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Il y a 18 ans presque jour pour jour, un ancien agent du KGB qu’on disait effacé prenait la tête du gouvernement russe contre toute attente. Depuis, Vladimir Poutine a lié le destin du pays au sien. Non seulement son pouvoir n’a cessé de se consolider, mais la contestation n’existe plus qu’à la marge. Jeudi 10 août, après quatre ans et demi de détention, l’opposant Sergueï Oudaltsov a appelé au boycott de l’élection présidentielle de mars 2018, que Poutine a toutes les chances de remporter. Le même jour, quatre militants d’un groupe « pour un pouvoir responsable » ont eux été condamnés à de la prison, dont quatre ans fermes pour deux d’entre eux. Ils proposaient de faire juger « le président, les sénateurs et les députés » par un tribunal populaire. Mais ceux-ci le sont encore trop, populaires, pour être chassés. Il faudra sans doute attendre 2024 pour voir leurs successeurs émerger.

Vladimir Poutine prête serment le 7 mai 2000
Crédits : RIA Novosti
Sur la scène nationale, Vladimir Poutine a commencé à imposer son joug en préconisant de « buter » les indépendantistes tchétchènes « jusque dans les chiottes ». Après la guerre de 1999 et 2000, la région du Caucase a été mise au pas par le dévoué Alou Alkhanov puis, à partir de 2007, par Ramzan Kadyrov qui voudrait quant à lui « éliminer » la communauté LGBT. La rhétorique violente du chef de la petite République se traduit, en matière de sport, par l’organisation de combats d’arts martiaux mixtes (MMA) entre des enfants âgés de 8 à 11 ans. D’après un banquier qui a participé à l’élaboration d’un système de dissimulation d’avoirs, Kadyrov redistribuerait du reste les subventions russes à ses proches en toutes impunité. Quelques oligarques parviendraient ainsi à contourner l’impôt. Tous les soutiens du président Poutine ne sont pas aussi discrets. Un groupe de motards fondé à Berlin-Ouest par un ancien chirurgien-dentiste l’élève au rang d’icône. Si beaucoup de Russes apprécient sa diplomatie offensive, ils n’en sont pas moins les otages : l’annexion de la Crimée, en mars 2014, a entraîné une pluie de sanctions qui grève l’économie, et l’engagement de Moscou en Syrie complique les relations avec Washington. Les dernières pénalités économiques adoptées par le Congrès américain en juillet ont été perçues comme « une guerre commerciale totale » par le Kremlin qui s’est empressé d’expulser des diplomates américains et de saisir leurs propriétés. La tension est d’autant plus grande que le FBI enquête sur les connexions russes présumées de membres de la campagne de Donald Trump et sur la fuite des emails du parti Démocrate. Il faut dire que Moscou a une certaine expertise en matière d’espionnage, comme en témoignent les histoires d’Alexandre Litvenenko et d’Anna Chapman. Mais les services de renseignement et les hackers russes ne sont pas les seuls à la manœuvre : avant de quitter la Maison-Blanche, Barack Obama aurait autorisé un programme de piratage visant spécifiquement la Russie. Cette dernière a même été accusée de vouloir s’emparer de la Californie. 

Une fusée Soyouz-FG en avril 2017
Crédits : Roscosmos
Couverture : Vladimir Poutine et le Kremlin. (Christophe Haubursin/Vox)
