Pour protes­ter contre la société de consom­ma­tion, il vit seul, sans toit ni argent dans une forêt ennei­gée

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 17 janvier 2019
Crédits : Joe Ford

Durant la guerre du Viet­nam, Joe Ford était dans les rangs marines. Aujourd’­hui âgé de 64 ans, il vit dans la toun­dra en Alaska, et ce depuis 2013. Sans toit au-dessus de sa tête. Le plus souvent, il dort sous une tente au bord de la rivière, d’autres fois dans des véhi­cules de camping, voire dans des hôtels en échange de quelques heures de travail quand le temps est trop hostile. Mais Ford n’a pas de maison. « Je vis comme ça en signe de protes­ta­tion contre notre société de consom­ma­tion. Je trouve ce mode de vie plus épanouis­sant, plus authen­tique, moins stres­sant pour la planète et aussi pour mon cerveau », raconte-t-il au Guar­dian

Joe ne se consi­dère pas comme sans-abri, mais plutôt « sans maison ». « Sans-abri implique un échec moral indi­vi­duel. Un “sans maison” est simple­ment quelqu’un qui manque d’une struc­ture tridi­men­sion­nelle perma­nente », philo­sophe-t-il. Dans la toun­dra d’Alaska, il n’y a pas de poubelles où trou­ver de quoi manger, pas de citoyens auprès de qui faire la manche. Mais au moins, Ford peut « faire pipi n’im­porte où ». Alors, pour survivre, Ford chasse et cueille. « Je n’ai aucun scru­pule à exploi­ter les ressources de manière durable. En plus, c’est bio. Ce n’est pas une chasse au trophée, c’est de la nour­ri­ture ! » déclare-t-il.

Crédits : Joe Ford

Lors de son esca­pade mensuelle en trans­ports en commun pour se rendre à la banque alimen­taire locale, à 50 km de la vie sauvage, Joe ramène du riz, des pâtes, des céréales, du lait, des conserves, des fruits, des légumes, parfois de la soupe, du beurre de caca­huète et du fromage. Même s’il confie qu’il « préfère un porc-épic rôti au feu de camp que j’ai moi-même tué, accom­pa­gné d’une tasse bien chaude de thé d’or­tie »

Joe n’est néan­moins pas tota­le­ment coupé de la vie moderne. Il possède un ordi­na­teur « vieux de 10 ans » et se rend de temps à autre à la biblio­thèque afin d’uti­li­ser le wifi et de s’in­for­mer. « Au cours de ma longue vie, j’ai pu voir de près toutes les injus­tices, les malver­sa­tions et les aspects destruc­teurs du système capi­ta­liste. J’ai été endoc­triné. J’ai essayé de m’y inté­grer, mais ça n’a pas marché. Je suis passé au rejet complet du système et à la recherche d’al­ter­na­tives. »

Alter­na­tives grâce auxquelles Joe Ford se féli­cite d’avoir consi­dé­ra­ble­ment dimi­nué son empreinte carbone. « Ma présence sur cette planète va lais­ser peu de traces, et je pense que cela devrait être ainsi. Le monde a besoin d’un chan­ge­ment systé­mique », conclut-il.

Source : The Guar­dian

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