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L’uni­vers serait rempli d’une étrange substance appe­lée « quin­tes­sence »

par   Ulyces   | 26 novembre 2020

Dans une nouvelle étude parue dans la revue scien­ti­fique Physi­cal Review Letters le 23 novembre, un duo de cosmo­lo­gistes japo­nais émet l’hy­po­thèse que l’ac­cé­lé­ra­tion de l’ex­pan­sion de l’uni­vers est causée par l’ac­tion d’une mysté­rieuse substance appe­lée « quin­tes­sence », qui se répand dans le cosmos au fil du temps.

Les deux astro­nomes de l’uni­ver­sité de Tokyo, Yuto Minami et Eiichiro Komatsu, ne se sont pas réveillés un matin avec cette intui­tion. Comme l’ex­plique un article de Nature, ils ont détecté une cour­bure de la lumière dans le fond diffus cosmo­lo­gique (le rayon­ne­ment élec­tro­ma­gné­tique de l’uni­vers) qui pour­rait être provoquée par la présence de cette substance exotique – c’est-à-dire qu’il reste à décou­vrir la preuve concrète de son exis­tence. La quin­tes­sence serait ainsi le « moteur » de l’éner­gie noire, cette force elle aussi exotique qui serait à l’ori­gine de l’ac­cé­lé­ra­tion de l’ex­pan­sion de l’uni­vers.

En asso­cia­tion avec des cher­cheurs de l’Or­ga­ni­sa­tion de recherche avec des accé­lé­ra­teurs de haute éner­gie (KEK), au Japon, et de l’Ins­ti­tut Max-Planck d’as­tro­phy­sique, en Alle­magne, les cosmo­lo­gistes proposent donc que l’éner­gie noire soit consti­tuée d’un « cinquième élément » qu’ils appellent « quin­tes­sence ». Si leur théo­rie est avérée, elle remet­trait en ques­tion de nombreuses concep­tions de la physique moderne, dont le fait que l’ex­pan­sion de l’uni­vers soit infi­nie.

En effet, si l’éner­gie noire est l’éma­na­tion de cette quin­tes­sence, il se pour­rait que l’ex­pan­sion de l’uni­vers finisse par ralen­tir, voire qu’elle s’ar­rête, ou bien même qu’elle s’in­verse, le pous­sant à se contrac­ter sur lui-même jusqu’au Big Crunch (l’in­verse du Big Bang). « Cela nous ramène au point où l’on n’a aucune idée de la façon dont l’uni­vers va prendre fin », résume Sean Carroll, physi­cien théo­rique au Cali­for­nia Insti­tute of Tech­no­logy de Pasa­dena. Peut-être, mais c’est extra­or­di­nai­re­ment fasci­nant.

Source : Nature

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