La Tierra Caliente est le nouveau front de la guerre des cartels au Mexique

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 17 février 2016

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La Tierra Caliente
Crédits : DR
Depuis l’ar­res­ta­tion du narco­tra­fiquant Joaquín Guzmán dit « El Chapo » le mois dernier, de jeunes barons de la drogue s’af­frontent violem­ment pour prendre place sur son trône laissé vacant – en dépit du fait que le cartel de Sina­loa n’ait pas été struc­tu­rel­le­ment affai­bli par l’ar­res­ta­tion de son leader. Leur champ de bataille est une vallée aride qui traverse l’État de Guer­rero au sud-ouest du Mexique appe­lée Tierra Caliente, la « terre chaude », que certains surnomment Infier­nillo, le « petit enfer ». C’est là qu’ont disparu 43 étudiants le 26 septembre 2014, dans la ville d’Iguala. Bien qu’ex­po­sée aux feux du soleil, on la surnomme ainsi car elle est le terrain d’af­fron­te­ments entre des dizaines de cartels de la drogue nouvel­le­ment formés, dont certains sont nés de la disso­lu­tion de l’or­ga­ni­sa­tion crimi­nelle Beltran-Leyva, déman­te­lée en 2011. Les gangs s’af­fublent de noms comme Los Rojos (« les rouges »), Guer­re­ros Unidos (« les guer­riers unis ») ou le « cartel de Jalisco nouvelle géné­ra­tion ». On produit aujourd’­hui davan­tage d’hé­roïne dans la Tierra Caliente que dans tout le « triangle d’or » mexi­cain – comme on appelle depuis 1970 le trafic qui relie les États de Durango, Chihua­hua et Sonora. La drogue est prin­ci­pa­le­ment desti­née au marché améri­cain. Grâce aux reve­nus tirés de la produc­tion d’hé­roïne, les cartels peuvent mettre à genoux les poli­ti­ciens, paysans et hommes d’af­faires de la région. Ils usent fréquem­ment de tactiques de terreur pour assu­rer leur main­mise sur les civils, incluant des enlè­ve­ments, de l’ex­tor­sion de fonds, des viols, des meurtres et même du trafic d’or­ganes. Au cours des trois derniers mois seule­ment, plus de 340 meurtres ont été commis dans la région. « On assiste ici à une véri­table crise des droits de l’homme, et personne ne fait rien », proteste Laura Carl­sen, la direc­trice d’Ameri­cas Program, qui met à dispo­si­tion des cher­cheurs, des jour­na­listes et des acti­vistes des infor­ma­tions sur la situa­tion au Mexique. « Je vis dans ce pays depuis 30 ans, mais je n’au­rais jamais imaginé assis­ter à un tel degré de violence », ajoute-t-elle. De nombreux experts estiment que la situa­tion dans la Tierra Caliente est une preuve de l’échec de la King­pin Stra­tegy de la DEA, l’Agence améri­caine de lutte contre la drogue, qui consiste à faire tomber les patrons des cartels pour anni­hi­ler le crime orga­nisé. Mais les arres­ta­tions des chefs des cartels de Sina­loa et Beltran-Leyva se sont révé­lées drama­tique­ment inef­fi­caces. Pour Carl­sen, la vérité est encore plus déran­geante, alors que le gouver­ne­ment fédé­ral semble inca­pable d’in­ver­ser la courbe de la violence. « Les auto­ri­tés fédé­rales sont complices des cartels », affirme-t-elle. « Les routes sont contrô­lées par les mili­taires, mais il n’y a malgré tout aucun signe de taris­se­ment du flot de drogues qui s’écoule chaque jour dans le pays. » « La respon­sa­bi­lité de l’État est de garan­tir la sécu­rité et les droits humains de ses citoyens », pour­suit Carl­sen. « Ce n’est pas le cas ici. »
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Les forces de sécu­rité fédé­rales
Crédits : Javier Trujillo
Sources : DEA/Ameri­cas Program Nico­las Prouillac C’était l’un des plus grands barons de la drogue depuis Pablo Esco­bar. ↓ chupeta

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