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Ces astro­nomes viennent de retrou­ver LA MOITIÉ de la matière de l’uni­vers

par   Denis Hadzovic   | 29 mai 2020

La moitié de la matière visible de l’uni­vers demeu­rait introu­vable depuis le Big Bang, mais des astro­nomes du monde entier se sont ralliés pour la retrou­ver. Et ils ont fina­le­ment réussi à mettre la main sur cette partie manquante, rappor­tait CNET mercredi 27 mai.

Jean-Pierre Macquart, astro­nome au Centre inter­na­tio­nal de recherche sur la radio-astro­no­mie (ICRAR) en Austra­lie, et d’autres cher­cheurs du monde entier, ont publié une étude mercredi dernier dans laquelle ils se disent désor­mais capables de quan­ti­fier l’in­té­gra­lité de la matière baryo­nique, c’est-à-dire la matière visible ou « lumi­neuse » de l’uni­vers, que l’on distingue de la matière noire.

Selon les esti­ma­tions, cette matière consti­tue­rait envi­ron 5 % de la masse totale l’uni­vers (le reste serait composé de matière noire, encore plus mysté­rieuse). Mais les scien­ti­fiques n’avaient, jusqu’à présent, été capables d’en retrou­ver que la moitié. Cette énigme exces­si­ve­ment frus­trante vient enfin d’être réso­lue, et sa clé se trou­vait dans les sursauts radio rapides (FRB). Depuis des années, les astro­nomes traquent ces signaux radios qui émanent de diffé­rents corps célestes, comme les trous noirs, à l’aide de l’ASKAP, un réseau de radio­té­les­copes austra­liens.

Crédits : ICRAR

« Quand les ondes radios voyagent dans le cosmos, elles inter­agissent avec des élec­trons, qui brouillent le signal », explique Geraint Lewis, astro­phy­si­cien à l’uni­ver­sité de Sydney. Et c’est ce ralen­tis­se­ment du signal qui a servi à retrou­ver la matière manquante. En effet, lorsqu’elles se déplacent dans le vide absolu, toutes les longueurs d’ondes des FRB voyagent à la même vitesse. Mais lorsqu’elles traversent de la matière, certaines d’entre elles subissent un ralen­tis­se­ment. En quan­ti­fiant celui-ci, les astro­nomes peuvent calcu­ler la quan­tité de matière que les signaux radio traversent.

Avant cela, de nombreux astro­nomes avaient tenté de retrou­ver la matière baryo­nique manquante en scan­nant notam­ment les nuages de gaz autour de trous noirs. Mais ces études sont incom­plètes pour Jean-Pierre Macquart, qui explique qu’elles reviennent à devi­ner la taille d’un chien « en regar­dant la taille de sa queue ». Pas facile, en effet. Grâce à leur nouvelle méthode, à priori infaillible, le mystère est clos.

Source : CNET

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