Même avec les sous-titres, le vocabulaire américain de certaines séries conserve un côté mystérieux. Il faut avoir suivi avec attention Les Sopranos ou venir de la communauté italo-américaine pour bien comprendre ce qui se passe dans l’épisode 605 de The Office. Michael Scott (Steve Carell) tente vainement de commander un « gabagool ». La serveuse reste interdite. Elle est loin de se douter que ce mot est un dérivé de capicola – ou coppa – utilisé par la diaspora de la Botte dans le New Jersey. On la comprend. Comment diable a-t-il pu autant changer en quelques décennies ? Si l’Italie a unifié sa langue en 1861, ses habitants ont continué à parler des versions différentes selon leur région d’origine jusqu’à la Première Guerre mondiale. Ceux qui ont traversé l’Atlantique n’avaient donc pas le même bagage linguistique. Mais ils partageaient des tics qui n’ont pas perduré en Europe : l’élimination de la dernière syllabe et le remplacement d’une consonne sourde par une consonne sonore. Ils mettaient par exemple des g à la place k, et des b à la place des p. C’est ainsi que capicola est progressivement devenu « gabagool », mozarella « mutzadell », ricotta « ree-goat » et prosciutto « pruh-zoot ». En Sicile ou en Calabre, certains comprennent encore cette prononciation à l’ancienne qu’ont exporté les immigrés. Source : Atlas Obscura