fbpx

Comment élever des tardi­grades chez soi ?

par   Valentin Trawicki   | 2 avril 2020

Si vous vous ennuyez sans animal de compa­gnie mais que vous êtes aller­gique aux poils, pourquoi ne pas vous tour­ner vers un animal micro­sco­pique ? Les tardi­grades, dites-vous ? Excel­lente sugges­tion !

On les appelle parfois oursons d’eau, les tardi­grades sont de minus­cules inver­té­brés (0,05 mm à 1,2 mm de longueur) dotés de véri­tables super-pouvoirs. Déjà, ils sont extré­mo­philes, c’est-à-dire qu’ils peuvent survivre à des tempé­ra­tures comprises entre –272 et +150°C, expo­sés aux rayon­ne­ments X et ultra­vio­lets, et même dans le vide spatial ! Privés d’eau et de nour­ri­ture, ils se replient sur eux-mêmes et se retrouvent en état de « mort clinique »… mais ils peuvent demeu­rer plusieurs années dans cet état et « ressus­ci­ter » dès que les condi­tions le permettent. L’ani­mal ultime, en quelque sorte. C’est mieux qu’un chien ou chat non ?

Mais alors comment trou­ver ces petites bêtes ?

Les tardi­grades peuvent être trou­vés presque partout sur Terre. Du sommet des montagnes au fond des océans, des forêts tropi­cales humides à l’An­tar­c­tique. Tous les tardi­grades sont consi­dé­rés comme des animaux aqua­tiques car ils ont besoin d’eau autour de leur corps pour permettre l’échange de gaz. On les trouve plus faci­le­ment vivant dans un film d’eau sur les lichens et les mousses, ainsi que dans les dunes de sable, le sol, les sédi­ments et la litière de feuilles. En bref, il y en a plein au pied de l’arbre qui pousse en bas de chez vous.

Pour en faire vos nouveaux compa­gnons, ils vous faut donc :

  • Recueillir un peu de mousse ou de lichen (sec ou humide) et le placer dans un réci­pient peu profond, comme une boîte de Pétri
  • Faire trem­per dans l’eau (de préfé­rence de l’eau de pluie ou de l’eau distil­lée) pendant 3 à 24 heures
  • Reti­rez et jetez l’ex­cès d’eau du plat
  • Secouez ou pres­sez les touffes de mousse / lichen sur un autre plat trans­pa­rent pour recueillir l’eau empri­son­née
  • Exami­nez l’eau à l’aide d’un micro­scope (si vous en avez un)
  • Utili­sez une micro­pi­pette pour trans­fé­rer les tardi­grades sur une lame, qui pour­ront être obser­vés sous un micro­scope plus puis­sant (là on sent que vous n’en avez pas)

Évidem­ment, tout le monde ne dispose pas d’un micro­scope perfor­mant chez lui, une loupe à la limite. Alors si vous pensez que vous ne pouvez pas (ou plus) vous passer de ces animaux invi­sibles à l’œil nu, on a tout de même pensé à une alter­na­tive. L’ar­tiste cana­dienne Julie Laurin a commencé un stream de ses tardi­grades sur Twitch.

Il fait partie d’un projet inti­tulé « A Tiny World », grâce auquel elle explore la vie micro­sco­pique qui nous entoure : « En parta­geant ce voyage avec vous, j’es­père que vous serez peut-être tentés d’avoir votre propre micro­scope pour regar­der de plus près les petits objets et créa­tures tout autour de nous ! »

PLUS DE SCIENCE