Ces scien­ti­fiques ont décou­vert la « formule géné­tique » univer­selle de la mono­ga­mie

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 8 janvier 2019

Pourquoi certains animaux sont-ils enga­gés envers leurs compa­gnons et d’autres pas ? Selon une nouvelle étude portant sur dix espèces de verté­brés, publiée le 7 janvier dans la revue Procee­dings of the Natio­nal Academy of Sciences et menée par des cher­cheurs de l’uni­ver­sité du Texas à Austin, l’évo­lu­tion a utilisé une sorte de formule univer­selle pour trans­for­mer les espèces non-mono­games en espèces mono­games, en augmen­tant l’ac­ti­vité de certains gènes et en rédui­sant l’ac­ti­vité de certains autres dans le cerveau.

Selon les auteurs, sont mono­games les animaux qui « forment un lien de couple avec un parte­naire pendant au moins une saison de repro­duc­tion, partagent une partie du travail que demande l’éle­vage de la progé­ni­ture, et qui défendent ensemble les jeunes contre les préda­teurs ». Les cher­cheurs ont étudié cinq couples d’es­pèces qui se ressemblent (quatre mammi­fères, deux oiseaux, deux grenouilles et deux pois­sons), chacune avec un membre mono­game et un membre non-mono­game.

Ils ont ensuite comparé l’ex­pres­sion des gènes dans les cerveaux mâles des dix espèces afin de déter­mi­ner les chan­ge­ments surve­nus dans chacune des tran­si­tions évolu­tives liées aux animaux étroi­te­ment appa­ren­tés. Malgré la complexité de la mono­ga­mie en tant que compor­te­ment, ils ont constaté que les mêmes chan­ge­ments dans l’ex­pres­sion des gènes se produi­saient à chaque fois.

La décou­verte suggère donc qu’il existe un lien étroit entre certains compor­te­ments sociaux complexes et la façon dont les gènes s’ex­priment dans le cerveau. En orga­ni­sant les gènes d’es­pèces éloi­gnées – telles qu’un pois­son et un mammi­fère – en groupes basés sur des simi­la­ri­tés de séquence, l’équipe a pu iden­ti­fier la formule évolu­tive commune qui conduit à la créa­tion des liens de couple et à la copa­ren­ta­lité chez les cinq espèces à compor­te­ment mono­game.

D’autres études sur le sujet avaient déjà été faites, mais celle-ci couvre une plus longue période d’évo­lu­tion que celle explo­rée précé­dem­ment. En effet, les cher­cheurs ont analysé 450 millions d’an­nées d’évo­lu­tion. « On ne s’at­tend pas à ce que, sur 450 millions d’an­nées, des tran­si­tions vers des compor­te­ments aussi complexes se produisent de la même manière à chaque fois », explique Rebecca Young, asso­ciée de recherche au dépar­te­ment de biolo­gie inté­gra­tive de l’uni­ver­sité d’Aus­tin et première auteure de l’étude.

Source : Procee­dings of the Natio­nal Academy of Sciences

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