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Les Îles Salo­mon bannissent Face­book pour « préser­ver l’unité natio­nale »

par   Sarah Ben Bouzid   | 26 novembre 2020

Le Premier ministre des Îles Salo­mon Manas­seh Soga­vare a annoncé l’in­ter­dic­tion de Face­book sur l’ar­chi­pel d’Océa­nie afin de lutter contre la cybe­rin­ti­mi­da­tion et la diffa­ma­tion, en affir­mant que la plate­forme de Mark Zucker­berg met à mal « l’unité natio­nale », rappor­tait Vice le 24 novembre. L’op­po­si­tion accuse surtout le gouver­ne­ment de vouloir faire taire les jeunes.

Le gouver­ne­ment des Salo­mon a annoncé cette déci­sion la semaine dernière, en admet­tant que cette inter­dic­tion, qui n’est pas encore entrée en vigueur, visait prin­ci­pa­le­ment les jeunes. Cette annonce inter­vient quelques semaines seule­ment après que le gouver­ne­ment de l’ar­chi­pel a été accusé de vouloir faire taire les jeunes. Mais le Premier Ministre rejette ces accu­sa­tions, tout en insis­tant sur le fait que le bannis­se­ment de Face­book visait en fait à les proté­ger contre les « propos inju­rieux » en ligne.

« La cybe­rin­ti­mi­da­tion sur Face­book est très répan­due, des gens sont insul­tés par des utili­sa­teurs qui utilisent de faux noms, et la répu­ta­tion des victimes, qu’elles se sont forgées au fil des ans, peut être détruite en quelques minutes », a déclaré Soga­vare au Parle­ment des Îles Salo­mon. « Nous avons le devoir de préser­ver l’unité natio­nale et la coexis­tence heureuse de notre peuple… mais Face­book sape les efforts d’uni­fi­ca­tion de ce pays. »

« 70 % de notre popu­la­tion a moins de 30 ans… et c’est ce groupe qui est majo­ri­taire sur les réseaux sociaux, en parti­cu­lier sur Face­book », a répliqué le chef de l’op­po­si­tion Matthew Wale. « C’est vrai­ment pathé­tique. Les raisons invoquées pour son inter­dic­tion ne sont pas assez impor­tantes. » L’in­ter­dic­tion propo­sée devrait être tempo­raire et appliquée jusqu’à ce que le gouver­ne­ment puisse adop­ter des lois supplé­men­taires pour régir le compor­te­ment des utili­sa­teurs sur Face­book.

Face­book a natu­rel­le­ment dénoncé la déci­sion du gouver­ne­ment. Une porte-parole de la plate­forme a déclaré qu’une telle mesure aurait « un impact sur les milliers de personnes dans les Îles Salo­mon qui utilisent nos services pour se connec­ter et parti­ci­per à des discus­sions impor­tantes à travers le Paci­fique ». Les Îles Salo­mon ne sont pas la première nation du Paci­fique Sud à envi­sa­ger une inter­dic­tion de Face­book, les diri­geants des Fidji, du Samoa et de Papoua­sie-Nouvelle-Guinée ayant tous menacé de faire de même ces dernières années.

Source : Vice

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