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La CIA a utilisé une société suisse pour espion­ner le monde entier pendant des décen­nies

par   Servan Le Janne   | 12 février 2020

Entre les années 1950 et le début du XXIe siècle, plus de 120 pays ont fait confiance à une société suisse spécia­li­sée dans les tech­no­lo­gies de chif­fre­ment pour garder les commu­ni­ca­tions de leurs diplo­mates, de leurs soldats et de leurs espions secrètes. Sans le savoir, ils les ont ainsi offertes à la CIA, révèle une enquête du Washing­ton Post et de la ZDF publiée le 11 février.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Crypto AG s’est fait un nom en vendant des machines capables de proté­ger les échanges des troupes améri­caines derrière un code. Cette entre­prise suisse est deve­nue une des plus répu­tées dans son domaine.

Après le conflit, elle a vendu son maté­riel de chif­fre­ment à une foule de gouver­ne­ments, parmi lesquels se trou­vaient l’Iran, les juntes mili­taires d’Amé­rique latine, les rivaux nucléaires indien et pakis­ta­nais ou encore le Vati­can. Tout le monde igno­rait que la CIA était à la manœuvre, avec l’aide des services ouest-alle­mands. Au sein de l’agence de rensei­gne­ment améri­caine, l’opé­ra­tion a été bapti­sée Thesau­rus, puis Rubi­con.

« En matière de rensei­gne­ment, c’était le coup du siècle », conclut un rapport de la CIA obtenu par le Washing­ton Post et la ZDF. « Les gouver­ne­ments étran­gers payaient cher les États-Unis et l’Al­le­magne de l’Ouest pour avoir le privi­lège d’avoir leurs commu­ni­ca­tions les plus secrètes lues par au moins deux (et poten­tiel­le­ment cinq ou six) pays étran­gers. » À partir de 1970, la CIA et sa cousine, la NSA, contrô­laient presque tous les aspect opéra­tion­nels du programme, tandis que Bonn se char­geait de la tech­nique.

Les infor­ma­tions obte­nues ont été utili­sées lors de la crise des otages en Iran, en 1979, pendant la guerre des Malouines qui opposa l’Ar­gen­tine au Royaume-Uni en 1982 et pour assas­si­ner des dicta­teurs sud-améri­cains. En 1986, Crypto AG a surpris des offi­ciels libyens en train de célé­brer l’at­ten­tat commis dans une disco­thèque de Berlin. En revanche, les régimes sovié­tique et chinois étaient trop suspi­cieux pour faire confiance à la société suisse. Pour en apprendre sur leur compte, Washing­ton passait donc par les commu­ni­ca­tions de leurs alliés.

Si quelques décla­ra­tions impru­dentes des Améri­cains ont pu semer le trouble autour de Crypto AG dans les années 1970, son double-jeu a véri­ta­ble­ment été exposé en 1992. Cette année-là, un de ses vendeurs qui igno­rait que son maté­riel était bourré de micros a été arrêté en Iran. Mais l’am­pleur du programme n’avait jamais été révé­lée avant ce 11 février 2020.

Source : The Washing­ton Post

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