initiative organisée pour éduquer les femmes saoudiennes à propos de leurs droits. Huit mois après la fin de l’événement, Mohra continue de recevoir des messages suggérant de nouveaux thèmes et demandant quand aura lieu une prochaine édition.

Quelquefois, dit Mohra, ses correspondantes la supplient de ne pas abandonner, en ajoutant que ses conférences ont changé leur vision des choses, et même le cours de leurs vies. Durant sa dernière année à Dar Al-Hekma, Mohra a trouvé une nouvelle façon de mettre à profit ses études, et ses notes ont considérablement augmenté. « J’ai enfin compris pourquoi j’étudie le droit », a-t-elle dit à Olga Nartova. Elle espère pouvoir continuer les conférences Hawa’a’s Rights, mais elle n’a pas trouvé d’autre endroit pour l’accueillir.

Intriguée par la compréhension qu’ont les Occidentaux des droits de l’homme, elle a commencé à se renseigner pour suivre un cursus à l’étranger, où elle pourrait étudier le sujet. L’après-midi de la première conférence Hawa’a’s Rights, Salwa al-Khawari, enseignante dans une école pour filles, rentrait chez elle quand son amie Nour lui a parlé de l’événement. En apprenant qu’on parlerait des droits des femmes dans le système juridique saoudien, Khawari a réorganisé sa soirée pour pouvoir y assister, et elle a fait venir des amies à elles pour assister aux débats qui ont suivi.

Elle m’a confié qu’il ne lui était jusque là jamais passé par la tête que les femmes saoudiennes avaient le moindre droit, et elle éprouvait un profond ressentiment envers la façon dont le système juridique traitait les femmes. « J’avais toujours pensé que les failles de notre société résidaient dans la loi », m’a-t-elle dit. À présent, comme Mohra et de nombreuses autres avocates auxquels j’ai parlé, elle exprime une confiance nouvelle dans la justesse de la loi saoudienne. « Concernant les droits des femmes, nos lois sont parmi les meilleures du monde », dit-elle.

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Bayan Mahmoud Zahran

Le véritable problème, ajoute-t-elle, c’est le manque d’accès à l’information. Après la série de conférences, Khawari a commencé à lire tout ce qu’elle pouvait sur les droits des femmes dans l’islam, et elle a partagée ce qu’elle avait appris avec ses élèves de 12 ou 13 ans.

Au printemps 2015, elle a abandonné son métier d’enseignante pour étudier à plein temps afin d’obtenir un master en sciences sociales, avec une spécialisation dans les droits de l’homme. Depuis, dit-elle, certaines de ses anciennes élèves ont abordé le sujet des droits des femmes avec les femmes plus âgées de leurs familles et leurs voisines, et elles ont demandé à Khawari de les aider à concevoir des brochures sur le sujet. « Elles me disent qu’elles ont envie de faire quelque chose pour la société saoudienne », dit-elle.


Traduit de l’anglais par Matthieu Volait, Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’article « Sisters in Law », paru dans le  New Yorker. Couverture : Une femme saoudienne en abaya. (Création graphique par Ulyces)