Une équipe internationale de chercheur.euse.s a étudié des perroquets momifiés découverts dans le désert de l’Atacama, au Chili. Et d’après leurs résultats, les oiseaux ont été transportés il y a plus de 600 ans depuis l’Amazonie, à environ 800 kilomètres de là, rapportait CNN le 29 mars.

Il n’y a pas de perroquets dans l’Atacama, qui est le désert le plus sec du monde. Les sites archéologiques de la région comportent pourtant des plumes et des oiseaux momifiés. Pour expliquer leur présence, les chercheur.euse.s ont utilisé une batterie de méthodes comme la zooarchéologie, la reconstruction du régime isotopique, la datation radiocarbone et des tests ADN.

Ils ont ainsi découvert que ces volatiles vieux de 600 à 950 ans étaient originaires de la forêt amazonienne. Or pour arriver au désert de l’Atacama, il leur a fallu traverser la cordillère des Andes sur des centaines de kilomètres.

Ara momifié récupéré dans le nord du Chili
Crédits : Calogero Santoro et José Capriles

« Le fait que des oiseaux vivants aient traversé les Andes et leurs 3 000 mètres d’altitude est incroyable », a déclaré José M. Capriles, professeur d’anthropologie à l’université de Pennsylvanie et co-auteur de l’étude. « Ils ont dû être transportés à travers d’immenses steppes, par temps froid et sur un terrain difficile jusqu’à l’Atacama. Et ils ont dû être maintenus en vie. »

Une fois sur place, ils auraient été gardés comme animaux de compagnie, mais aussi régulièrement plumés pour la fabrication de coiffes dénotant la richesse et le pouvoir. Après leur mort, de nombreux perroquets ont été embaumés, certains avec la bouche ouverte et la langue sortie, d’autres avec les ailes déployées comme s’ils volaient. « C’est difficile à interpréter », a ajouté le professeur américain. Mais la pratique faisait peut-être partie d’un rituel lié à la capacité des oiseaux à imiter la parole humaine.

Source : CNN