Quels itiné­raires empruntent les narco­tra­fiquants pour inon­der l’Eu­rope de cocaïne ?

par   Ulyces   | 7 juin 2016

En avril dernier, l’Ob­ser­va­toire euro­péen des drogues et des toxi­co­ma­nies a rendu son rapport annuel. Il four­nit des pers­pec­tives éton­nantes sur la façon dont les trafiquants ache­minent la drogue vers le très lucra­tif marché euro­péen. Le rapport inclut notam­ment de nombreux détails sur les routes clés et les tech­niques de contre­bande utili­sées par les trafiquants. L’Amé­rique latine a toujours un rôle extrê­me­ment impor­tant dans l’in­dus­trie euro­péenne de la cocaïne. La Colom­bie, le Brésil et le Vene­zuela sont aujourd’­hui les points de départs clés pour l’en­voi de la drogue en Europe. C’est au départ de ces trois pays que la cocaïne est expé­diée. Les tech­niques et les routes utili­sées pour faire traver­ser l’At­lan­tique à la drogue sont nombreuses : dans des conte­neurs, dans des yachts privés et parfois même par les airs. cocaine_1 Le marché de la drogue en Europe — Crédits : Obser­va­toire euro­péen des drogues et des toxi­co­ma­nies L’im­por­tance gran­dis­sante du Brésil dans le trafic de drogue suggère que la Boli­vie et le Pérou ont étendu leur rôle de four­nis­seur pour le marché euro­péen. Le trafic de cocaïne colom­bienne, via le Vene­zuela (grâce à la poro­sité de la fron­tière entre les deux pays) a augmenté de façon simi­laire. L’Équa­teur et l’Ar­gen­tine sont égale­ment d’autres points de départs impor­tants pour toutes sortes de drogues. Pour dépla­cer la cocaïne à travers l’At­lan­tique, les trafiquants utilisent prin­ci­pa­le­ment comme plaques tour­nantes les Caraïbes et l’Afrique de l’Ouest. À cela, il faut ajou­ter l’Amé­rique centrale, qui est en train de deve­nir un lieu de dépôt extrê­me­ment impor­tant. La diver­sité et le nombre impor­tant de possi­bi­li­tés qu’offrent les routes mari­times font du trans­port par bateau l’op­tion privi­lé­giée des orga­ni­sa­tions crimi­nelles pour trans­por­ter la drogue d’Amé­rique du Sud en Europe. Les trafiquants cachent notam­ment la cocaïne dans des contai­ners, eux-mêmes épar­pillés sur des navires commer­ciaux, ce qui rend la détec­tion par les auto­ri­tés extrê­me­ment diffi­cile. En Europe, certains pays sont plus concer­nés que d’autres par le trafic de drogue. En 2014, la France, l’Es­pagne, la Belgique et les Pays-Bas comp­ta­bi­li­saient 80 % des 61,6 tonnes de cocaïne saisies dans l’Union euro­péenne. Les plus grands ports du conti­nent – Rotter­dam en Hollande et Antwerp en Belgique – sont des points d’en­trée cruciaux pour la cocaïne. À Rotter­dam, par exemple, 50 000 contai­ners sont scan­nés chaque année, mais cela repré­sente seule­ment 0,45 % des 11 millions de contai­ners qui y tran­sitent chaque année. Rotter­dam n’est cepen­dant pas le seul port euro­péen touché par le trafic de drogue, Valence en Espagne et Hambourg en Alle­magne, pour ne citer qu’eux, font égale­ment partie des ports les plus utili­sés par le crime orga­nisé. Les orga­ni­sa­tions crimi­nelles colom­biennes et italiennes conti­nuent à domi­ner le commerce de la cocaïne en Europe, en coopé­ra­tion avec des groupes hollan­dais, anglais, espa­gnols et nigé­rians. Les Pays-Bas et l’Es­pagne sont les prin­ci­paux centres de distri­bu­tion de l’Eu­rope. cocaine_2 Les plus grosses saisies de cocaïne dans le monde. Crédits : Obser­va­toire euro­péen des drogues et des toxi­co­ma­nies. Il semble que les trafiquants préfèrent désor­mais tran­si­ter par les Caraïbes plutôt que par l’Amé­rique centrale avant d’al­ler en Europe, tandis que par le passé les orga­ni­sa­tions crimi­nelles préfé­raient se tour­ner vers l’Amé­rique centrale avant de traver­ser l’At­lan­tique. La théo­rie selon laquelle les Caraïbes rede­viennent le lieu de tran­sit privi­lé­gié par rapport à l’Amé­rique Centrale date au moins de 2010. Des preuves ont depuis à la fois confirmé et réfuté cette théo­rie récente. Depuis quelques années, les auto­ri­tés mettent une pres­sion de plus en plus forte sur les orga­ni­sa­tions crimi­nelles en Amérique centrale et au Mexique. C’est ce qui semble être la raison pour laquelle les Caraïbes rede­viennent le lieu favori de tran­sit de la cocaïne, après avoir été popu­laire dans les années 1980. Pour­tant, si la route des Caraïbes appa­raît comme la plus impor­tante pour le fret en Europe, l’Amé­rique centrale reste le prin­ci­pal corri­dor pour l’en­voi de stupé­fiants vers l’Amé­rique du Nord. Aujourd’­hui, les tech­niques de trafic utili­sées par les orga­ni­sa­tions crimi­nelles pour contour­ner les efforts d’in­ter­dic­tions mis en place sont de plus en plus nombreuses et complexes. L’uti­li­sa­tion gran­dis­sante des conte­neurs mari­times pour dépla­cer la cocaïne démontre la façon dont les orga­ni­sa­tions crimi­nelles profitent de l’aug­men­ta­tion globale du trafic mari­time pour gérer leur busi­ness. Parmi les nouvelles tendances, une tech­nique appe­lée « rip-on/rip-off » est de plus en plus popu­laire. Elle repose sur l’uti­li­sa­tion d’agents portuaires corrom­pus qui glissent de la drogue dans des conte­neurs légaux, en brisant le sceau de sécu­rité et en le remplaçant par un autre, iden­tique à celui d’ori­gine. Dissi­mu­ler la cocaïne dans des marchan­dises péris­sables assure aussi à la drogue un passage des contrôles beau­coup plus rapide. cocaine_3 Les routes utili­sées par les trafiquants — Crédits : Obser­va­toire euro­péen des drogues et des toxi­co­ma­nies Il n’est d’ailleurs pas surpre­nant que les trafiquants de drogue profitent des routes mari­times, tant le commerce mari­time est un secteur négligé dans la lutte contre le crime orga­nisé, ce qui leur four­nit une couver­ture parfaite. En outre, la décon­trac­tion, la corrup­tion et le manque de moyens de nombreux ports rend les choses plus faciles encore pour les contre­ban­diers qui veulent faire passer leur marchan­dise par bateaux. C’est le cas notam­ment au Pérou, ou les trafiquants mexi­cains contrôlent les routes de la drogue du Paci­fique vers l’Eu­rope. La plus grande sévé­rité des auto­ri­tés et les contrôles de plus en plus fréquents obligent les orga­ni­sa­tions crimi­nelles à être créa­tives en perma­nence pour survivre. Parmi les nouvelles tech­niques de contre­bandes, on relè­vera par exemple l’in­ges­tion de liquide plutôt que de cocaïne en poudre et la dissi­mu­la­tion des drogues dans des implants mammaires. L’im­por­tance de l’Eu­rope dans le commerce mondial de la cocaïne n’est pas à prendre à la légère. Les marges sont de plus en plus élevées pour les trafiquants et le marché améri­cain est saturé, ce qui risque d’aug­men­ter encore son impor­tance dans les années à venir. Source : EMCDDA, Euro­pol Juarez → Brook­lyn. ↓ extradi

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