Antônio est devenu Nem. Le destin épique d'un père aimant désespéré devenu meurtrier richissime.

par Misha Glenny | 3 octobre 2016

Antô­­nio | Nem

La zone la plus dange­­reuse de Rocinha, la plus grande favela de Rio de Janeiro et du Brésil, se situe presque au sommet de la colline qu’elle recouvre. Rua Um, rue un. C’est là que se trouve le bureau de Lulu. Lulu est le Dono do Morro, le roi de la montagne. Il est à la tête du trafic de drogue local et règne sur la favela. Sa parole fait loi. En contre­­bas s’étend le quar­­tier de Labo­­riaux, qui offre non seule­­ment la vue la plus spec­­ta­­cu­­laire sur Rio mais semble plus propre et mieux tenu que le reste de Rocinha. C’est le quar­­tier huppé de la favela et c’est là que vit Lulu.

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Antô­­nio Fran­­cisco Bonfim Lopes n’a plus un sou. Il réflé­­chit longue­­ment à ce qu’il s’ap­­prête à faire. Il n’a jamais rien eu à voir avec la drogue, il n’en a jamais pris et n’a pas l’in­­ten­­tion de s’y mettre. La violence le révolte, elle qui a toujours été à l’ar­­rière-plan de sa vie. Aucun de ses amis d’en­­fance ne trempe dans le trafic. Comme lui, ce sont tous d’hon­­nêtes travailleurs – chauf­­feurs de taxi, ouvriers du bâti­­ment ou serveurs.


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Rocinha vue du ciel
Crédits

Mais il ne voit pas aucune issue à sa situa­­tion finan­­cière. À moins qu’il ne trouve l’argent néces­­saire pour payer son trai­­te­­ment, sa petite fille va mourir d’une mala­­die auto-immune rare, l’histio­­cy­­tose lange­­rhan­­sienne. Il n’a parlé de son plan à personne, même pas à sa femme, Vanessa. Il a décidé de porter sa croix seul. Deux jours avant son 24e anni­­ver­­saire, Antô­­nio, les nerfs à vif, commence sa longue marche vers le sommet de la colline sur Estrada da Gávea, direc­­tion Rua Um.

De là, on peut contem­­pler la quasi-tota­­lité de la zone sud de Rio de Janeiro : à l’est, l’opu­­lence de Gávea, à un jet de pierre d’ici ; puis Lagoa, le lac au cœur de la zone qui sépare la vallée de Bota­­fogo des hauteurs d’Ipa­­nema et Leblon ; on aperçoit même un bout de Copa­­ca­­bana ; et si l’on se tourne vers le sud, en plis­­sant bien les yeux on devine quelques-unes des somp­­tueuses villas de Joá, camou­­flées par la Forêt atlan­­tique. C’est le poste de guet ultime. D’ici, on peut voir n’im­­porte qui entrer ou sortir de Rocinha.

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Estrada da Gávea
Crédits : DR

Antô­­nio conti­­nue de marcher, le regard fixe. Il est comme Faust sur les traces de Méphis­­to­­phé­­lès. Mais Antô­­nio ne cherche ni le savoir absolu, ni les joies terrestres. Il veut seule­­ment que sa fille survive et qu’elle puisse gran­­dir et s’épa­­nouir. Il sait bien que sa vie approche d’un tour­­nant radi­­cal et que les choses pour­­raient mal finir. Mais en imagi­­na­­tion, il défie quiconque osera le montrer du doigt et le condam­­ner : Qu’au­­riez-vous fait à ma place ? La route dessine un lacet à l’ap­­proche du sommet d’Es­­trada da Gávea, bordé par un petit marché. C’est ici que débute la Rua Um. Bien qu’é­­tant très fréquen­­tée, la rue ne peut accueillir qu’une file de personnes – une simple brouette suffit à créer un bouchon. Antô­­nio remonte la rue, passant devant les bars et les petites épice­­ries, le pois­­son­­nier sur la droite, le boucher sur la gauche, esqui­­vant les crottes de chiens, les fruits pour­­ris et les égouts, jusqu’à ce que la Rua Um n’ar­­rive à une fourche. Antô­­nio parvient au terme de sa longue marche jusqu’au sommet de la colline la plus escar­­pée de Rio. Arrivé à desti­­na­­tion, il entre par la porte de devant. Jamais au cours des 24 années précé­­dentes n’a-t-il envi­­sagé de chan­­ger de vie d’une manière aussi radi­­cale qu’il s’ap­­prête à le faire après ce pèle­­ri­­nage. Il est monté sur la colline sous le nom d’An­­tô­­nio, il l’a redes­­cen­­due sous celui de Nem. En l’es­­pace de cinq ans, ce jeune homme mal assuré devien­­drait l’in­­di­­vidu le plus puis­­sant des 100 000 âmes qu’a­­brite Rocinha. Il aurait 120 hommes armés sous ses ordres et serait le plus grand trafiquant de drogue de Rio.

Mestre

Le boss d’An­­tô­­nio, Lulu, a été assas­­siné en 2004 par des membres du BOPE, les terri­­fiantes forces spéciales de Rio, quelques jours avant Pâques. Rocinha a ensuite connu 18 mois d’ins­­ta­­bi­­lité – une guerre civile à petite échelle – tandis que le cartel d’Ami­­gos dos Amigos (les amis d’amis) a sapé l’in­­fluence de l’or­­ga­­ni­­sa­­tion crimi­­nelle la plus puis­­sante et la plus grande de Rio dans la favela, le Comando Vermelho (le commando rouge). Il a suffi de deux ans à Nem pour assu­­rer sa posi­­tion de leader incon­­testé de Rocinha et deve­­nir l’un des deux hommes les plus influents d’ADA, grâce à ses compé­­tences excep­­tion­­nelles.

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Des membres d’ADA dans les rues de Rocinha
Crédits : Sebas­­tiano Tomada

« D’un simple regard, Nem peut évaluer combien vaut une pile de came posée sur la table », raconte Le Gringo, un gang­s­ter né et élevé à Rocinha. « Il fait ça en claquant des doigts. » Ses adver­­saires en étaient inca­­pables. « Après deux ou trois jours passés à dealer au coin de la rue, ils avaient déjà perdu le compte de l’argent. Nem, lui, mettait ses comptes au carré en cinq minutes. » Rocinha est géogra­­phique­­ment isolé des autres fave­­las de la ville.

Après une brève guerre des gangs durant laquelle Nem a soumis son plus petit voisin à son pouvoir, ADA est devenu le four­­nis­­seur prin­­ci­­pal de drogue aux gosses de riches de la zone sud de Rio. C’est ici que l’on trouve tous les plus  grands symboles de la ville, de la statue du Christ Rédemp­­teur à la plage de Copa­­ca­­bana. Il s’est assuré de réus­­sir en compre­­nant que moins les fave­­las seraient rongées par la violence, mieux le busi­­ness s’en porte­­rait. Rocinha est deve­­nue la plus sûre des fave­­las.

Nem a ordonné que les semi-auto­­ma­­tiques, les pisto­­lets et les grenades dispa­­raissent des rues. Elles n’y seraient de retour que dans les moments de tension, lorsque son réseau de rensei­­gne­­ment aurait vent d’un raid immi­nent de la police. Bien­­tôt, tout le monde voulait visi­­ter l’en­­droit. Les touristes, les stars du foot – soit l’équipe natio­­nale brési­­lienne au complet –, sans parler des joueurs du club cher au cœur de Nem, Flamengo.

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Des armes récu­­pé­­rées chez Nem
Crédits : Apu Gomes

Le rappeur Jah Rule a pris l’avion depuis New York pour y donner un concert gratuit et Ashton Kutcher est passé visi­­ter le quar­­tier. Puis les poli­­ti­­ciens ont commencé à venir, dont deux prési­­dents brési­­liens, bien conscients du nombre de voix poten­­tielles que renfer­­mait la favela. Le premier, Lula, est actuel­­le­­ment inculpé pour tenta­­tive d’en­­trave à la justice et corrup­­tion dans le scan­­dale Petro­­bras.

La seconde, Dilma Rous­­seff, a été desti­­tuée par le Sénat le 31 août 2016, au terme d’une procé­­dure pour maquillage des comptes publics. C’est avant tout devenu un endroit bran­­ché où les jeunes de la classe moyenne venaient ache­­ter leur coke. Après une trace ou deux, ils allaient danser toute la nuit au Clube de Emoções, à l’une de ses légen­­daires soirées funk. Après que Nem a fait de Rocinha une véri­­table marque, son mode de vie est devenu plus fastueux.

Quand il arri­­vait dans un club, il portait une grosse chaîne en or autour du cou. Au bout de celle-ci pendait un disque sur lequel était écrit MESTRE (le maître) en grosses lettres d’or blanc. Sa garde préto­­rienne le devançait, armée et marchant en forma­­tion ; puis venait Nem lui-même, chevau­­chant une petite moto, de façon quelque peu incon­­grue. Chico-Bala, son singe capu­­cin de compa­­gnie, était perché sur son épaule, affu­­blé d’une veste et d’un chapeau. La deuxième moitié de sa garde rappro­­chée fermait la marche.

Lorsqu’il appro­­chait de sa cama­­rote, le chapi­­teau VIP d’où il assis­­tait aux concerts, les DJ se mettaient à rapper des morceaux en son honneur. Son règne ressem­­blait parfois à celui d’un gouver­­neur d’une province éloi­­gnée de l’Em­­pire romain. En réalité, comme tout leader de favela, le pouvoir de Nem repo­­sait sur trois instru­­ments : le soutien de la commu­­nauté ; la corrup­­tion des forces de police de la favela ; et un mono­­pole de la violence dans ses fron­­tières.

UPP

Au cours des nombreuses conver­­sa­­tions que j’ai eues avec Nem dans la prison de haute sécu­­rité de Campo Grande, loin à l’in­­té­­rieur du terri­­toire brési­­lien, il a éton­­nam­­ment mis l’ac­cent sur le soutien de la commu­­nauté. Il m’a décrit en détail le système d’aide sociale embryon­­naire qu’il avait mis en place : il prenait en charge les enter­­re­­ments, les soins médi­­caux, les paniers alimen­­taires pour les habi­­tants les plus pauvres, et les billets des migrants venus du nord-est défa­­vo­­risé du Brésil pour qu’ils puissent rendre visite à leurs familles. Ces derniers consti­­tuent de vastes groupes de travailleurs non-quali­­fiés à Rio.

Il a construit un terrain de futsal et réin­­vesti une partie des béné­­fices du trafic de cocaïne dans l’éco­­no­­mie locale. Rocinha possède un des envi­­ron­­ne­­ments les plus dyna­­miques et tour­­nés vers l’en­­tre­­pre­­neu­­riat des commu­­nau­­tés margi­­na­­li­­sées de Rio. Les trois offi­­ciers de la police civile brési­­lienne qui ont enquêté sur lui pendant près de quatre ans sont pour leur part convain­­cus que son instru­­ment premier était sa capa­­cité à corrompre la police et autres fonc­­tion­­naires. La première chose que la chef d’équipe Bárbara Lomba m’a dit était que « Nem préfé­­rait toujours la corrup­­tion à la confron­­ta­­tion ». Elle et sa collègue ont décou­­vert que Nem avait bâti un remarquable réseau de rensei­­gne­­ment pour y parve­­nir, s’éten­­dant à l’in­­té­­rieur et hors de la ville.

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Bárbara Lomba
Crédits : Paulo Araújo

« On ne l’ap­­pe­­lait pas le Maître pour rien », raconte l’agent Este­­lita. « Il avait le senti­­ment d’être plus clair­­voyant que ses rivaux. Et c’était le cas. Hormis le pouvoir que lui confé­­raient les armes et la peur, il avait celui de l’in­­tel­­li­­gence, qu’il alliait au pouvoir qu’il avait acquis grâce à son contrôle de l’in­­for­­ma­­tion. » Un maître, pour­­suivent-elles, est un person­­nage bien informé qui sait perti­­nem­­ment ce qu’il fait.

« À la moindre rumeur de l’im­­mi­­nence d’une opéra­­tion de police, il ordon­­nait à ses sbires de dire aux enfants de ne pas aller à l’école le lende­­main, car il y allait avoir un raid. » Cela signi­­fie qu’il avait été rencardé. « Du coup, les autres le prenaient pour un dieu », concluent les enquê­­trices. « Pour autant qu’ils sachent, il avait juste l’air de tout savoir. Et c’était le cas, d’une certaine manière. »

Tandis que le Brésil surfait sur le boom du prix des matières premières qui lais­­sait pensé que ce géant ensom­­meillé depuis un siècle était en train de sortir de sa torpeur, le pays a décro­­ché la Coupe du monde de foot­­ball. Peu après, on a annoncé que Rio de Janeiro accueille­­rait les Jeux olym­­piques. Pour répondre au problème de la violence rava­­geant la ville (prin­­ci­­pa­­le­­ment engen­­drée par une guerre contre la drogue en forme d’im­­passe pour les auto­­ri­­tés), le gouver­­ne­­ment de Rio a formé un nouveau corps de police baptisé UPP – l’Unité de police paci­­fi­­ca­­trice.

La première phase de l’UPP était d’in­­ves­­tir les fave­­las dans le cadre d’une démons­­tra­­tion de force spec­­ta­­cu­­laire. Il était ques­­tion à l’époque d’une Phase 2, connue sous le nom de Social UPP. Le gouver­­ne­­ment était supposé se retrous­­ser les manches et mettre en place des systèmes d’éva­­cua­­tion, de santé et d’édu­­ca­­tion décents dans ces quar­­tiers sensibles.

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José Mariano Beltrame
Crédits : Fernando Frazão

Orga­­ni­­ser l’in­­tro­­duc­­tion de la police dans les fave­­las n’a pas été une mince affaire – dans la plupart des fave­­las de Rio, les habi­­tants crai­­gnaient davan­­tage la police et son passif choquant de violence arbi­­traire et d’ex­­tor­­sion que les cartels. Mais le secré­­taire à la sécu­­rité de l’État de Rio, José Mariano Beltrame, a fait du bon travail. Quant au Social UPP… disons que ça ne s’est pas fait.

La désillu­­sion a pris le relais. Nem savait que le régime UPP serait imposé à Rocinha : la favela était un symbole trop impor­­tant de l’anar­­chie qui régnait pour que Beltrame l’ignore. Les deux hommes ont engagé des négo­­cia­­tions secrètes pour arran­­ger son arres­­ta­­tion et l’oc­­cu­­pa­­tion paci­­fique de la favela par les forces spéciales. Rien n’en est sorti.

Pour­­tant, au cours d’un des événe­­ments les plus curieux et les plus inex­­pliqués de l’his­­toire chao­­tique de Rio, Nem a été arrêté en novembre 2011 en direct à la télé­­vi­­sion. Abasourdi et déso­­rienté, il a été fourré dans le coffre d’une voiture par des offi­­ciers de police.

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Depuis le début, il y a plus d’un an, de la crise poli­­tique, écono­­mique et consti­­tu­­tion­­nelle monu­­men­­tale que traverse le Brésil, les budgets alloués aux auto­­ri­­tés fédé­­rales ont subi des coupes dras­­tiques. L’argent investi dans la sécu­­rité à Rio a été amputé de 30 %. Les régimes de police UPP sont au bord de l’ef­­fon­­dre­­ment et les gangs sont de retour sur le devant de la scène. À Rocinha, un nouveau leader a surgi de l’ombre : Roge­­rio 157. Les affron­­te­­ments entre ses soldats et la police sont de plus en plus fréquents. La peur est reve­­nue au galop.

Durant les Jeux olym­­piques, tout s’est bien passé. Pour les trafiquants de drogue, la venue de plusieurs centaines de milliers de touristes à Rio était une occa­­sion en or d’écou­­ler de grandes quan­­ti­­tés de coke et de weed. Mais pour les habi­­tants des fave­­las rava­­gées de Rio et ceux de la classe moyenne qui les entourent, la grande ques­­tion est ce qu’il va se passer main­­te­­nant. Nem était peut-être impliqué dans des acti­­vi­­tés mora­­le­­ment répré­­hen­­sibles en tant que Dono do Morro, à Rocinha. Mais il a main­­tenu le niveau de violence dans la favela plus bas que quiconque n’a jamais réussi à le faire.

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Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « The Drug King Who Ran a Cartel to Save His Daugh­­ter », paru dans le Daily Beast. Couver­­ture : Nem arrêté par la police civile de Rio.


LES HABITANTS DES FAVELAS DE RIO LUTTENT CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES AVEC LEURS SMARTPHONES

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Les fave­­la­­dos sont chaque jour victimes de violences poli­­cières. Comme personne n’en parle, des jour­­na­­listes amateurs ont pris leurs camé­­ras pour chan­­ger les choses.

I. Papo Reto

Les fave­­las du Complexo do Alemão, un des plus grands bidon­­villes du Brésil, occupent plus de 280 hectares à flanc de colline au nord de Rio de Janeiro, non loin de l’aé­­ro­­port inter­­­na­­tio­­nal. Bordé sur trois côtés par des auto­­routes encom­­brées et sur le quatrième par une crête boisée, Alemão ne peut plus s’étendre vers l’ex­­té­­rieur. Le bidon­­ville a donc enflé de l’in­­té­­rieur, dans un magma de plus en plus instable de caisses en béton de quatre étages. « Le grand-père a construit le premier étage, le fils le deuxième, le petit-fils le troi­­sième et l’ar­­rière petit-fils le quatrième », ont l’ha­­bi­­tude de dire les habi­­tants. Des barres d’ar­­ma­­ture émergent du toit, atten­­dant que la prochaine géné­­ra­­tion construise le cinquième étage. Une nuit d’avril dernier, Arlindo Bezerra de Assis, une rési­­dente d’Alemão âgée de 72 ans, a quitté la maison fami­­liale pour s’aven­­tu­­rer dans l’en­­che­­vê­­tre­­ment de ruelles du quar­­tier, donnant la main à son petit-fils de 10 ans. Poli­­ciers et trafiquants de drogue s’étaient affron­­tés plusieurs heures durant, mais le calme avait succédé aux coups de feu et De Assis, qu’on appelle  respec­­tueu­­se­­ment Dona Dalva dans le quar­­tier, voulait rame­­ner l’en­­fant à sa mère. ulyces-paporeto-01 Quelques instants plus tard, on l’a retrou­­vée gisant sur le trot­­toir, éten­­due sur le dos. Son sang s’écou­­lait abon­­dam­­ment de deux bles­­sures par balle. On l’a conduite à l’hô­­pi­­tal le plus proche où elle est morte de ses bles­­sures. Son petit-fils, protégé par son corps, s’en est sorti indemne. À 400 mètres de là, un fave­­lado de 25 ans nommé Raull a reçu un message de la part d’un ami qui l’in­­for­­mait de l’as­­sas­­si­­nat. (Pour des raisons de sécu­­rité, Raull a demandé à ce que son nom de famille ne soit pas cité.) Il a glissé son télé­­phone dans sa poche et s’est rendu sur les lieux. Plus tard, la police a quali­­fié la mort de De Assis d’ac­­ci­dent. Un comman­­dant a déclaré dans un jour­­nal local qu’elle avait eu la malchance de se trou­­ver au milieu d’une fusillade. Mais tandis que Raull se frayait un chemin au milieu de la foule, il a entendu une autre histoire. Des témoins lui ont confié que les coups de feu avaient été tirés par un agent de police qui avait pris De Assis et son petit-fils pour des crimi­­nels. Lorsque l’agent a pris conscience de son erreur, il serait retourné à sa voiture de patrouille en courant avant de prendre la fuite. Raull a grandi du côté est d’Alemão. Quand il était jeune, le Comando Vermelho est ce qui s’ap­­pa­­ren­­tait le plus à un gouver­­ne­­ment local. Il s’agit d’une orga­­ni­­sa­­tion crimi­­nelle alimen­­tée par le trafic de drogue qui exerce un contrôle quasi-total sur les fave­­las. Mais en 2010, le gouver­­ne­­ment a annoncé son inten­­tion de débar­­ras­­ser la zone du crime orga­­nisé. En novembre 2014, plus de 2 000 soldats et poli­­ciers sont entrés dans Alemão. Le Comando Vermelho s’est retran­­ché dans la clan­­des­­ti­­nité et la police l’a remplacé dans les rues.

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