À trois jours de la capitulation allemande, une improbable coalition de soldats américains, allemands et autrichiens est venue libérer les plus hautes sommités françaises détenues par le Reich.

par Servan Le Janne | 30 mars 2017

Quen­­tin Taran­­tino pour­­rait parler de la Deuxième Guerre mondiale pendant des heures. Dans le docu­­men­­taire rendant hommage au réali­­sa­­teur améri­­cain Samuel Fuller, tourné en 1996, on le voit s’en­­flam­­mer pour Steel Helmet, l’un des tout premiers films sur le conflit. En devi­­sant, il scrute les archives étagées au mur du garage de Fuller avec des yeux d’en­­fants. À 33 ans, le jeune scéna­­riste veut déjà mettre le sujet à l’écran. Mais tous les garages du monde ont été fouillés, tous les greniers retour­­nés. Les cinéastes ont creusé le sillon comme on travaille une tran­­chée. Pour se démarquer, son film à lui sera donc une fiction complète.

Treize ans plus tard, alors qu’Inglou­­rious Basterds sort en salles, une histoire aussi folle que cette fable ponc­­tuée par l’as­­sas­­si­­nat d’Hit­­ler refait surface. Réelle, celle-là. L’his­­to­­rien améri­­cain Stephen Harding est en train de retra­­cer les événe­­ments de la bataille du château d’It­­ter, en Autriche. Il n’en revient pas. Chaque pièce du puzzle qui prend forme devant lui est épique. À trois jours de la capi­­tu­­la­­tion alle­­mande, une impro­­bable coali­­tion de soldats améri­­cains, alle­­mands et autri­­chiens est venue libé­­rer les plus hautes sommi­­tés françaises captu­­rées par le Reich. Le château d’It­­ter se trouve ainsi pris d’as­­saut par leurs tanks, puis sous le feu nazi. Une vraie aven­­ture à la Taran­­tino que personne n’a encore racon­­tée.

Le château d’It­­ter, en Autriche

Le casting inclut deux anciens chefs de gouver­­ne­­ment français, un ex-président de la Répu­­blique, un des meilleurs tennis­­men mondiaux, la sœur du géné­­ral de Gaulle, l’an­­cien président du conseil italien, l’ex-secré­­taire de la CGT fraî­­che­­ment dissoute, le fils de George Clémen­­ceau et une poignée de pétai­­nistes. Harding a telle­­ment d’élé­­ments sur leur incroyable libé­­ra­­tion qu’il finit par publier un livre en 2013. Ce récit inédit, The Last Battle. When U.S. and German Soldiers Joined Forces in the Warning Hours of World War II in Europe, est sélec­­tionné parmi les best-sellers du New York Times. Il est aussi traduit en 12 langues. 68 ans après les faits. Le succès et le pitto­­resque de cette histoire attirent immanqua­­ble­­ment Holly­­wood.

En décembre 2015, The Picture Company et Studio­­ca­­nal achètent les droits de l’ou­­vrage pour en tirer un film. Un premier scéna­­rio est rédigé par Bryce Zabel. Nommé réali­­sa­­teur en janvier 2017, Peter Landes­­man se lance dans sa réécri­­ture. « Les premières scènes seront tour­­nées l’été prochain et le film sortira en 2018 », confie Stephen Harding. Pour l’heure, voici le récit de cette bataille mécon­­nue. « La seule où des Alle­­mands, des Français et des Améri­­cains ont combattu côte à côte. »

La forte­­resse

Une dernière forte­­resse se dresse devant le capi­­taine Lee ce 4 mai 1945. Du haut d’une colline du Tyrol autri­­chien, le gradé de l’ar­­mée améri­­caine observe avec appré­­hen­­sion les bastions de la petite ville de Kufstein. Ses hommes inspectent les lieux. Quelques jours plus tôt, ils prenaient part à la libé­­ra­­tion de Munich, alors que les Sovié­­tiques entraient à Berlin. Le IIIe Reich s’ef­­fondre comme un château de cartes. Mais Jack Lee craint qu’un réduit nazi se cache dans cette cita­­delle de la vallée de l’Inn. Vers 15 h 30, une bonne nouvelle arrive par la radio. Kufstein tombe aux mains des Alliés sans coup férir. Sur quoi, Lee reçoit l’ordre d’y établir une posi­­tion défen­­sive. Plus d’at­­taque à mener. Vu le piteux état des forces nazies, inca­­pables de faire autre chose que de battre en retraite, cela signi­­fie la fin des combats pour le 23e Bataillon de la 12e Divi­­sion armée du corps XXI de l’ar­­mée améri­­caine.

Le capi­­taine Jack Lee

À la Komman­­dan­­tur, l’am­­biance est tout autre. Après le suicide d’Hit­­ler, le 30 avril, Hein­­rich Himm­­ler, a émis l’ordre de tuer tout homme agitant un drapeau blanc. Le chef des SS somme les Alle­­mands de ne pas bais­­ser pavillon, tandis qu’il essaye de sauver sa peau en négo­­ciant en sous-main avec les Anglais et les Améri­­cains. En vérité personne n’est dupe, le régime succombe. Sitôt instal­­lés, les soldats de Jack Lee sortent le schnaps et le vin.

Quand soudain, une jeep de la Wehr­­macht s’avance vers eux, drapeau blanc en évidence. Un bon signe ? Intri­­gué, le capi­­taine décide de s’en­­tre­­te­­nir avec cet offi­­cier déser­­teur. À l’étrange sourire qu’il affiche en reve­­nant vers eux, les GI comprennent que la guerre n’est pas tout à fait termi­­née. Ce major alle­­mand, Josef Gangl, vient deman­­der de l’aide aux Améri­­cains qu’il a combat­­tus sur le front normand. Pas pour lui et sa ving­­taine d’hommes. Il s’agit de sauver des Français rete­­nus dans le château d’It­­ter, à quelques enca­­blures de là.

Plutôt que de rendre les armes, Gangl est prêt à les retour­­ner contre sa propre armée. Si Lee accepte son offre c’est en partie car les deux hommes « étaient les mêmes », explique Stephen Harding. « Ces soldats peu poli­­ti­­sés ont vu dans la mission d’It­­ter un travail à accom­­plir. Comme c’était le seul moyen de proté­­ger les Français, ils l’ont fait. » Au cours de ses recherches, l’his­­to­­rien rencontre le fils de Gangl. Le portrait du déser­­teur se précise. « Il était dans l’ar­­mée avant la guerre et n’a jamais adhéré au Parti nazi », appuie Harding. « C’était d’abord un soldat, puis un Alle­­mand. »

Jack Lee est d’au­­tant plus convaincu que les prison­­niers dont lui parle Gangl ne sont pas n’im­­porte qui. Ce château qui servait autre­­fois d’hô­­tel a été trans­­formé en prison pour VIP par les nazis. Derrières ses tours à créneaux se morfondent encore les anciens prési­­dents du conseil Édouard Dala­­dier et Paul Reynaud. Ils sont accom­­pa­­gnés du syndi­­ca­­liste Léon Jouhaux, du double vainqueur de Roland-Garros par ailleurs ministre des Sports de Vichy Jean Boro­­tra, des géné­­raux Maurice Gamblin et Maxime Weygand, du colo­­nel François de la Rocque, de Marie-Agnès de Gaulle et de quelques autres. Le président Albert Lebrun y est aussi passé. Un kaléi­­do­­scope poli­­tique très large. L’am­­biance devait être au moins aussi animée que dans les pires émis­­sions de télé-réalité.

Lorsque Édouard Dala­­dier est trans­­féré au château, le 2 mai 1943, il découvre avec émotion « deux rangs de prison­­niers, une quaran­­taine d’hommes au crâne rasé, vêtus de bour­­ge­­rons gris rayé de grandes bandes marron comme les forçats », selon son Jour­­nal de capti­­vité. Certains lancent des sourires amicaux à cet homme qui, après avoir signé les accords de Munich, s’était opposé au régime de Vichy.

Dix jours plus tard, son pire ennemi Paul Reynaud arrive accom­­pa­­gné de Jean Boro­­tra, resté fidèle à Pétain. Au premier, il n’adres­­sera pas la parole. Avec le second, il échan­­gera des balles de tennis. Car contrai­­re­­ment à ce que peut lais­­ser penser Dala­­dier, les condi­­tions de déten­­tion sont loin d’être mauvaises. « Bien que le château d’It­­ter dépen­­dît de l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion de Dachau, les prison­­niers y étaient bien trai­­tés », souligne Harding. « Ils mangeaient une nour­­ri­­ture correcte trois fois par jour, buvaient du vin, pouvaient fumer des ciga­­rettes. Leurs chambres ressem­­blaient à celles d’un hôtel, elle n’étaient fermées que la nuit. » Non seule­­ment il est possible de se prome­­ner dans la cour, mais aussi de s’exer­­cer.

Chaque matin, à 7 heures, Jean Boro­­tra fait son footing sous le regard admi­­ra­­tif de la garde nazie. De son côté, Paul Reynaud annonce à ses geôliers qu’il est « très bien ici ». Quant à Léon Jouhaux, il obtient sans mal que sa secré­­taire le rejoigne. Le 7 septembre 1943, tout ce petit monde arrose l’an­­ni­­ver­­saire de l’ar­­res­­ta­­tion de Dala­­dier avec une bouteille de cognac « et une magni­­fique boîte de berlin­­gots envoyée par ma sœur entre autres beaux cadeaux », écrit le « Taureau du Vaucluse ». Pour ces hommes, le pire était sans doute d’être enfer­­més avec des gens dont ils haïs­­saient les opinions ou la person­­na­­lité, juge Harding.

Les prison­­niers ne sont pas les seuls à festoyer. Le 22 avril 1944, alors que les obus alliés pleuvent sur Paris, la garni­­son d’It­­ter célèbre l’an­­ni­­ver­­saire du Führer. « Un soldat m’a raconté la soirée », rapporte Dala­­dier. « Bière, vin, et pour couron­­ner le tout une scène d’or­­gie à la romaine grâce à la présence de huit femmes dans le rôle des bacchantes. Mais ces soldats SS font cela debout. » Encore quelques mois et le sinistre Reich sera à genoux. De leurs chambres, les ex-digni­­taires français reçoivent la nouvelle du débarque­­ment par la radio le 6 juin. Peu à peu, le comman­­dant Sebas­­tian Wimmer se tend. Le 30 avril, il est rejoint par celui de Dachau, Eduard Weiter. Il vient d’y faire exécu­­ter 2 000 personnes. Au château, ce dernier se donne la mort le 2 mai.

La bataille

Profi­­tant de la confu­­sion, un élec­­tri­­cien yougo­­slave s’en­­fuit le lende­­main. Après avoir réussi là où Jean Boro­­tra avait échoué à plusieurs reprises, Zvono­­mir Cucko­­vic se rend à vélo jusqu’à Wörgl, sans savoir que ce village est encore infesté de SS. Par chance, il tombe sur l’unité de la Wehr­­macht diri­­gée par Josef Gangl. Lequel lui conseille de rejoindre Inns­­bruck, où la 103e Divi­­sion d’in­­fan­­te­­rie améri­­caine vient de s’ins­­tal­­ler. Mais pour être du bon côté de l’his­­toire, Gangl ne reste pas à rien faire. Muni de son drapeau blanc, il trouve Jack Lee à Kufstein le 4 mai. Celui-ci accepte d’en­­ga­­ger huit volon­­taires et deux tanks. En passant par Wörgl, ils sont ralliés par quelques résis­­tants autri­­chiens.

Le major alle­­mand Josef Gangl

Dans le même temps, Sebas­­tian Wimmer et ses hommes quittent le château avec armes et bagages. Il en reste cepen­­dant assez pour permettre aux rési­­dents de se défendre contre les SS qui traînent dans les collines envi­­ron­­nantes. Après avoir déminé un pont et dispersé un groupe d’Al­­le­­mands, l’équi­­pée de Gangl arrive à Itter.

Edouard Dala­­dier raconte : « Des coups de klaxon reten­­tissent. Nous nous préci­­pi­­tons et décou­­vrons un capi­­taine améri­­cain avec cinq ou six hommes, dans un tank. Appa­­raissent égale­­ment un major alle­­mand et 15 soldats qui sont venus volon­­tai­­re­­ment pour nous proté­­ger. Le capi­­taine Lee, l’Amé­­ri­­cain, a un visage gros­­sier, des manières rudes. Le major alle­­mand Gangl, au contraire, est très poli, digne et triste. Si la poli­­tique améri­­caine ressemble au capi­­taine Lee, l’Eu­­rope en verra de dures. Toasts, anima­­tion, deux jeunes Autri­­chiens résis­­tants avec bras­­sards et revol­­vers se joignent à nous. Surpre­­nante réunion. »

Les places dans les véhi­­cules étant trop rares pour évacuer tout le monde, le groupe décide d’at­­tendre les renforts d’Inns­­bruck. Mais les nazis commencent à affluer sur ordre d’Himm­­ler. Une nuit de tirs cède la place, au petit matin, à une jour­­née sanglante. La chambre vide de l’of­­fi­­cier Maurice Game­­lin est souf­­flée par un obus, alors qu’un tank améri­­cain est désin­­té­­gré. Reynaud, La Rocque, Clemen­­ceau et Boro­­tra contre-attaquent comme ils peuvent dans une sorte d’union sacrée. « Les prison­­niers français étaient assez âgés », remarque Harding. « Mais ils ont pris les armes ensemble en dépit de leurs désac­­cords. » Alors qu’il tentait de repé­­rer ses enne­­mis depuis un point d’ob­­ser­­va­­tion avec Jack Lee, Josef Gangl est mortel­­le­­ment touché par un sniper.

La défense des prison­­niers ploie sous les feu nourri des nazis. Un premier groupe en prove­­nance d’Inns­­bruck arrive alors aux abords du château. Il n’est composé que de quatre personnes, dont seule­­ment deux soldats. Le major améri­­cain John Kramer et le lieu­­te­­nant français Eric Lutten ont été envoyés en éclai­­reurs, flanqués du jour­­na­­liste Meyer Levin et du photo­­graphe Eric Schwab. Les repor­­ters parcourent les ruines nazies à bord de leur jeep « Spirit of Alpena », l’un pour docu­­men­­ter les camps de concen­­tra­­tion, l’autre à la recherche de sa mère. Avide­­ment. « Nous étions comme des ivrognes qui ne peuvent arrê­­ter de boire tant qu’il reste une goutte d’al­­cool dans la bouteille », dit Levin.

Par miracle, Schwab retrou­­vera sa mère au camp de Tere­­zin, en Répu­­blique tchèque. Vers midi, les défen­­seur du château arrivent à court de muni­­tions. Une situa­­tion qui pousse Lee à accep­­ter que Boro­­tra parte aller cher­­cher des renforts, en se jouant de la vigi­­lance des Alle­­mands. Mais le temps presse. Supé­­rieurs, ces derniers sont aux portes de la bâtisse peu avant 15 heures. « Ameri­­ka­­nische panzer ! » hurle soudain l’un d’eux, pris à revers par l’ar­­tille­­rie étasu­­nienne qui arrive enfin en renfort. En une seconde, les troupes du Reich s’éva­­nouissent dans la nature.

Le château en partie détruit par la bataille

La libé­­ra­­tion

Dans ses mémoires, Edouard Dala­­dier attri­­bue son sauve­­tage à « l’Al­­le­­mande dépor­­tée, qui travaillait au “château” sous les ordres de l’in­­ten­­dante ». Pour une raison mysté­­rieuse, il semble confondre Zvono­­mir Cucko­­vic, que tout le monde surnom­­mait André, avec une certaine Andrée : « Quand les Alle­­mands prirent la fuite en libé­­rant les prison­­niers, Andrée, au lieu de s’en­­fuir et se cacher, s’est rendue en bicy­­clette à Wörgl. À Wörgl, on se battait, dans la plus grande confu­­sion, entre Améri­­cains et SS. Sans s’émou­­voir, Andrée a été voir le major alle­­mand et lui a exposé la situa­­tion. Celui-ci a pris contact avec le capi­­taine améri­­cain et tous deux sont venus à notre secours. En d’autres temps, il serait diffi­­cile de croire une telle histoire. » Il ne croyait pas si bien dire. 

Quoi qu’il en soit, sans les efforts de Cucko­­vic, « qui sait ce qui serait advenu de la poli­­tique française ? », s’in­­ter­­roge Harding. La mort des prison­­niers aurait proba­­ble­­ment donné un visage diffé­rent au pays car certains ont exercé un rôle poli­­tique après guerre : Dala­­dier et Raynaud ont été dépu­­tés sous la IVe et Ve Répu­­bliques tandis que Léon Jouhaux a fondé Force ouvrière. Du reste, leurs mémoires ont donné une autre vision de la France sous l’oc­­cu­­pa­­tion. « Cette histoire a changé la façon avec laquelle le pays se regarde », juge Harding. « Elle montre que des figures de l’es­­ta­­bli­sh­­ment ont réussi à trou­­ver un moyen de travailler ensemble en dépit de leurs diffé­­rences. »

Quant à Gangl, il a semble-t-il sauvé sa répu­­ta­­tion in extre­­mis. « Le livre est popu­­laire en Alle­­magne », vante son auteur, « car Gangl n’était par un nazi barbare. Les Alle­­mands peuvent le voir comme un homme bien à une mauvaise époque. » Ses frères d’armes n’ont en revanche béné­­fi­­cié d’au­­cun trai­­te­­ment de faveur. Les soldats du bataillon alle­­mand qui s’est battu à Itter pour la libé­­ra­­tion de ses prison­­niers ont aussi été envoyés en réten­­tion après-guerre.

Marie-Agnès de Gaulle et un G.I.
Libé­­ra­­tion du château d’It­­ter

Bien qu’au­­réolé de cette victoire, Jack Lee a mal vécu son retour au pays. « Il était très bon en situa­­tion de conflit, mais malheu­­reu­­se­­ment, sa vie a mal tourné ensuite », dit pudique­­ment Harting. « Comme pour beau­­coup d’autres, d’ailleurs. Faire la guerre est bien sûr effrayant, mais cela peut aussi avoir un côté exci­­tant. » L’his­­to­­rien sait de quoi il parle : il a égale­­ment été repor­­ter en Irlande du Nord, en Bosnie et en Irak. « Mais par la suite, il arrive que des combat­­tants se rendent compte que c’est la seule chose qu’ils savent faire. » Réfu­­gié dans l’al­­cool, Jack Lee est mort en 1973 à l’âge de 54 ans.

La forte­­resse de Kufstein devant laquelle il fut rejoint par Gangl le 4 mai 1945 est deve­­nue la prison de Sebas­­tian Wimmer, le comman­­dant du château d’It­­ter, rattrapé par les Alliés alors qu’il tentait de fuir. Sa femme Thérèse a alors contacté les anciens prison­­niers français afin qu’ils inter­­­cèdent en sa faveur. Ce qu’ils firent. « Wimmer était logique­­ment consi­­déré comme un crimi­­nel de guerre et aurait dû être jugé pour son rôle dans des massacres à Dachau et au camp polo­­nais de Madja­­neck », écrit Harting dans son livre. « Mais de manière inex­­pli­­cable, il a été libéré en 1949. »

Trois ans plus tard, il mettait fin à ses jours à Dingol­­fling, en Bavière. Entre-temps, le château était rede­­venu l’hô­­tel qu’il était avant 1940. Il a gardé ses tours à créneaux et ses portes en bois. En venant du village, on y accède par le pont où sont passés les deux tanks améri­­cains. Inns­­bruck est à 70 kilo­­mètres, la fron­­tière alle­­mande à 30. La première fois qu’il en a entendu parler, Harding était histo­­rien de l’ar­­mée à Washing­­ton.

C’était il y a trois décen­­nies : « J’ai tout de suite mis les docu­­ments qu’un collègue m’avait confié de côté, car j’avais d’autres occu­­pa­­tions. » Le jeune homme couvre des conflits en Europe, recouvre ces archives avec d’autres papiers, et finit par retom­­ber dessus en 2004. Quatre ans plus tard, il publie un article dans une revue d’his­­toire. Quatre années supplé­­men­­taires s’écoulent avant qu’il ne décide d’en faire un livre. Une chance que personne d’autre ne se soit inté­­ressé au sujet. « Je pense que c’est en partie parce qu’il s’agit d’une petite histoire qui s’est passée dans les deux derniers jours d’une très longue guerre », dit-il aujourd’­­hui. Une petite histoire qui fera peut-être un grand film.

Cinq anciens prison­­niers autour du géné­­ral McAu­­liffe, de la 103e Divi­­sion d’in­­fan­­te­­rie
Paul Reynaud, Marie-Renée-José­­phine Weygand, Maurice Game­­lin, Edouard Dala­­dier et Maxime Weygand
Crédit : Natio­­nal Archives

Couver­­ture : Le château d’It­­ter, surmonté de fusils alle­­mand et améri­­cain. (Ulyces)


 

Premium WordP­ress Themes Down­load
Down­load WordP­ress Themes Free
Free Down­load WordP­ress Themes
Down­load WordP­ress Themes
free down­load udemy paid course
Download Best WordPress Themes Free Download
Download Best WordPress Themes Free Download
Download Premium WordPress Themes Free
Download WordPress Themes Free
free online course

Plus de monde