La science a montré comment l’esprit pouvait être trompé, pour faire en sorte qu’il se souvienne de quelque chose qui ne s’est pas produit. Dans une nouvelle étude, des chercheurs viennent de prouver que des faux souvenirs peuvent être implantés puis retirés dans notre cerveau, rapportait Science Daily le 24 mars.

Le système de la mémoire humaine est faillible et malléable. À tel point qu’il est possible – et même assez courant – que les gens possèdent de faux souvenirs. On sait que la mémoire à long terme aide à reconstituer notre identité à travers le souvenir de nos expériences passées, entre autres. Pourtant, plus nous remontons en arrière, plus nos souvenirs deviennent troubles. Ainsi en repensant à notre enfance, on reconstruit le passé à l’aune de circonstances actuelles.

Le département de psychologie des médias de l’université de Hagen, en Allemagne, a récemment implanté de faux souvenirs chez 52 personnes en utilisant des techniques d’interviews suggestives. Avec l’aide de leurs parents, on les a convaincu.e.s que des événements plausibles s’étaient réellement produits dans leur enfance.

À l’issue de trois séances, plus de la moitié (56 %) des cobayes ont développé de faux souvenirs. Mais qu’ils connaissent la vérité de ce qui s’est passé ou non, les scientifiques ont pu les faire revenir sur ces souvenirs.

« En sensibilisant les participant.e.s à la possibilité de faux souvenirs, en les exhortant à réfléchir de manière critique à leurs souvenirs et en renforçant leur confiance en leur propre point de vue, nous avons pu réduire considérablement leurs faux souvenirs », a expliqué Hartmut Blank, psychologue de l’université de Portsmouth et co-auteur de l’étude. « Et surtout, cela n’a pas affecté leur capacité à se souvenir des vrais événements. »

Mais les faux souvenirs n’ont pas complètement disparu pour tout le monde. À l’issue de l’expérience, 15 à 25 % des participant.e.s croyaient toujours que leurs faux souvenirs étaient réels. C’est à peu près le même nombre de personnes qui avaient cru ces inventions juste après le premier entretien. Un an plus tard, certain.e.s participant.e.s ne pouvaient toujours pas déterminer quels étaient les faux souvenirs. Flippant.

Source : Science Daily