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Une compa­gnie minière fait explo­ser une grotte abori­gène vieille de 46 000 ans

par   Pablo Oger   | 29 mai 2020

Une compa­gnie minière vient de faire explo­ser un site abori­gène vieux de 46 000 ans en Austra­lie, et ce en toute léga­lité, révé­lait le Guar­dian le 26 mai. Plus de 7 000 arte­facts avaient été retrou­vés sur le site, dont une tresse vieille de 4 000 ans qui, selon les preuves ADN, appar­te­nait à un ancêtre direct des abori­gènes qui vivent encore dans cette région.

Un site cultu­rel vieux de 46 000 ans, d’une grande valeur archéo­lo­gique et sacré pour les indi­gènes d’Aus­tra­lie, a été détruit par la compa­gnie minière Rio Tinto qui étend sa mine de fer. L’acte de destruc­tion a été déli­bé­ré­ment fait avec la permis­sion du gouver­ne­ment austra­lien. La grotte était l’une des plus anciennes de la région occi­den­tale de Pilbara et le seul site à l’in­té­rieur des terres à présen­ter des preuves d’une occu­pa­tion conti­nue qui a duré jusqu’à la dernière période glaciaire.

Rio Tinto, la compa­gnie minière qui a détruit la grotte, a reçu l’au­to­ri­sa­tion de démo­lir le site sacré en 2013. « C’est l’un des sites les plus sacrés de la région de Pilba­ra… nous voulions que cette zone soit proté­gée », déploré Burchell Hayes, le direc­teur de la corpo­ra­tion abori­gène Puutu Kunti Kurrama et Pini­kura (PKKP) qui super­vise le terri­toire.

En 2014, une fouille archéo­lo­gique a été approu­vée afin que les cher­cheurs puissent récu­pé­rer les arte­facts à l’in­té­rieur de l’abri sous roche. Les fouilles ont révélé que le site était en fait deux fois plus vieux que les esti­ma­tions et qu’il conte­nait plus de 7 000 objets sacrés, dont des meules vieilles de 40 000 ans et des milliers d’os prove­nant de tas d’or­dures montrant des chan­ge­ments dans la faune sauvage au cours de la période préhis­to­rique. Pour l’ar­chéo­logue Michael Slack, qui a dirigé le projet, c’était une décou­verte unique.

Le 24 mai 2020, la grotte a été dyna­mi­tée par Rio Tinto pour faire place à l’ex­pan­sion de son exploi­ta­tion de mine­rai de fer. Ses trésors sont perdus à jamais.

Source : The Guar­dian

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