Depuis plus d’une décennie, les scientifiques s’efforcent de percer les mystères des « sursauts radio rapides », ou FRB. Ces impulsions radio inexpliquées sont principalement observées dans des galaxies lointaines, ce qui complique les analyses. Mais dans une nouvelle étude, une équipe de chercheur.euse.s internationale a révélé une étrange répétition au cœur d’un de ces signaux, rapportait Vice le 22 mars.

L’équipe a obtenu ces données à « haute résolution temporelle » grâce au réseau européen d’interférométrie à très longue base, un vaste réseau de radiotélescopes qui couvre quatre continents. Leur cible était FRB 180916, un curieux signal répétitif qui fonctionne sur un cycle de 16 jours : il est actif pendant quatre jours et se calme les 12 suivants. Mais une fois le signal étudié sur de minuscules intervalles de seulement 3 à 4 microsecondes, les chercheur.euse.s ont fait une incroyable découverte. En effet, le FRB est composé d’une « microstructure » qui se répète, révélant ainsi une nouvelle méthode pour comprendre la physique de ses émissions.

« La microstructure à laquelle nous faisons référence dans le titre de [l’étude] vient du fait que nous voyons la luminosité du signal elle-même varier sur des échelles de temps de l’ordre de la microseconde », a déclaré Kenzie Nimmo, doctorante à l’Institut Anton-Pannekoek d’astronomie de l’université d’Amsterdam. « Ces variations de luminosité à courte échelle de temps contraignent fortement la taille de la région d’émission des FRB, ce qui définit quels modèles peuvent fonctionner pour produire des FRB. »

En d’autres termes, l’étude d’un FRB à des échelles de temps très courtes permet de zoomer sur l’espace physique autour de la source inconnue de ces impulsions radio. La résolution obtenue par la chercheuse lui a permis de déterminer que la taille de la région d’émission, c’est-à-dire la zone qui crée ces impulsions, est d’environ un kilomètre d’échelle. Ce qui rend cette découverte si impressionnante, c’est que la source de l’explosion est située à environ 457 millions d’années-lumière de la Terre.

Source : Vice