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Est-il dange­reux d’al­ler voter aux élec­tions muni­ci­pales ?

par   Servan Le Janne   | 15 mars 2020

Ce dimanche matin, de petites files ont commencé à s’al­lon­ger devant les bureaux de vote. Alors que six prési­dents de régions (Xavier Bertrand, Carole Delga, Renaud Muse­lier, Gilles Simeoni, Hervé Morin et Valé­rie Pécresse) et de nombreux élus appe­laient hier à un report des élec­tions muni­ci­pales, le gouver­ne­ment a confirmé la tenue du scru­tin. Contre l’avis de nombreux respon­sables, il a donc consi­déré que l’iso­loir ne faisait pas partie des « lieux publics non indis­pen­sables » appe­lés à fermer samedi soir.

« Le président a pris sa déci­sion jeudi après avoir consulté l’en­semble des respon­sables poli­tiques et après avoir eu l’as­su­rance, par le comité scien­ti­fique, que ce scru­tin pouvait se dérou­ler sans risques pour les Français », indiquait l’Ely­sée hier. « Proté­ger les Français et main­te­nir l’unité du pays ont été les deux prin­cipes qui ont guidé son action. » Le ministre de l’In­té­rieur Chris­tophe Casta­ner a même affirmé que « voter est sans danger. »

Mais s’il n’exis­tait aucune menace, le gouver­ne­ment aurait-il envoyé une circu­laire aux maires, détaillant les mesures de précau­tion à prendre pour éviter la diffu­sion du coro­na­vi­rus (Covid-19) ? Dans ce docu­ment rendu public dès le mardi 10 mars, le minis­tère de l’In­té­rieur demande aux élus d’évi­ter « les situa­tions de promis­cuité prolon­gée » dans les bureaux de vote. À cet effet, le parcours doit être jalonné de manière à lais­ser un mètre entre chaque élec­teur. « Chaque bureau devra prévoir un point d’eau afin de se laver les mains a proxi­mité ou, à défaut, mettre à dispo­si­tion du gel hydro-alcoo­lique. »

Les machines à voter doivent aussi être nettoyées toutes les 30 minutes et tout contact avec les rideaux est à écar­ter. Si les citoyens sont appe­lés à amener leur propre stylo, Place Baeu­vau estime néan­moins que « le port de gants chirur­gi­caux n’est pas de nature à limi­ter la propa­ga­tion du Covid-19 ». Et il faut savoir que ceux qui refu­se­raient de se laver les mains ne peuvent pas être exclus du vote.

Ce dimanche matin, les solu­tions hydro-alcoo­liques sont rares, le marquage au sol impar­fait et des files se forment à certains bureaux. Pour 17 méde­cins qui ont envoyé une lettre à Emma­nuel Macron, « le contrôle des distances entre les personnes est complexe à mettre en œuvre […] L’ob­ser­vance de l’hy­giène des mains par les votants et membres du bureau de vote, paraît illu­soire. La désin­fec­tion systé­ma­tique des surfaces, bien que secon­daire dans le mode de trans­mis­sion du virus, est impos­sible. »

Alors, voter est-il réel­le­ment « sans danger », comme le soutient Casta­ner ? Pour justi­fier le main­tien du scru­tin, « les pouvoirs publics font valoir qu’ils ne font que se fier aux avis des experts », rappelle Le Monde de dimanche matin. « Problème : ces avis demeurent confi­den­tiels. Personne ou presque ne sait sur quoi ils reposent. » Au Royaume-Uni, où les cas de coro­na­vi­rus décla­rés sont pour le moment quatre fois moins nombreux, le gouver­ne­ment a décidé de repor­ter les élec­tions locales du 7 mai à l’an­née prochaine. « Il est normal que le gouver­ne­ment mette la prio­rité sur la santé publique et décale les élec­tions », a jugé le maire de Londres, Sadik Khan.

En France, si de nombreux élec­teurs restaient chez eux, ils n’an­nu­le­raient pas le scru­tin pour autant. Dans la consti­tu­tion de la Ve Répu­blique, aucun taux de parti­ci­pa­tion n’est requis.

Couver­ture : @TRe­veuse

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