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Ce couple de Limoges écou­lait le trésor de Kadhafi

par   Sarah Ben Bouzid   | 9 octobre 2020

En janvier 2020, lors d’un banal contrôle de police en Belgique, un homme de 39 ans origi­naire de Limoges a été arrêté avec près de 15 000 euros en billets abîmés prove­nant d’une banque de Benghazi, en Libye. Elle avait été pillée en 2017 lorsque les rebelles libyens ont décou­vert la présence de 160 millions d’eu­ros fabriqués en Alle­magne à la demande de Mouam­mar Kadhafi, racon­tait Le Pari­sien le 6 octobre.

Après la décou­verte de ce trésor, les rebelles ont utilisé 80 millions d’eu­ros pour ache­ter des armes et du maté­riel de guerre, tandis que l’autre moitié était inuti­li­sable. Les bombar­de­ments constants avaient en effet frappé la salle des coffres, et lorsque les rebelles ont mis la main sur le pactole, la moitié des billets étaient noir­cis ou moisis, et donc impos­sible à écou­ler.

Ces billets-là ont alors été reven­dus « entre 20 et 40 % de leur valeur faciale à la mafia turque », selon un rapport de la banque centrale euro­péenne. C’est ainsi qu’à l’été 2018, les restes du trésor de Kadhafi ont afflué en Alle­magne puis partout en Europe. D’autres personnes se sont rendues direc­te­ment en Turquie pour rache­ter cet argent sale entre 50 et 75 % de sa valeur initiale.

L’ONU et la BCE ont par la suite fait inter­dire ces billets, mais cela n’a pas empê­ché certaines personnes de conti­nuer à les écou­ler. « Tous les agents des banques n’étaient pas forcé­ment vigi­lants lors des petits dépôts », précise l’enquête. C’est ainsi que le couple de Limoges ont été inter­pel­lés en posses­sion de 15 000 euros en billets abîmés. Les poli­ciers ont égale­ment saisi 20 000 euros à leur domi­cile, et ils avaient écoulé le double de ce montant au cours l’an­née 2020. La femme faisait des allers-retours en Turquie, d’où elle rame­nait à chaque fois entre 5 et 10 000 euros.

Les enquê­teurs ont ensuite décou­vert que la quadra­gé­naire travaillait sur les marchés, elle n’avait donc pas de diffi­culté à justi­fier auprès de son banquier ses billets en mauvais état. Son compa­gnon était de son côté chargé d’écou­ler l’argent dans des pays moins regar­dants sur ce genre de choses. Les amou­reux ont été placés en garde à vue au début du mois d’oc­tobre pour blan­chi­ment en bande orga­ni­sée et recel de vol aggravé.

Source : Le Pari­sien

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