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Des embryons humains géné­tique­ment modi­fiés ont déve­loppé de graves muta­tions

par   Denis Hadzovic   | 18 juin 2020

Une équipe de scien­ti­fiques londo­nienne a tenté de modi­fier géné­tique­ment certains embryons humains. Les résul­tats de leurs travaux sont alar­mants puisque les embryons ont déve­loppé de graves muta­tions qui pour­raient conduire à l’ap­pa­ri­tion de cancers, révé­lait One Zero mardi 16 juin.

Il n’y a pas qu’en Chine que les scien­ti­fiques mani­pulent géné­tique­ment des embryons humains. La biolo­giste britan­nique Kathy Niakan et son équipe ont utilisé l’ou­til géné­tique CRISPR, une enzyme capable de modi­fier faci­le­ment et rapi­de­ment des morceaux de l’ADN humain, sur plus d’une ving­taine d’em­bryons humains. Ils ont cher­ché à suppri­mer un gène parti­cu­lier pour comprendre son impor­tance dans le déve­lop­pe­ment des embryons.

Mais ces derniers, dont aucun n’avait dépassé 14 jours de matu­ra­tion, ont réagi avec une variété de muta­tions géné­tiques inat­ten­dues qui, selon les cher­cheurs, pour­raient mener à des défauts géné­tiques lors de la nais­sance voire au déve­lop­pe­ment d’un cancer.

Dans leur étude (qui doit être rééva­luée par des pairs), les scien­ti­fiques disent avoir tenté de modi­fier le gène POU5F1, une protéine impliquée dans l’auto-renou­vel­le­ment des cellules embryo­gé­niques. « Des modi­fi­ca­tions inat­ten­dues se sont produites sur envi­ron 22 % des embryons humains analy­sés », explique l’étude.

Pour Fyodor Urnov, profes­seur à l’uni­ver­sité de Cali­for­nie à Berke­ley (qui n’était pas impliqué dans l’étude), ces résul­tats effrayant prouvent que les outils d’édi­tion géné­tique ne doivent pas être employés pour des modi­fi­ca­tions sur des embryons humains.

Le génie géné­tique est un domaine scien­ti­fique parti­cu­liè­re­ment contro­versé. Certains pensent qu’il repré­sente le futur de l’hu­ma­nité, tandis que d’autres le critiquent vive­ment en aler­tant sur notre manque de connais­sances du génome humain et sur la dange­ro­sité de telles pratiques.

Les embryons ont été détruits après l’ex­pé­rience.

Source : One Zero

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