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Ce cochon de mer mange des cadavres et respire par le derrière

par   Sarah Ben Bouzid   | 23 septembre 2020

Surnom­més cochons de mer pour leur teinte rosée, les scoto­planes sont un genre de concombres de mer qui ont la parti­cu­la­rité de ne ressem­bler ni à des cochons, ni à des concombres. Ces créa­tures des abysses n’en sont pas moins fasci­nantes : en quelques mots, ils se nour­rissent de cadavres, leur peau est empoi­son­née, ils marchent sur leurs antennes et respirent par l’anus. L’évo­lu­tion s’est bien amusée.

Décou­verts pour la première fois par le zoolo­giste suédois Johan Hjal­mar Théel, lors de son voyage autour du monde de 1872 à 1876, on trouve les cochons de mer vivent entre 1 200 et 4 800 mètres de profon­deur, nettoyant le fond de l’océan en gobant tous les orga­nismes morts qui se décom­posent. Une fois qu’un cadavre s’y dépose, les cochons de mer utilisent leurs antennes pour le détec­ter et le boulot­ter.

Le scoto­plane marche sur sept paires de gros pieds qui, plus que de se dépla­cer, permettent surtout à l’ani­mal d’iden­ti­fier ce qui est comes­tible et ce qui ne l’est pas. Il s’en sert comme d’an­tennes, quoi. Enfin, pour respi­rer, les cochons de mer se dilatent et se contractent ryth­mique­ment pour pomper de l’eau dans leur cloaque. Ils la filtrent ensuite à travers une struc­ture en forme de poumon appe­lée arbre respi­ra­toire, qui en retire l’oxy­gène et élimine le reste.

On vous a donné envie d’en avoir un dans votre aqua­rium ? C’est impos­sible, il est très très diffi­cile de les faire remon­ter à la surface pour les étudier. Leur cara­pace étant à la fois très déli­cate et habi­tuée à la pres­sion extrême des abysses, elle risque de se désin­té­grer si l’on tente de l’at­tra­per. Cette fragi­lité a fait que les scien­ti­fiques ne savent toujours pas combien de temps vivent ces cochons de mer ou même comment ils s’ac­couplent. Ils nous réservent proba­ble­ment de jolies surprises.

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