par Sune Engel Rasmussen | 3 décembre 2014

Nichée entre les chaînes monta­­gneuses de l’Hin­­dou Kouch et du Koh-i-Baba, dans les hauts plateaux du centre de l’Af­­gha­­nis­­tan, Bâmiyân est une ville paisible, d’abord modeste.

bamiyan-afghanistan-ulyces-02
Moham­­mad Reza Ibra­­him
Tête pensante du tourisme afghan
Crédits : Sune Engel Rasmus­­sen

L’après-midi, quand les collines baignent dans une lueur dorée, les hommes reviennent des champs pour se plon­­ger dans les odeurs de kebab de la rue prin­­ci­­pale. Les garçons, juchés sur des motos iraniennes bon marché, arrosent les étals sur le bord de la route, recou­­vrant les légumes d’une fine couche de pous­­sière. Aujourd’­­hui, les habi­­tants de Bâmiyân possèdent une chose que la plupart des Afghans leur envient : la paix. Elle est une compo­­sante essen­­tielle dans le projet de Moham­­mad Reza Ibra­­him. Sous ses fausses Ray-Ban noires et son chapeau en paille Marl­­boro, Ibra­­him, comme la plupart des hommes de la ville âgés de moins de 40 ans, garde ses joues soigneu­­se­­ment rasées. Son anglais est fluide, et il ne se départ jamais de son atti­­tude amicale. Ajou­­tons qu’il n’est pas du genre à se défi­­ler face à la diffi­­culté. En tant que respon­­sable de l’as­­so­­cia­­tion de tourisme locale, Ibra­­him est la tête pensante et la cheville ouvrière d’un programme visant à convaincre les étran­­gers de venir visi­­ter Bâmiyân. La ville est deve­­nue mondia­­le­­ment célèbre pour avoir été le théâtre d’un des pires actes de terro­­risme cultu­­rel de l’his­­toire récente. Après des années de rela­­tive stabi­­lité, Bâmiyân désire ouvrir son patri­­moine cultu­­rel aux intré­­pides voya­­geurs dési­­reux de voir autre chose de l’Af­­gha­­nis­­tan que la guerre. « Bâmiyân possède un grand poten­­tiel touris­­tique, explique Ibra­­him. Elle se démarque des autres provinces d’Af­­gha­­nis­­tan. Quand vous venez à Bâmiyân, vous vous sentez en toute sécu­­rité. »

La Route de la soie

bamiyan-afghanistan-ulyces-12
Carte de l’Af­­gha­­nis­­tan
Bâmiyân n’est situé qu’à une centaine de kilo­­mètres de la capi­­tale

Ibra­­him peut citer assez d’at­­trac­­tions pour que le piège à touristes moyen souffre de la compa­­rai­­son avec Bâmiyân. Certes, l’en­­droit est avant tout réputé pour ses boud­d­has monu­­men­­taux, détruits sous le règne des tali­­bans. Mais il abrite égale­­ment les ruines d’une magni­­fique cité ancienne, des grottes ornées des plus vieilles pein­­tures à l’huile du monde, et le premier parc natio­­nal d’Af­­gha­­nis­­tan. L’hi­­ver, quand la tempé­­ra­­ture descend bien en-dessous de zéro et que la plupart des hôtels sont fermés à cause de cana­­li­­sa­­tions gelées, Bâmiyân peut s’enor­­gueillir de possé­­der la seule piste de ski du pays – sans remon­­tées méca­­niques ni acti­­vi­­tés de loisirs. Ibra­­him a condensé toutes ces infor­­ma­­tions dans un discours promo­­tion­­nel effi­­cace, qu’il me livre à plusieurs reprises au cours des deux jours que nous passons ensemble. Mais je suis jour­­na­­liste, et déjà sur place. Il est autre­­ment plus diffi­­cile d’at­­ti­­rer les touristes depuis l’ex­­té­­rieur du pays. En Afgha­­nis­­tan, où les atten­­tats-suicides sont hélas encore monnaie courante, on s’ef­­force géné­­ra­­le­­ment d’évi­­ter les foules. Mais je n’ai pas le choix. Alors que je suis en train de prendre des clichés, j’en­­tends des beugle­­ments dans mon dos. Des hommes se rapprochent de moi et je suis bien­­tôt plongé dans une four­­naise humide de corps bron­­zés baignés de sueur. On me marche sur les pieds, des coudes s’en­­foncent dans mes côtes. La raison de ce tumulte : un combat de lutte qui soulève les passions. Dans une vallée du parc natio­­nal Band-e Amir, le meilleur – et le plus lourd – des lutteurs de Bâmiyân affronte Ali Ahmad, un type maigri­­chon d’un village voisin. Ali Ahmad agrippe ferme­­ment le short de l’homme replet tandis qu’I­­bra­­him surveille le combat, sautillant autour des lutteurs avec un sifflet à la bouche. Après cinq minutes de respi­­ra­­tions hale­­tantes, Ali Ahmad amorce un pas rapide sur la gauche. Avant que le grand gaillard puisse réta­­blir son équi­­libre, il lui propulse son épaule dans l’ais­­selle et lui crochète la jambe. L’homme tombe à terre et tous deux dispa­­raissent dans un nuage de pous­­sière. La foule se presse, soulève Ali Ahmad du sol et c’est sur une masse de feule­­ments et d’ap­­plau­­dis­­se­­ments qu’il est emporté.

Si les Hazâ­­ras afghans subissent toujours des discri­­mi­­na­­tions, leur sort s’est nette­­ment amélioré.

Au moment où je visite Bâmiyân, le sixième festi­­val de la Route de la soie bat son plein. Cette célé­­bra­­tion annuelle de la culture locale hazâra se compose d’un mélange bancal mais réjouis­­sant, fait de concerts, de pièces de théâtre, de poèmes, de spec­­tacles humo­­ris­­tiques, de démons­­tra­­tions arti­­sa­­nales et de jeux tradi­­tion­­nels, dont la lutte. Les Hazâ­­ras repré­­sentent 10 à 15 % de la popu­­la­­tion afghane et doivent, depuis cinq siècles, faire face à une oppres­­sion plus ou moins forte de la part des diri­­geants du pays. Consi­­dé­­rés comme des descen­­dants des Mongols, ils vivent pour la plupart dans les hauts plateaux du centre de l’Af­­gha­­nis­­tan, bien que des siècles de dépla­­ce­­ments aient conduits nombre d’entre eux au Pakis­­tan ou en Iran. Nombre d’entre eux se sont égale­­ment implan­­tés à Kaboul, dont ils forment envi­­ron un quart de la popu­­la­­tion. Beau­­coup de Hazâ­­ras, chas­­sés de la région par les tali­­bans, sont retour­­nés à Bâmiyân depuis que ces derniers ont été évin­­cés du pouvoir en 2001. Le président sortant Hamid Karzai a fait preuve de tolé­­rance vis-à-vis des mino­­ri­­tés, et si les Hazâ­­ras afghans subissent toujours des discri­­mi­­na­­tions, leur sort s’est nette­­ment amélioré. Plusieurs ministres du gouver­­ne­­ment de Karzai sont hazâ­­ras, de même qu’un des candi­­dats à la vice-prési­­dence lors des élec­­tions de cette année (Moham­­mad Sarwar Danish, élu second vice-président en septembre 2014, ndt). Le festi­­val de la Route de la soie comprend aussi des spec­­tacles d’ar­­tistes d’autres provinces. Des Hazâ­­ras de la province voisine de Deykandi exécutent une danse tradi­­tion­­nelle avec des bâtons, tandis qu’une douzaine d’hommes pach­­tounes montrent au public une danse typique de Paktiyâ. Mais ce sont les compé­­ti­­tions qui attirent le plus de spec­­ta­­teurs. Envi­­ron 2 000 d’entre eux se massent pour assis­­ter au concours de langi, une sorte de course sur une jambe où deux équipes de dix joueurs s’af­­frontent à qui jettera l’autre à terre, le tout en gardant un pied dans le dos.

bamiyan-afghanistan-ulyces-04
Sécu­­rité réduite
Festi­­val de la Route de la soie
Crédits : Sune Engel Rasmus­­sen

La sécu­­rité est réduite, ce qui est inha­­bi­­tuel en Afgha­­nis­­tan. Les rares forces de main­­tien de l’ordre visibles semblent moins occu­­pées à contrô­­ler la foule qu’à aider Ibra­­him à conte­­nir les équipes de tir à la corde, qui tirent à s’en faire écla­­ter les veines. Sur une colline en surplomb de la ville, Abbas Neshat joue du danbur sur scène, un instru­­ment tradi­­tion­­nel à deux cordes. Il tambou­­rine sur le corps de l’ins­­tru­­ment et gratte les cordes d’un mouve­­ment d’en­­semble des quatre doigts. L’ef­­fet évoque le son d’une guitare flamenca. Avec son visage poupin et sa voix suave de ténor, Neshat est le chou­­chou de la foule. Il est célèbre pour avoir parti­­cipé à « Afghan Star », un concours de talents diffusé sur la télé­­vi­­sion natio­­nale. Il est ovationné par les hommes qui dansent en cercles autour de lui. Les tali­­bans ont détruit la montagne à coups de dyna­­mite, mais ils n’ont pas pu tuer la musique.

Capi­­tale cultu­­relle

D’or­­di­­naire, l’at­­mo­­sphère de Bâmiyân est plus paisible. Il n’est guère besoin de s’éloi­­gner pour se retrou­­ver entiè­­re­­ment isolé. La quasi-tota­­lité des routes qui sortent de Bâmiyân débouchent sur une vaste éten­­due sauvage à ciel ouvert. Depuis le siège arrière de la Corolla blanche d’Ibra­­him, je vois la vallée de Bâmiyân se rétré­­cir au fur et à mesure que nous progres­­sons vers l’ouest, sur une route bordée de hautes falaises. Au bout d’une petite centaine de kilo­­mètres, Ibra­­him quitte la route prin­­ci­­pale et s’en­­gage sur une piste qui mène à Band-e Amir, le premier parc natio­­nal d’Af­­gha­­nis­­tan. Les plateaux rougeâtres s’in­­curvent douce­­ment en flancs monta­­gneux couleur de cuir. Dans les vallées pous­­sié­­reuses, le parc se déploie autour de six lacs d’eau douce aux reflets d’un bleu profond. Le soleil se reflète sur l’eau limpide au point de brûler le visage.

Prome­­nade en pédalo
Parc natio­­nal de Band-e Amir
Crédits : Sune Engel Rasmus­­sen

Il est diffi­­cile d’ob­­te­­nir des chiffres fiables sur le tourisme. Mais d’après la fonda­­tion Aga Khan, une orga­­ni­­sa­­tion huma­­ni­­taire qui promeut le tourisme à Bâmiyân, le nombre de visi­­teurs étran­­gers s’est effon­­dré au cours de la dernière décen­­nie. En 2005, envi­­ron 4 000 étran­­gers se sont rendus dans la région. Depuis 2009, au moment où la sécu­­rité s’est dégra­­dée dans le pays, entre 400 et 1 000 personnes visi­­te­­raient Bâmiyân chaque année – soit un total de 4 300 touristes en cinq ans, composé pour l’es­­sen­­tiel d’Eu­­ro­­péens et d’Amé­­ri­­cains qui vivent et travaillent à Kaboul. L’As­­so­­cia­­tion sud-asia­­tique pour la coopé­­ra­­tion régio­­nale a récem­­ment décerné à Bâmiyân le titre de capi­­tale cultu­­relle 2015, ce qui suscite l’es­­poir de voir le tourisme repar­­tir à la hausse l’an­­née prochaine. En dépit de ses autres attrac­­tions touris­­tiques, le prin­­ci­­pal fait de gloire de Bâmiyân se résume à deux niches vides à flanc de montagne. Là, au VIe siècle, des boud­d­histes ont taillé deux statues monu­­men­­tales dans le grès de la falaise. Le plus grand boud­dha, qui culmi­­nait à 53 mètres au-dessus de la vallée, était surnommé le Roi de Bâmiyân. Les statues ont résisté aux enva­­his­­seurs les plus impi­­toyables de l’his­­toire, comme Gengis Khan, qui a assiégé la ville en 1221 après que son petit-fils y eut trouvé la mort. Mais les boud­d­has géants n’ont pas survécu aux tali­­bans. En 2001, dans la cadre de la guerre du mollah Omar contre l’ido­­lâ­­trie, les isla­­mistes ont pilonné les statues avec de la dyna­­mite et des roquettes, jusqu’à les réduire en miettes. Le gouver­­ne­­ment afghan voudrait au moins recons­­truire le petit boud­dha comme symbole de la défaite des tali­­bans, mais il est peu probable que ce projet abou­­tisse. L’Unesco, qui a classé le site au Patri­­moine mondial de l’hu­­ma­­nité, consi­­dère qu’il ne reste pas assez de maté­­riau de base : recons­­truire les statues s’ap­­pa­­ren­­te­­rait à une repro­­duc­­tion plutôt qu’à une restau­­ra­­tion. « La vraie sculp­­ture, c’est le vide », a résumé un consul­­tant de l’Unesco en 2012.

bamiyan-afghanistan-ulyces-06
Vue de Bâmiyân
Les boud­d­has ne sont plus
Crédits : Sune Engel Rasmus­­sen

Certains n’ont pas voulu l’en­­tendre de cette oreille. En 2013, une équipe de conser­­va­­teurs alle­­mands, char­­gée de construire un plateau pour soute­­nir la paroi de la plus petite niche, a édifié deux piliers en brique en forme de pieds et de jambes. L’Unesco a fustigé une initia­­tive « quasi-crimi­­nelle » ayant occa­­sionné des « dégâts irré­­ver­­sibles ». Personne n’a touché aux niches depuis. Mais le plus diffi­­cile n’est pas tant de convaincre les gens de venir à Bâmiyân que de rendre la région acces­­sible. Les provinces envi­­ron­­nantes sont extrê­­me­­ment instables et leur situa­­tion ne s’amé­­liore pas. La prin­­ci­­pale route depuis Kaboul traverse la province de Wardak, connue pour être un repère de tali­­bans. Elle a été surnom­­mée « la route de la mort » par la popu­­la­­tion locale, qui préfère en géné­­ral ne pas se risquer hors de la province de Bâmiyân. Alors que les troupes inter­­­na­­tio­­nales sont sur le point de réduire leurs effec­­tifs, les tali­­bans s’em­­ploient à tester la résis­­tance des forces de sécu­­rité afghanes. Les combat­­tants ont resserré l’étau autour de zones impor­­tantes à l’est et au sud. La violence est en hausse, même dans des villes consi­­dé­­rées jusque-là comme sûres.

Le malheur des Hazâ­­ras

« Mais oui, bien sûr que Bâmiyân fait partie de l’Af­­gha­­nis­­tan. La situa­­tion géné­­rale en matière de sécu­­rité a des réper­­cus­­sions ici », admet Ibra­­him lorsque j’in­­siste sur la ques­­tion de la sécu­­rité. Mais il tient à préci­­ser qu’une compa­­gnie aérienne privée a commencé à relier Kaboul et Bâmiyân, à raison de trois vols par semaine. « Nous avons besoin de relier Bâmiyân au reste de l’Af­­gha­­nis­­tan. Peut-être qu’a­­vec des vols directs de Bâmiyân aux aéro­­ports inter­­­na­­tio­­naux, nous pouvons résoudre le problème que pose la sécu­­rité dans le pays. »

Trois décen­­nies de guerre ont laissé leur empreinte sur le paysage.

Une fois à Bâmiyân, les voya­­geurs doivent aussi faire face au manque d’in­­fra­s­truc­­tures. La couver­­ture du réseau de télé­­pho­­nie mobile s’ar­­rête à dix minutes des limites de la ville, ce qui dissua­­dera à coup sûr un grand nombre de touristes de visi­­ter les envi­­rons. Si beau­­coup de routes de la province ont été goudron­­nées, il faut une demi-heure pour parcou­­rir les 15 kilo­­mètres de piste acci­­den­­tée qui mènent à Shahr-i-Zohak, la Ville rouge, à l’est. La Ville rouge a été construite il y a 1 500 ans au confluent de deux fleuves, sur fond de montagnes brûlées par le soleil et d’arêtes déchique­­tées aux reflets cuivrés qui s’étendent comme des queues de lézards géants. La forte­­resse a été détruite par l’ar­­mée iranienne au XIVe siècle, et utili­­sée comme refuge par les tali­­bans pendant l’in­­va­­sion de 2001. Des monti­­cules de douilles usagées jonchent encore le site. Trois décen­­nies de guerre ont laissé leur empreinte sur le paysage. Au fil des ans, les insur­­gés de chaque camp ont trans­­formé la province en champ de mines. En mars, l’une d’entre elles a tué sept enfants qui jouaient dans les envi­­rons. La pluie avait char­­rié l’ex­­plo­­sif depuis la montagne jusqu’à un champ situé à quelques mètres de la route prin­­ci­­pale. Sur bien des points, Bâmiyân ressemble au Kurdis­­tan irakien. Les Kurdes, tout comme les Hazâ­­ras, sont une mino­­rité reli­­gieuse ayant trouvé refuge au sein d’un pays déchiré par la guerre. Les deux peuples reven­­diquent souvent une plus grande ouver­­ture d’es­­prit que leurs compa­­triotes. Pour Bâmiyân, cela inclut une dose d’éga­­lité des sexes. « Bâmiyân est un des meilleurs endroits d’Af­­gha­­nis­­tan pour les jeunes femmes, me confie Fatima Nazeri, une étudiante de 16 ans. Ici, une femme peut étudier et aller à l’uni­­ver­­sité sans problème. » Pour être juste, Bâmiyân n’est pas le seul endroit où les hommes afghans encou­­ragent les femmes à étudier. Mais les femmes sont encore rares dans la vie publique. En 2005, la première femme gouver­­neur de l’his­­toire de l’Af­­gha­­nis­­tan, Habiba Sarabi, a été affec­­tée à Bâmiyân. Plus tôt dans l’an­­née, la ville a orga­­nisé pour la première fois des compé­­ti­­tions de course à pied et de cyclisme, en inté­­grant des circuits réser­­vés aux femmes.

bamiyan-afghanistan-ulyces-08
Dawood Pezh­­man
Chan­­teur célèbre en Afgha­­nis­­tan
Crédits : Sune Engel Rasmus­­sen

Un groupe de femmes a lancé, avec le soutien d’une ONG occi­­den­­tale, un café pour femmes en plein milieu du bazar – l’ac­­cès est inter­­­dit aux hommes non accom­­pa­­gnés. Même les compé­­ti­­tions annuelles de ski sont ouvertes aux femmes, pour peu qu’elles se conforment au code vesti­­men­­taire musul­­man et portent des casques. Les initia­­tives de Bâmiyân en faveur du tourisme ont commencé sérieu­­se­­ment en 2008, grâce à un don de deux millions de dollars du gouver­­ne­­ment néo-zélan­­dais en faveur de l’éco­­tou­­risme. La subven­­tion a permis de tenir quatre ans, avant que l’am­­bas­­sade de Norvège ne prenne le relai avec un autre don de 600 000 dollars. L’argent sert aussi à moder­­ni­­ser l’éco­­no­­mie stag­­nante de Bâmiyân. La province est encore très pauvre. Alors même que 80 % de ses reve­­nus proviennent de l’agri­­cul­­ture, Bâmiyân doit impor­­ter la moitié de ses ressources en nour­­ri­­ture. Plus des deux tiers de la popu­­la­­tion vit avec moins de 25 dollars par mois. Les provinces du sud et de l’est, plus concer­­nées par les combats, acca­­parent la majeure partie des aides en prove­­nance de l’étran­­ger. « Le tourisme serait une bonne alter­­na­­tive à ce mode de subsis­­tance tradi­­tion­­nel », plaide Ibra­­him. Lorsque le sixième hôtel touris­­tique de Bâmiyân ouvrira ses portes cette année, la ville sera en mesure d’hé­­ber­­ger 300 visi­­teurs. L’un d’entre eux, le Silk Road (Route de la soie), est tenu par une femme chef japo­­naise et son mari afghan. Il est le seul établis­­se­­ment en ville à propo­­ser une alter­­na­­tive à la tradi­­tion­­nelle viande de kebab grillée assor­­tie de pain frais : quand je m’y suis rendu, le menu se compo­­sait de sushis confec­­tion­­nés à base de thon en conserve. L’an­­née prochaine, la première promo­­tion d’étu­­diants en tourisme devrait sortir diplô­­mée de l’uni­­ver­­sité où enseigne Ibra­­him. Dans trois ans, c’est cent guides touris­­tiques frais émou­­lus qui pour­­ront être envoyés aux quatre coins de la ville et dans les autres provinces. Diffi­­cile de savoir si les touristes sont prêts pour Bâmiyân. Mais Bâmiyân, elle, est prête à les accueillir.

bamiyan-afghanistan-ulyces-03
Combat de lutte
Dans un nuage de pous­­sière
Crédits : Sune Engel Rasmus­­sen

Traduit de l’an­­glais par Yvan Pandelé d’après l’ar­­ticle « Tourism After The Tali­­ban », paru dans Roads and King­­doms. Couver­­ture : Band-e Amir, par Sune Engel Rasmus­­sen.

Down­load Premium WordP­ress Themes Free
Premium WordP­ress Themes Down­load
Down­load Best WordP­ress Themes Free Down­load
Down­load Best WordP­ress Themes Free Down­load
down­load udemy paid course for free
Free Download WordPress Themes
Download Nulled WordPress Themes
Free Download WordPress Themes
Download Premium WordPress Themes Free
free download udemy paid course

Plus de monde