par Simon Head | 3 mars 2016

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L’al­­lié Gius­­tra

Parmi les plus impor­­tantes et les plus lucra­­tives amitiés commer­­ciales que les Clin­­ton ont formées à travers la Fonda­­tion Clin­­ton et l’ONG Clin­­ton Global Initia­­tives figure le milliar­­daire cana­­dien Frank Gius­­tra. Grand dona­­teur de la fonda­­tion depuis de nombreuses années, Gius­­tra est devenu membre de son conseil et depuis 2007, il est le co-spon­­sor de la Clin­­ton Gius­­tra Sustai­­nable Growth Initia­­tive (« l’ini­­tia­­tive de crois­­sance durable Clin­­ton-Gius­­tra »), ou CGGI. À son tour, l’in­­fluence poli­­tique de Bill Clin­­ton et ses contacts person­­nels avec des chefs d’États étran­­gers ont été cruciaux pour les inté­­rêts inter­­­na­­tio­­naux de Gius­­tra. En septembre 2005, Bill Clin­­ton et Gius­­tra ont voyagé à Almaty, dans le sud-est du Kaza­­khs­­tan, pour rencon­­trer le président kazakh Nursul­­tan Nazar­­bayev. Durant leur entre­­tien, Clin­­ton a dit à Nazar­­bayev qu’il appuie­­rait la nomi­­na­­tion du Kaza­­khs­­tan à la prési­­dence de l’Or­­ga­­ni­­sa­­tion pour la Sécu­­rité et la Coopé­­ra­­tion en Europe (OSCE). L’OSCE est une orga­­ni­­sa­­tion qui a la respon­­sa­­bi­­lité de véri­­fier, entre autres choses, l’im­­par­­tia­­lité des élec­­tions parmi ses États membres. D’après de multiples sources, parmi lesquelles la BBC, le Washing­­ton Post et le New York Times, Nazar­­bayev convoi­­tait cette posi­­tion pour le Kaza­­khs­­tan avant tout comme une marque de respec­­ta­­bi­­lité diplo­­ma­­tique euro­­péenne pour son pays et pour lui-même.

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Bill Clin­­ton et le président kazakh Nursul­­tan Nazar­­bayev
Crédits : Shamil Zhuma­­tov

Le soutien de Clin­­ton à la nomi­­na­­tion du Kaza­­khs­­tan était pour le moins étrange au regard de la posi­­tion du pays au clas­­se­­ment de Trans­­pa­­rency Inter­­na­­tio­­nal, qui le range parmi les pays les plus corrom­­pus du monde : 126e à égalité avec le Pakis­­tan, la Biélo­­rus­­sie et le Hondu­­ras. L’or­­ga­­ni­­sa­­tion Free­­dom House à New York juge que le Kaza­­khs­­tan n’est pas un État libre – notam­­ment quand on voit que Nazar­­bayev remporte régu­­liè­­re­­ment les élec­­tions prési­­den­­tielles avec plus de 90 % des voix, une marge de victoire digne de l’ère sovié­­tique. Et pour­­tant, dans une lettre de décembre 2005 adres­­sée à Nabayev à la suite d’une de ses victoires toni­­truantes, Bill Clin­­ton écrit : « Voir que votre travail a reçu une mention excel­­lente est l’une des récom­­penses les plus impor­­tantes dans la vie. » Il est diffi­­cile de déter­­mi­­ner quelle influence, s’il en a eu, le soutien de Bill Clin­­ton a pu avoir sur les efforts du Kaza­­khs­­tan pour diri­­ger l’OSCE, mais en 2007, après que les États-Unis se sont pronon­­cés en faveur de la nomi­­na­­tion, le Kaza­­khs­­tan a été choisi comme prochain président de l’OSCE, poste auquel le pays a accédé en 2010. Les raisons poten­­tielles du soutien de Clin­­ton se font plus claires lorsqu’on examine les acti­­vi­­tés de Frank Gius­­tra.

Dans un article du New York Times daté du 31 janvier 2008, les jour­­na­­listes Jo Becker et Don Van Natta, Jr, ont fait la preuve détaillée que Nazar­­bayev avait fait peser son influence pour permettre à Gius­­tra de battre des concur­­rents plus quali­­fiés que lui pour décro­­cher un contrat de mines d’ura­­nium au Kaza­­khs­­tan d’une valeur de 350 millions de dollars. Dans une inter­­­view avec le Times, Moukh­­tar Dzaki­­shev, alors président de la société holding nucléaire d’État Kaza­­tom­­prom, a confirmé que Gius­­tra avait rencon­­tré Nazar­­bayev à Almaty, que Gius­­tra avait dit au dicta­­teur qu’il tentait de faire affaires avec Kaza­­tom­­prom, et qu’il lui avait dit en retour : « Très bien, allez-y. » L’ac­­cord a été conclu moins de 48 heures après le départ de Clin­­ton d’Al­­maty. Après cette visite couron­­née de succès en Asie centrale, Gius­­tra a fait don de 31 millions de dollars à la Fonda­­tion Clin­­ton. Puis il a fait un autre don à la fonda­­tion de 100 millions de dollars, en juin 2008. Dans un entre­­tien avec le jour­­na­­liste David Remnick pour un portrait du New Yorker paru en 2006, sur le Clin­­ton post-prési­­dence, Gius­­tra décri­­vait comment les liens qu’il entre­­te­­nait avec Clin­­ton pouvaient avoir un effet béné­­fique pour lui-même et ses inté­­rêts. Alors que Bill Clin­­ton était à ce moment-là à bord de son jet privé d’af­­faires pour un voyage en Afrique (« agré­­menté de mobi­­lier en cuir et d’une cabine person­­nelle », d’après le New Yorker), Gius­­tra a confié à Remnick : « Tous mes jetons, presque tous, je les dois à Bill Clin­­ton. C’est une marque à lui tout seul, une marque inter­­­na­­tio­­nale, et il peut faire et deman­­der des choses que personne d’autres ne peut. »

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Frank Gius­­tra et Bill Clin­­ton
Crédits : Frank Frank­­lin II

Amitiés colom­­biennes

La connexion entre Clin­­ton et Gius­­tra est deve­­nue plus impor­­tante encore en Colom­­bie, où dès 2005, Bill Clin­­ton a arrangé une série de rencontres entre Gius­­tra et le président d’alors Alvaro Uribe, durant lesquels Clin­­ton était régu­­liè­­re­­ment présent. Gius­­tra était déjà connu en Colom­­bie comme le fonda­­teur et bailleur de Paci­­fic Rubiales, une compa­­gnie de pétrole colom­­bienne lancée en 2003. En 2007, d’après le Wall Street Jour­­nal, Bill Clin­­ton a invité Uribe et Gius­­tra à venir lui rendre visite dans la maison des Clin­­ton à Chap­­paqua, dans l’État de New York. Ces rencontres étaient l’oc­­ca­­sion pour Gius­­tra de faire du lobbying auprès d’Uribe et de son admi­­nis­­tra­­tion pour le compte de Paci­­fic Rubiales, à un moment où l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion Uribe cher­­chait à mettre à terme à la domi­­na­­tion de la compa­­gnie de pétrole natio­­nale Ecope­­trol, et ouvrir le secteur à des inves­­tis­­seurs étran­­gers. Ces contacts semblent avoir porté leurs fruits pour Gius­­tra.

En 2007, Paci­­fic Rubiales a signé un contrat de 300 millions de dollars avec Ecope­­trol pour construire un pipe­­line de 250 kilo­­mètres entre les provinces de Meta et Casa­­nare, dans le centre de la Colom­­bie. La même année, Paci­­fic Rubiales a égale­­ment mis la main sur les champs de pétrole de Rubiales, les plus grands de Colom­­bie. Uribe était un inter­­­lo­­cu­­teur singu­­lier pour Clin­­ton et Gius­­tra. Le chef d’État colom­­bien avait été consi­­déré par l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion Bush comme un allié crucial dans la guerre contre les drogues, dans laquelle la Colom­­bie a souvent été tenue comme un exemple de succès. Pour­­tant, Uribe et ses alliés poli­­tiques entre­­te­­naient de vieilles accoin­­tances avec les cartels de la drogue colom­­biens. Un rapport de rensei­­gne­­ments de 1991 émis par l’Agence de rensei­­gne­­ment du dépar­­te­­ment de la Défense améri­­cain (DIA), déclas­­si­­fié en août 2004, décri­­vait Uribe comme « un homme poli­­tique et séna­­teur colom­­bien dévoué à la colla­­bo­­ra­­tion avec le cartel de Medel­­lin dans les hautes sphères du gouver­­ne­­ment. (…) Uribe était impliqué dans une entre­­prise impliquant des acti­­vi­­tés narco­­tiques aux États-Unis. Il a travaillé pour le cartel de Medel­­lin » et c’est « un ami intime de Pablo Esco­­bar Gavi­­ria », le légen­­daire baron de la drogue.

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La deuxième plus grande compa­­gnie pétro­­lière de Colom­­bie
Crédits : Paci­­fic Rubiales

Un rapport de 2011 de Human Rights Watch sur des événe­­ments de 2010 produit des preuves détaillées du fait qu’U­­ribe n’était pas lavé de ce passé empoi­­sonné lorsqu’il faisait affaires avec Clin­­ton et Gius­­tra. Le rapport décri­­vait l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion du président Uribe comme « dévas­­tée par des scan­­dales à propos d’as­­sas­­si­­nats extra­­ju­­di­­ciaires exécu­­tés par l’ar­­mée, un proces­­sus de démo­­bi­­li­­sa­­tion para­­mi­­li­­taire haute­­ment remis en ques­­tion, et des abus perpé­­trés par le service de rensei­­gne­­ment natio­­nal », qui a parti­­cipé à la surveillance illé­­gale de défen­­seurs des droits de l’homme, de jour­­na­­listes, de poli­­ti­­ciens de l’op­­po­­si­­tion, et de juges de la Cour suprême. Hillary Clin­­ton était au courant de ces viola­­tions des droits de l’homme lorsque, en tant que secré­­taire d’État, elle a pris part à une rencontre entre Bill Clin­­ton, Gius­­tra et Uribe durant un voyage à Bogota, la capi­­tale colom­­bienne, en juin 2010. Dans un email trans­­mis à la Secré­­taire Clin­­ton par l’am­­bas­­sade améri­­caine à Bogota, le repré­­sen­­tant du Massa­­chu­­setts Jim McGo­­vern mettait en garde que « tant qu’elle est en Colom­­bie, la chose la plus impor­­tante que madame la Secré­­taire puisse faire c’est d’évi­­ter de faire l’éloge du président Uribe ». Hillary Clin­­ton a choisi d’igno­­rer l’aver­­tis­­se­­ment. En parlant d’Uribe dans le discours limi­­naire de la visite, Clin­­ton l’a décrit comme « un parte­­naire essen­­tiel des États-Unis », dont « la déter­­mi­­na­­tion à bâtir de solides insti­­tu­­tions démo­­cra­­tiques en Colom­­bie » lais­­se­­rait « un héri­­tage de grand progrès qui fera date dans l’his­­toire ».

Durant sa visite, Clin­­ton a égale­­ment affirmé son soutien d’un accord de libre marché entre les États-Unis et la Colom­­bie, dont Gius­­tra et d’autres riches inves­­tis­­seurs tire­­raient un grand béné­­fice. Cela contre­­di­­sait son oppo­­si­­tion à cet accord, qu’elle avait mis en avant durant sa campagne prési­­den­­tielle de 2008, à cause du non-respect des droits de l’homme de la Colom­­bie, tout parti­­cu­­liè­­re­­ment concer­­nant les droits des orga­­ni­­sa­­tions syndi­­cales. Depuis le deal de Gius­­tra, il y a aussi eu des plaintes à propos du trai­­te­­ment des ouvriers dans les champs de pétrole colom­­biens de Paci­­fic Rubiales, qui ont été la cible de nombreuses grèves et de procès inten­­tés par des groupes en faveur des ouvriers. Dans un discours d’août 2011 au Sénat colom­­bien, Jorge Robledo, le leader du parti Polo Demo­­cra­­tico Alter­­na­­tivo au Sénat colom­­bien, a décrit les quar­­tiers de vie des employés de Paci­­fic Rubiales « pareils à des camps de concen­­tra­­tion », avec des quarts de travail dépas­­sant parfois 16 heures par jour pendant des semaines, des infra­s­truc­­tures sani­­taires déplo­­rables et des lits parta­­gés – sans comp­­ter que la compa­­gnie confiait à un tiers la gestion des bureaux d’em­­bauche syndi­­caux pour éviter la syndi­­ca­­li­­sa­­tion et le paie­­ment des pensions et des avan­­tages santé. En avril 2015, Peter Volk, direc­­teur juri­­dique de Paci­­fic Rubiales, a nié ces accu­­sa­­tions, en répliquant que la compa­­gnie « respecte inté­­gra­­le­­ment les droits de ses ouvriers et demande des compa­­gnies avec lesquelles elle traite de faire de même ».

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Hillary Clin­­ton pour­­rait être la prochaine prési­­dente des États-Unis
Crédits : Marc Nozell

Le bilan du Système Clin­­ton soulève des ques­­tions profondes quant au fait de savoir si la prési­­dence d’Hillary Clin­­ton serait placée sous le sceau de l’in­­fluence gran­­dis­­sante des inté­­rêts des grandes compa­­gnies et des banques de Wall Street. Le prochain (ou la prochaine) président(e) des États-Unis devra répondre à des problèmes écono­­miques et sociaux critiques, parmi lesquels la stag­­na­­tion des reve­­nus de la classe moyenne, les évasions fiscales qui permettent aux fonds d’in­­ves­­tis­­se­­ment et autres membres de la classe très restreinte des super-riches d’être impo­­sés à de plus bas niveaux que la plupart des Améri­­cains, ainsi que la montée en flèche des coûts d’une éduca­­tion supé­­rieure dans ce pays. Et par-dessus tout, il y a la ques­­tion d’une réforme en profon­­deur de Wall Street et du système bancaire pour éviter la récur­­rence du compor­­te­­ment qui a mené à la grande réces­­sion de 2007–2008. Jusqu’ici, Hillary Clin­­ton a refusé de s’en­­ga­­ger à réin­­tro­­duire le Glass-Stea­­gall Act de l’époque de la Grande Dépres­­sion, que Bill Clin­­ton a permis de faire abro­­ger en 1999 sur le conseil de Démo­­crates entre­­te­­nant des liens étroits avec Wall Street, parmi lesquels Robert Rudin et Larry Summers. La réin­­tro­­duc­­tion du Glass-Stea­­gall Act, en faveur de laquelle s’est prononcé Bernie Sanders, empê­­che­­rait les banques de spécu­­ler sur des produits finan­­ciers déri­­vés, l’une des causes majeures du crash bour­­sier de 2007–2008. Au vu de la préémi­­nence des banques de Wall Street dans les sources de collecte de fonds des Clin­­ton, peut-on imagi­­ner qu’Hillary Clin­­ton réfor­­mera les banques plus en profon­­deur que la loi Dodd-Frank de 2010, aux résul­­tats modestes ?


Traduit de l’an­­glais par Audrey Previ­­tali et Nico­­las Prouillac d’après l’ar­­ticle « The Clin­­ton System », paru dans la New York Review of Books. Couver­­ture : Hillary et Bill Clin­­ton.


UN WEEK-END AVEC BERNIE SANDERS

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I. Bernie n’est pas d’ac­­cord

La toute première ques­­tion qu’on pose à Bernie lors de sa toute première assem­­blée locale en Iowa vient d’un jeune homme barbu qui porte un t-shirt à l’ef­­fi­­gie de Green Lantern. Il veut savoir ce que le candi­­dat a l’in­­ten­­tion de faire quant à la régle­­men­­ta­­tion du poker en ligne, s’il est élu président. « Je vais être très honnête avec vous : ça n’est pas une ques­­tion à laquelle j’ai beau­­coup songé », répond du tac au tac Bernie Sanders, 73 ans, séna­­teur du Vermont depuis 2007. Il fait une pause puis marmonne : « Il me semble qu’un de mes enfants joue beau­­coup au poker. Si la ques­­tion est de savoir si les grandes entre­­prises peuvent arnaquer les joueurs de poker, la réponse est non. Vous voyez ce que je veux dire ? Une des choses que vous appre­­nez en tant que séna­­teur améri­­cain, c’est que tout problème a une solu­­tion. »

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Bernie Sanders s’adresse à ses conci­­toyens
Crédits : Gage Skid­­more

Sanders a les cheveux parti­­cu­­liè­­re­­ment blancs et une façon brutale de s’ex­­pri­­mer. Son débit de parole et son fort accent de Brook­­lyn rappellent étran­­ge­­ment Larry David. Ou, plus préci­­sé­­ment, Larry David imitant Georges Stein­­bren­­ner dans Sein­­feld. « On a beau­­coup plus écrit sur mes cheveux que sur mon programme d’in­­fra­s­truc­­ture ou mon programme pour l’édu­­ca­­tion supé­­rieure – pas de ques­­tion là-dessus », s’en plain­­dra Sanders auprès de moi plus tard. En ce jeudi soir de mai, Sanders prononce un discours à l’uni­­ver­­sité privée catho­­lique Saint  Ambroise de Daven­­port, dans l’Iowa. Par pur hasard, Rick Santo­­rum se trouve lui-aussi à Daven­­port, pour lancer sa campagne de 2016 en Iowa. D’après le registre de la ville de Des Moines, le discours de Santo­­rum a attiré envi­­ron 80 personnes. Ce sont près de 700 personnes qui se sont dépla­­cées pour Sanders – la meilleure perfor­­mance réali­­sée par un candi­­dat en Iowa durant cette campagne élec­­to­­rale. La montée d’un candi­­dat à gauche du favori est presque deve­­nue une habi­­tude en tout début des primaires démo­­crates : Bill Brad­­ley en 2000, le compa­­gnon de Sanders du Vermont, Howard Dean, en 2004, Barack Obama en 2008. Mais Sanders se situe à gauche de tous ces révol­­tés. Son adver­­saire, Hillary Clin­­ton, serait la première femme à être élue prési­­dente des États-Unis ; Sanders serait le premier président à se décla­­rer ouver­­te­­ment socia­­liste. Il attire l’at­­ten­­tion de ses conci­­toyens sur l’Eu­­rope, en parti­­cu­­lier sur la Scan­­di­­na­­vie, en expliquant comment on pour­­rait mettre les choses en pratique : avec des programmes d’aide sociale géné­­reux assu­­rant un revenu mini­­mum pour tous, mis en appli­­ca­­tion rapi­­de­­ment par un gouver­­ne­­ment fort et actif, et financé par des taxes plus élevées sur les grandes entre­­prises, ainsi que par la réduc­­tion des dépenses inutiles dans des secteurs comme, disons, les deux milliards de dollars pour la guerre en Irak.

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