par Servan Le Janne | 18 mars 2018

Une personne formi­­dable

Un mantra arrive aux oreilles de Donald Trump, étouffé par le bruit d’un moteur d’hé­­li­­co­­ptère : « Monsieur le Président, Monsieur le Président ! » Tout juste sorti de sous un auvent, dans les jardins de la Maison-Blanche, le milliar­­daire est hélé par des jour­­na­­listes. Avant de s’en­­vo­­ler pour San Diego, ce 13 mars 2018, sa cravate rouge s’ar­­rête devant une forêt de micros. Il hurle pour se faire entendre – à moins que ce ne soit une habi­­tude. « Je travaille avec Mike Pompeo depuis main­­te­­nant pas mal de temps », déclare-t-il d’em­­blée, anti­­ci­­pant les ques­­tions.

Le portrait offi­­ciel de Gina Haspel
Crédits : CIA

Le matin même, la nomi­­na­­tion de cet ancien chef de la CIA au poste de secré­­taire d’État a été offi­­cia­­li­­sée sur Twit­­ter. Sa remplaçante a aussi été intro­­ni­­sée : « Gina d’ailleurs, que je connais très bien, avec qui j’ai travaillé, sera la première femme direc­­trice de la CIA », enchaîne Trump. « C’est une personne formi­­dable. » Dès son arri­­vée au poste de direc­­trice adjointe de l’agence de rensei­­gne­­ment, un an plus tôt, Gina Haspel a pour­­tant essuyé une pluie de critiques.

« Je suis préoc­­cupé par les rapports poin­­tant son impli­­ca­­tion dans la destruc­­tion de vidéos d’in­­ter­­ro­­ga­­toires conduits par la CIA, qui docu­­men­­taient son usage de le torture contre deux déte­­nus », s’est ému le séna­­teur Démo­­crate Shel­­don White­­house le 8 février 2017. « Mes collègues séna­­teurs, Ron Wyden et Martin Hein­­rich, ont cité des infor­­ma­­tions clas­­si­­fiées démon­­trant en quoi la nouvelle direc­­trice adjointe était “inadap­­tée” pour le poste et ont demandé la déclas­­si­­fi­­ca­­tion de ces infor­­ma­­tions. Je me joins à leur requête. » Les trois hommes ont bien sûr été écon­­duits.

Mardi 14 février 2017, Gina Haspel a été invi­­tée à témoi­­gner au procès des deux psycho­­logues ayant travaillé pour l’agence, Bruce Jessen et James Mitchell. Ces derniers étaient mis en cause devant la justice depuis 2015 par l’Ame­­ri­­can Civil Liber­­ties Union (ACLU), au nom des anciens déte­­nus Sulai­­man Abdul­­lah Salim, Moha­­med Ahmed Ben Soud et des repré­­sen­­tants de Gul Rahman, mort sous la torture en 2002. « Madame Haspel a exercé une fonc­­tion centrale dans les événe­­ments rappor­­tés par les plai­­gnants », a écrit l’avo­­cat des deux psycho­­logues, Brian Pasza­­mant, enten­­dant prou­­ver qu’ils ont agi sur ordre.

Le dépar­­te­­ment de la Justice s’est tout de suite opposé à l’au­­di­­tion de Gina Haspel. En son absence, les parties ont trouvé un accord, de sorte que le procès a pris fin le 17 août 2017. Ses termes sont restés secrets. Ils sont justes, estime David Cole, direc­­teur de l’ACLU et auteur du livre The Torture Memos: Ratio­­na­­li­­zing the Unthin­­kable. Pour Moha­­med Ben Soud, « justice a été rendue. C’était notre objec­­tif et nous voulions que les gens sachent ce qu’il s’est passé dans les geôles gérées par la CIA. » Ex-numéro 2 du Natio­­nal Clan­­des­­tine Service, un organe de la CIA mis sur pied après les atten­­tats du 11 septembre 2001, Gina Haspel et son supé­­rieur de l’époque, Jose Rodri­­guez, n’ont quant à eux pas été inquié­­tés.

Mais aujourd’­­hui, les griefs contre la sexa­­gé­­naire viennent du camp même de Donald Trump. « Voulez-vous vrai­­ment que la respon­­sable du water­­boar­­ding [un simu­­lacre de noyade] se retrouve à la tête de la CIA ? » a asséné le séna­­teur Répu­­bli­­cain Rand Paul mercredi 14 mars 2018. « Comment confier la direc­­tion de la CIA à quelqu’un qui a fait ça ? Lire la joie qu’elle éprou­­vait pendant les séances de water­­boar­­ding est vrai­­ment épou­­van­­table. » L’élu du Kentu­­cky fait réfé­­rence à une cita­­tion que lui prête l’an­­cien psycho­­logue de la CIA, James Elmer Mitchell, dans son livre de 2016 Enhan­­ced Inter­­ro­­ga­­tion: Inside the Minds and Motives of the Isla­­mic Terro­­rists Trying to Destroy America.

Abou Zoubay­­dah

« Beau travail », aurait-elle lancé à un détenu torturé, Abou Zoubay­­dah. « J’aime ta manière de baver. Ça fait plus réaliste. J’y crois presque. On n’ima­­gine pas un homme adulte faire ça. » Cette scène épou­­van­­table se serait dérou­­lée dans un camp de la CIA en Thaï­­lande. En 2002, Gina Haspel a été envoyée là-bas par Jose Rodri­­guez pour deve­­nir « la cheffe de la première prison secrète de l’agence pour les déte­­nus d’Al-Qaïda », d’après le lanceur d’alerte John Kiria­­kou. Cet ancien agent de la CIA a passé un an en prison pour avoir dévoilé des infor­­ma­­tions clas­­sées secret défense. Selon lui, « Gina et les gens comme elles l’ont fait parce qu’ils aimaient ça. Ils ont torturé pour tortu­­rer, pas pour recueillir de l’in­­for­­ma­­tion ».

L’an­­cien direc­­teur de la CIA, Michael Hayden, réplique que « Haspel n’a fait rien de plus et rien de moins que ce que la nation et l’agence lui ont demandé de faire, et elle l’a bien fait ». Est-ce à dire que la torture est une pratique commune pour les agents du rensei­­gne­­ment améri­­cain ? Elle n’est en tout cas pas récente.

L’as­­saut

Les visi­­teurs inat­­ten­­dus ne le sont jamais tout à fait à Faisa­­la­­bad. Située dans la province du Pendjab, au nord-est du Pakis­­tan, cette grande ville à l’ac­­ti­­vité inces­­sante accueille régu­­liè­­re­­ment des étran­­gers à la recherche de travail. Quand le chef de la police locale, Tsadiqui Hussain, reçoit l’ordre d’al­­ler arrê­­ter des « migrants illé­­gaux » le 27 mars 2002, il n’est donc guère étonné. Ça va vite chan­­ger. Peu après minuit, des membres des services secrets pakis­­ta­­nais débarquent, flanqués de mili­­taires de la CIA et du FBI.

Lour­­de­­ment armé, le commando donne l’as­­saut sur un groupe de maisons de la ville. Dans l’une d’elles, un homme tente de prendre la fuite par le toit après avoir poignardé un poli­­cier pakis­­ta­­nais au niveau du cou. Les balles fusent. Certaines viennent se loger dans la cuisse, le testi­­cule et l’es­­to­­mac du suspect. Les Améri­­cains mettent la main sur un Saou­­dien, iden­­ti­­fié comme le numéro trois ou quatre d’Al-Qaïda. « On nous le présen­­tait comme un des finan­­ciers des attaques du 11 septembre 2001 », détaille John Kiria­­kou. Dix millions de dollars ont été payés par la CIA, d’après une source interne, pour loca­­li­­ser Abou Zubay­­dah. L’otage est sale­­ment blessé.

« Il a presque été tué », indique John Kiria­­kou. L’agent de la CIA fait partie de son escorte vers l’hô­­pi­­tal : « Les méde­­cins pakis­­ta­­nais qui le soignaient m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu de bles­­sures aussi sévères sur un patient vivant. » Trans­­féré dans une clinique de Lahore, Abou Zubay­­dah découvre le visage de John Kiria­­kou en sortant du coma. À ses ques­­tions en arabe, le blessé répond en anglais. En anglais aussi, il lui demande de l’étouf­­fer avec un oreiller. « Nous avons un autre projet pour toi », répond l’agent.

Crédits : YouTube

Le 17 septembre 2001, six jours après l’at­­ten­­tat contre le World Trade Center, le président améri­­cain George W. Bush a signé un mémo secret auto­­ri­­sant la CIA à déte­­nir quiconque est suspecté de terro­­risme. Abou Zubay­­dah reste donc à l’en­­fer­­me­­ment sans passer devant un juge. Il embarque dans un avion pour le Maroc, le Brésil puis la Thaï­­lande. Son sort est scellé au cours d’une réunion, le 13 juillet 2002, entre des respon­­sables des deux grandes agences de rensei­­gne­­ment et de la prési­­dence : une « méthode d’in­­ter­­ro­­ga­­tion alter­­na­­tive » est mise sur pied.

« Deux ou trois mois après mon arri­­vée », a raconté Abou Zabay­­dah, « les inter­­­ro­­ga­­toires ont recom­­mencé, avec plus d’in­­ten­­sité. Ensuite la vraie torture a démarré. Deux boîtes en bois noir ont été amenées dans la pièce, à l’ex­­té­­rieur de ma cellule. L’une était grande, à peine plus que moi, et étroite. Elle mesu­­rait peut-être 1 m sur 75 cm et 2 m de hauteur. L’autre était plus petite, disons envi­­ron 1 m. J’ai été sorti de ma cellule et un des inter­­­ro­­ga­­teurs a serré une serviette autour de mon cou. Ils s’en sont ensuite servis pour me balan­­cer de gauche à droite et m’en­­voyer de façon répé­­tée contre les murs. On me frap­­pait aussi en continu le visage. Comme j’étais toujours enchaîné, les bous­­cu­­lades faisaient appuyer les chaînes sur mes chevilles. »

Gina Haspel est au courant. L’équipe thaï­­lan­­daise a effec­­tué « une répé­­ti­­tion géné­­rale », écrit-elle fin juillet dans un câble destiné à Washing­­ton. « Abou Zubay­­dah a été mis dans des boîtes de confi­­ne­­ment petites et grandes et soumis au water­­boar­­ding. » Quelques jours plus tard, elle se fend d’un nouveau message : « L’équipe est prête à passer au niveau supé­­rieur dès l’ap­­pro­­ba­­tion du quar­­tier géné­­ral. L’ac­­cord du dépar­­te­­ment de la Justice pour la prochaine étape, compre­­nant le water­­boar­­ding, a été sécu­­ri­­sée, mais le dernier mot revient au légis­­la­­teur. » Dans un mémo rédigé en août 2002, le substi­­tut du procu­­reur géné­­ral, Jay Bydee, auto­­rise les tech­­niques d’in­­ter­­ro­­ga­­toire comme le water­­boar­­ding, la priva­­tion de sommeil et les coups tant qu’elles n’ont pas pour inten­­tion de causer de sévères douleurs.

Les inter­­­ro­­ga­­toires de la CIA étaient brutaux et bien pires que ce que l’agence préten­­dait.

Sur une vidéo enre­­gis­­trée par la CIA, on voit des gardes verser de l’eau dans la bouche et le nez d’un Abou Zubay­­dah enchaîné à une civière, jusqu’à ce qu’il suffoque. Le prison­­nier de 31 ans implore leur pitié, répé­­tant qu’il ne sait rien des plans d’Al-Qaïda. En vain : jusqu’à son trans­­fè­­re­­ment à Guantá­­namo, en septembre 2003, il est soumis à 83 water­­boar­­dings. Le Saou­­dien perd son œil gauche. Appre­­nant qu’il rece­­vait des anti­­dou­­leurs, George W. Bush se serait écrié : « Qui a donné l’au­­to­­ri­­sa­­tion de lui donner des médi­­ca­­ments ? » Il n’en rece­­vra plus.

John Kiria­­kou a travaillé avec Gina Haspel « dans un centre anti-terro­­riste de la CIA » dont il préfère ne pas révé­­ler l’en­­droit. « Elle était surnom­­mée “Bloody Gina”[Gina la sanglante] », se souvient-il. L’agent n’a en revanche fait que croi­­ser les deux psycho­­logues enga­­gés par la CIA, Bruce Jessen et James Mitchell. Revenu du Pakis­­tan en 2002, il donne sa démis­­sion deux ans plus tard. « Je venais de divor­­cer et mes fils étaient avec mon ex-femme dans l’Ohio », explique-t-il.

L’ombre en lumière

Dans son isole­­ment, Abou Zubay­­dah n’était pas seul. Entre 2002 et 2004, 113 personnes ont été captu­­rées par la CIA. 39 ont été soumises à ce que l’agence appelle par euphé­­misme des « tech­­niques d’in­­ter­­ro­­ga­­tions amélio­­rées ». Cela comprend le water­­boar­­ding, la priva­­tion de sommeil, des épisodes de station debout prolon­­gée et l’ex­­po­­si­­tion au froid. L’Af­­ghan Gul Rahman est mort dans une prison secrète située dans les envi­­rons de Kaboul appe­­lée Salt Pit ou Cobalt. « Les inter­­­ro­­ga­­toires de la CIA étaient brutaux et bien pires que ce que l’agence préten­­dait », a conclu un rapport séna­­to­­rial en 2014. De plus, « l’usage de tech­­niques d’in­­ter­­ro­­ga­­tions amélio­­rées n’était pas un moyen effi­­cace d’ob­­te­­nir des infor­­ma­­tions correctes ou d’em­­por­­ter la colla­­bo­­ra­­tion des déte­­nus ».

La prison de Salt Pit, à Kaboul

Les méthodes employées se basent pour­­tant sur une épaisse litté­­ra­­ture scien­­ti­­fique. Dès 1963, la CIA commet un guide de 128 pages pour obte­­nir des infor­­ma­­tions de la part de « sources résis­­tantes ». Ce Kubark Manual enseigne que « la peur de la coer­­ci­­tion vient en géné­­ral davan­­tage à bout des résis­­tances que la coer­­ci­­tion elle-même. La menace d’in­­fli­­ger de la douleur, par exemple, peut entraî­­ner une peur plus dévas­­ta­­trice que la sensa­­tion immé­­diate de douleur. » Dans le livre de 1979, The Search for the “Manchu­­rian Candi­­date”: The CIA and Mind Control, le diplo­­mate John D. Marks révèle une grande quan­­tité d’ex­­pé­­ri­­men­­ta­­tions menées par l’agence. Celle-ci teste des drogues afin de faire parler les déte­­nus récal­­ci­­trants, sans beau­­coup de succès. Elle recourt aussi à des psycho­­logues.

Lorsqu’ils sont solli­­ci­­tés après le 11 septembre 2001, James Mitchell et Bruce Jessen ne se contentent néan­­moins pas de prendre de relais de leurs prédé­­ces­­seurs. « Les atten­­tats ont changé la manière de procé­­der de la CIA », indique David Cole. « C’est l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion Bush qui a créé un programme de torture. » À partir d’un manuel trouvé chez un infor­­ma­­ti­­cien du groupe terro­­riste à Manches­­ter en 2000, les deux psycho­­logues rédigent un docu­­ment inti­­tulé « Contre-mesures pour les tech­­niques de résis­­tance aux inter­­­ro­­ga­­toires d’Al-Qaïda ». Quoi qu’ils l’in­­tro­­duisent en préci­­sant ne déte­­nir aucune exper­­tise « en culture arabe et sur l’or­­ga­­ni­­sa­­tion Al-Qaïda », leur instruc­­tions font semble-t-il loi. Une note de la CIA issue de la prison de Cobalt, affirme que « Jim et Bruce vont trou­­ver les meilleures pres­­sions physiques et psycho­­lo­­giques néces­­saires à exer­­cer pour amener cet indi­­vidu à coopé­­rer aussi vite que possible ».

Restées jusqu’ici dans l’ombre, les prisons secrètes de la CIA sont dévoi­­lées par un article du Washing­­ton Post paru le 2 novembre 2005. Jose Rodri­­guez ordonne alors à Gina Haspel de détruire les 92 vidéos d’in­­ter­­ro­­ga­­toires, dont celle d’Abou Zubay­­dah. Inter­­rogé à propos des soupçons de torture qui pèsent sur la CIA, George W. Bush conti­­nue de nier. John Kiria­­kou ne le supporte pas. Dans une inter­­­view publiée par ABC News le 10 décembre 2007, l’an­­cien agent décrit l’ar­­res­­ta­­tion de Abou Zubay­­dah et ses séances de torture. Le Saou­­dien n’était pour­­tant pas un hiérarque d’Al-Qaïda, ni même un de ses combat­­tants. Tout juste a-t-il obtenu des docu­­ments pour certains d’entre-eux. Mais tout porte à croire qu’il ne mentait pas lorsqu’il assu­­rait ne rien savoir.

John Kiria­­kou
Crédits : Twit­­ter

À son arri­­vée au pouvoir le 20 janvier 2009, Barack Obama ordonne la ferme­­ture des prisons secrètes de la CIA et inter­­­dit les inter­­­ro­­ga­­toires coer­­ci­­tifs. « La loi améri­­caine a toujours inter­­­dit la torture en accord avec le droit inter­­­na­­tio­­nal », précise David Cole. « Mais l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion Obama et le Congrès ont rédigé une loi dispo­­sant que n’im­­porte quel détenu ne peut pas être soumis à des méthodes qui ne sont pas listées dans un “manuel de terrain de l’ar­­mée”. » Tout ce qui ne s’y trouve pas est par consé­quent clai­­re­­ment exclu. « Nous ne pouvons pas être tout à fait sûr que les tortures ont cessé, mais aucun témoi­­gnage de water­­boar­­ding n’a été rapporté depuis », observe le juriste.

Les efforts des Démo­­crates pour mettre fin aux sévices ne les ont pas empê­­chés de « lancer une guerre aux lanceurs d’alerte », déplore John Kiria­­kou. En plus d’avoir refusé de se pronon­­cer sur la destruc­­tion des vidéos d’in­­ter­­ro­­ga­­toires de CIA, en novembre 2010, le dépar­­te­­ment de la Justice engage des pour­­suites deux ans plus tard contre l’an­­cien agent, respon­­sable d’avoir révélé les noms de collègues. Personne n’est inquiété pour la mort de Gul Rahman. En revanche, peu après le début du procès, fin 2012, la commis­­sion séna­­to­­riale sur le rensei­­gne­­ment lance une enquête sur le programme de déten­­tion et d’in­­ter­­ro­­ga­­tion de la CIA. Lors de la publi­­ca­­tion, en 2014, Barack Obama recon­­naît que « ces tech­­niques ont causé un tort signi­­fi­­ca­­tif à l’Amé­­rique et ont rendu plus diffi­­cile la pour­­suite de nos inté­­rêts avec nos alliés et parte­­naires ».

Aujourd’­­hui, John Kiria­­kou ne dit pas autre chose. Non seule­­ment les agis­­se­­ments améri­­cains ont envoyé un mauvais messages aux alliés des États-Unis, mais ils ont selon lui alimenté la rhéto­­rique terro­­riste : « Les abus commis dans les prisons irakiennes sont des outils de recru­­te­­ments pour Al-Qaïda et l’État isla­­mique », regrette-t-il. Quand il a appris la nomi­­na­­tion de Gina Hagel, Kirka­­kou était « dégoûté ». « Je pense qu’elle ne sera pas inquiété, car c’est trop tard », ajoute-t-il. Il n’ex­­clut pas que la torture soit insti­­tuée à nouveau sous sa direc­­tion. « Tout peut arri­­ver avec Donald Trump », abonde David Cole. Pendant la campagne prési­­den­­tielle, en septembre 2016, le milliar­­daire avait affirmé qu’il souhai­­tait employer des tech­­niques « bien pires que le water­­boar­­ding ».


Couver­­ture : Les quar­­tiers géné­­raux de l’agence. (CIA)


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