par Nicolas Prouillac | 26 janvier 2017

Les États-Unis mènent des opéra­­tions de rensei­­gne­­ment depuis l’époque de George Washing­­ton, mais ce n’est que depuis la Seconde Guerre mondiale qu’elles sont coor­­don­­nées à l’échelle du gouver­­ne­­ment. Même avant Pearl Harbor, le président Frank­­lin D. Roose­­velt s’inquié­­tait des faiblesses du rensei­­gne­­ment améri­­cain. Il a alors demandé à l’avo­­cat new-yorkais William J. Dono­­van de poser les bases d’une agence de rensei­­gne­­ment. Résul­­tat, l’Office of Stra­­te­­gic Services  (OSS, « Bureau des services stra­­té­­giques ») a été fondé en juin 1942, avec pour mission de collec­­ter et d’ana­­ly­­ser des infor­­ma­­tions stra­­té­­giques pour le compte du Comité des chefs d’États-majors inter­­ar­­mées, et de mener des opéra­­tions clan­­des­­tines sans néces­­sité de se coor­­don­­ner avec d’autres agences.

OSS-Training
Des hommes de l’OSS à l’en­­traî­­ne­­ment

Durant la guerre, l’OSS a joué un rôle impor­­tant en épau­­lant les campagnes mili­­taires améri­­caines. Mais le service n’a jamais super­­­visé l’en­­tiè­­reté des opéra­­tions de ce type à l’étran­­ger.


Depuis le début des années 1930, c’est le FBI qui avait la charge du rensei­­gne­­ment en Amérique latine, et les services de l’ar­­mée proté­­geaient leurs pré carrés dans le reste du monde. En octobre 1945, l’OSS a été supprimé et ses fonc­­tions ont été trans­­fé­­rées aux dépar­­te­­ments d’État et de la Guerre. Les respon­­sables améri­­cains voyaient cepen­­dant la néces­­sité d’éta­­blir un système de rensei­­gne­­ment centra­­lisé. Onze mois plus tôt, Dono­­van avait adressé au président Roose­­velt une propo­­si­­tion de sépa­­ra­­tion de l’OSS du Comité des chefs d’États-majors inter­­ar­­mées. Le bureau serait placé sous la super­­­vi­­sion directe du président. Dono­­van propo­­sait une « orga­­ni­­sa­­tion qui obtien­­drait ses rensei­­gne­­ments en usant de méthodes ouvertes ou couvertes, et qui aurait pour mission de four­­nir des conseils en rensei­­gne­­ment, de déter­­mi­­ner les objec­­tifs du rensei­­gne­­ment natio­­nal, et de corré­­ler les rensei­­gne­­ments collec­­tés par toutes les agences gouver­­ne­­men­­tales ». Il recom­­man­­dait la fonda­­tion d’une puis­­sante agence centra­­li­­sée pour coor­­don­­ner tous les services de rensei­­gne­­ment améri­­cains. Il propo­­sait égale­­ment que cette agence se voit octroyée l’au­­to­­rité néces­­saire pour mener des « opéra­­tions subver­­sives à l’étran­­ger », mais « sans fonc­­tions poli­­cières, sur le terri­­toire comme à l’étran­­ger ». Le plan de Dono­­van lui a attiré les foudres de l’ar­­mée, qui était oppo­­sée à la pers­­pec­­tive d’une telle fusion. Le dépar­­te­­ment d’État améri­­cain pensait que l’agence devrait super­­­vi­­ser toutes les opéra­­tions ayant trait aux rela­­tions étran­­gères en temps de paix.

Quant au FBI, il était en faveur d’un système dans lequel le rensei­­gne­­ment mili­­taire inter­­­na­­tio­­nal serait à la charge de services ratta­­chés à l’ar­­mée, tandis qu’il s’oc­­cu­­pe­­rait de toutes les opéra­­tions civiles. Pour tran­­cher le débat, le président Harry S. Truman a établi le Central Intel­­li­­gence Group en janvier 1946, en lui donnant pour mission de coor­­don­­ner les dépar­­te­­ments de rensei­­gne­­ment exis­­tant – en d’autres termes, de les complé­­ter, pas de les supplan­­ter. Tout cela sous la super­­­vi­­sion de la Natio­­nal Intel­­li­­gence Autho­­rity, compo­­sée d’un repré­­sen­­tant du président et des secré­­taires d’État, de la Guerre et de la Navy. Vingt mois plus tard, les deux services ont été suppri­­més à leur tour.

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Le président Truman préside une réunion du Conseil natio­­nal de sécu­­rité en 1948

C’est dans le cadre du Natio­­nal Secu­­rity Act de septembre 1947 que le Conseil de sécu­­rité natio­­nale (NSC) et l’Agence centrale du rensei­­gne­­ment (CIA) ont été fondés. Proche du projet de Dono­­van de 1944 et des direc­­tives prési­­den­­tielles ayant donné nais­­sance au Central Intel­­li­­gence Group, la loi char­­geait la CIA de coor­­don­­ner les opéra­­tions de rensei­­gne­­ment du pays et de relier, évaluer et dissé­­mi­­ner le rensei­­gne­­ment affec­­tant poten­­tiel­­le­­ment la sécu­­rité natio­­nale. Le direc­­teur de l’agence serait respon­­sable de la protec­­tion des sources et des méthodes du rensei­­gne­­ment. Au cours des années qui ont suivi, les liber­­tés confé­­rées à l’agence n’ont cessé de s’ac­­croître, auto­­ri­­sant dès 1949 une opacité totale des opéra­­tions de la CIA. Le CIA Act of 1949 l’a notam­­ment exemp­­tée de révé­­ler « l’or­­ga­­ni­­sa­­tion, les fonc­­tions, les noms, les postes, les salaires ou le nombre de ses employés ». Au fil des ans et jusqu’à aujourd’­­hui, ses opéra­­tions de rensei­­gne­­ment menées dans le monde entier ont donné lieu aux dérives et aux extra­­­va­­gances les plus inima­­gi­­nables. Outre les exac­­tions docu­­men­­tées par des jour­­na­­listes du monde entier, les 18 articles qui suivent témoignent des opéra­­tions les plus folles d’une agence gouver­­ne­­men­­tale qui n’a pas hésité à finan­­cer le trafic de drogue pour préci­­pi­­ter le renver­­se­­ment d’un gouver­­ne­­ment ou à envi­­sa­­ger sérieu­­se­­ment de trans­­for­­mer des chats en appa­­reils d’es­­pion­­nage sophis­­tiqués.   ulyces-ciasecret-01

Un ancien de la CIA raconte à son fils comment il obte­­nait ses infor­­ma­­tions

Dans les années 1960, l’au­­teur était adoles­cent et vivait avec ses parents en Israël. Son père vivait sous couver­­ture mais en réalité, il avait pour mission d’ob­­te­­nir des rensei­­gne­­ments sur l’avan­­cée du programme nucléaire israé­­lien pour le compte de Washing­­ton. pereespion-ulyces-01

Un jour­­na­­liste raconte la carrière de son père, maître-espion de la CIA

Un récit où s’en­­tre­­croisent une vie démen­­tielle et 60 ans d’his­­toire améri­­caine.

Ce rené­­gat de la CIA a fait de son fils un espion

Condamné pour avoir marchandé des infor­­ma­­tions confi­­den­­tielles aux Russes, l’agent de la CIA Jim Nichol­­son a formé son fils cadet pour qu’il reprenne le flam­­beau.

La CIA a docu­­menté la violente guérilla de la Corée du Nord dans les années 1960

À la fin des années 1960, le dicta­­teur de la Corée du Nord entre­­prit une violente guérilla qui s’achè­­ve­­rait avec une spec­­ta­­cu­­laire tenta­­tive d’as­­sas­­si­­nat. argo-ulyces-33

Argo : les secrets d’une des opéra­­tions les plus dingues de la CIA

Téhé­­ran, 1980. L’am­­bas­­sade améri­­caine est prise d’as­­saut. Tony Mendez va s’in­­fil­­trer dans le pays pour faire exfil­­trer des fugi­­tifs, déguisé en produc­­teur de film holly­­woo­­dien.   ulyces-ciasecret-02

Comment la CIA protège les acti­­vi­­tés de la Zone 51

Depuis un soir de 1947, un coin de désert du Nevada est devenu mythique. Entre théo­­ries déli­­rantes et véri­­tables mystères, bien­­ve­­nue dans la Zone 51.

Les 4 projets les plus fous de l’agence pendant la guerre froide

Au début des années 1960, la CIA a notam­­ment orga­­nisé l’es­­pion­­nage de ses alliés et de ses enne­­mies par… des chats.

Ovnis et pouvoirs psychiques : le plus dingue de 800 000 docu­­ments récem­­ment déclas­­si­­fiés

photoCes docu­­ments incluent des infor­­ma­­tions autre­­fois clas­­sées confi­­den­­tielles au sujet d’ap­­pa­­ri­­tions d’OVNI, d’ex­­pé­­ri­­men­­ta­­tions psychiques et d’autres sujets para­­nor­­maux.

Dans les années 1980, la Chine étudiait acti­­ve­­ment les super pouvoirs psychiques au vu et au su de la CIA

Si on vous disait que le gouver­­ne­­ment chinois a mené des expé­­riences sur des hommes dotés de super-pouvoirs, que la CIA était au courant et qu’ils ont préféré garder les résul­­tats secrets, vous serez proba­­ble­­ment tentés d’al­­ler voir le film au ciné. Sauf que c’est vrai.

Les meilleurs « dossiers ovnis » déclas­­si­­fiés par la CIA

Croyez-le ou non, mais l’Agence a parfois de l’hu­­mour. À l’oc­­ca­­sion du retour de la série X-Files en 2016, la CIA s’est replon­­gée dans ses vieux dossiers en rapport avec les OVNI pour réali­­ser un top 10 en hommage aux deux héros de la série.   ulyces-ciasecret-03

D’après la CIA, les États-Unis se sont trom­­pés sur le compte de Saddam Hussein

D’après l’ana­­lyste de la CIA qui a inter­­­rogé l’an­­cien dicta­­teur irakien, les États-Unis se sont grave­­ment trom­­pés sur Saddam Hussein et l’Irak. John Nixon a eu de nombreuses discus­­sions avec Saddam Hussein, après sa capture en 2003.

Un ancien agent de la CIA raconte la guerre froide entre l’Ara­­bie saou­­dite et l’Iran

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Mike Pompeo, le nouveau direc­­teur de la CIA
Crédits : Gage Skid­­more

Robert Baer craint que le pire reste à venir.

Cette boîte de com a réalisé de fausses vidéos d’Al Qaïda pour le compte de la CIA et du Penta­­gone

Engagé en 2006 par une agence de commu­­ni­­ca­­tion anglaise renom­­mée, ce monteur a travaillé à son insu pour la propa­­gande de l’ar­­mée améri­­caine en Irak.

Comment la Maison-Blanche a empê­­ché la CIA de tuer l’homme à l’ori­­gine du projet État isla­­mique

La montée de Daech aurait pu être évitée par les États-Unis – c’est ce que soutient le docu­­men­­taire The Secret History of ISIS, diffusé dans l’émis­­sion Front­­line sur PBS.

L’Agence déclas­­si­­fie des lettres écrites par Ben Laden

La CIA a rendu publiques 113 lettres saisies en mai 2011, lors du raid mené sur la maison de Ben Laden à Abbot­­ta­­bad, au Pakis­­tan.

Ce rapport de la CIA lève le voile sur la mort choquante d’un prison­­nier afghan

Le 19 novembre 2002, à 10 heures du marin, le détenu Gul Rahman a été retrouvé mort dans sa cellule de Salt Pit, une prison secrète de la CIA située au nord de Kaboul, en Afgha­­nis­­tan. Décédé moins d’un mois plus tard au cours de sa déten­­tion, les raisons de sa mort n’avaient pas été révé­­lées jusqu’ici.

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La prison secrète de la CIA connue sous le nom de code Salt Pit ou COBALT
Crédits : Google

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Comment la CIA a vendu du crack pour finan­­cer une guérilla de droite au Nica­­ra­­gua

1980. Guerre civile au Nica­­ra­­gua, appa­­ri­­tion du crack et d’un gamin de Los Angeles en quête d’ave­­nir. Un concours de circons­­tances qui allait boule­­ver­­ser l’Amé­­rique.

Un avion utilisé par la CIA a été recon­­verti en bar à tapas au Costa Rica

Au fond de la jungle costa­­ri­­caine qui borde le Paci­­fique, un avion Fair­­child C-123K Provi­­der, produit par l’US Air Force en 1954, s’est écrasé il y a bien long­­temps sur une colline du pays des Ticos. L’avion cargo était utilisé autre­­fois pour mener des opéra­­tions secrètes qui ont fait scan­­dale.

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L’in­­té­­rieur du Contras Bar
Crédits : Razvan Oren­­do­­vici

Couver­­ture : Le hall de la CIA à Langley.


 

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