Ce 8 mars voit débuter la construction d’une extension ambitieuse à la Maison des femmes de Saint-Denis. Une pierre qui vient s'ajouter à l'édifice de la lutte mondiale pour les droits des femmes.

par Malaurie Chokoualé Datou | 8 mars 2019

La pose de la première pierre ne devrait main­­te­­nant plus tarder. La pluie éparse prévue pour la jour­­née n’a pas douché l’en­­thou­­siasme que suscite l’évé­­ne­­ment du jour, attendu avec impa­­tience depuis des mois. « C’est un grand soula­­ge­­ment, après beau­­coup de galères l’an­­née dernière », confirme au Pari­­sien Ghada Hatem-Gant­­zer, fonda­­trice de la Maison des femmes.

Depuis la créa­­tion de la Maison en juillet 2016, cette gyné­­co­­logue accou­­cheuse franco-liba­­naise s’échine à trou­­ver les finan­­ce­­ments qui en assu­­re­­ront la survie. Cela fait main­­te­­nant trois ans que le bâti­­ment aux aplats de couleurs écla­­tantes est adossé au Centre Hospi­­ta­­lier Dela­­fon­­taine et qu’il s’em­­ploie à soula­­ger des femmes de maux qu’elles n’ont pas choi­­sis.


Crédits : La Maison des femmes

Ghada n’au­­rait jamais pu imagi­­ner que ce terrain vague puisse deve­­nir le havre de paix qu’une cinquan­­taine de femmes vient inves­­tir chaque jour. Ces derniers mois, les demandes de prise en charge ont afflué, rendant urgente la construc­­tion d’une exten­­sion. La Maison des femmes accueille ainsi avec chaleur « toutes les femmes vulné­­rables ou victimes de violence », et leur propose non seule­­ment des soins médi­­caux et un accom­­pa­­gne­­ment juri­­dique, mais égale­­ment des acti­­vi­­tés diverses. À ce jour, la struc­­ture a reçu près de 25 000 consul­­ta­­tions et soutenu 7 000 femmes. Ce 8 mars 2019 voit ainsi débu­­ter la construc­­tion tant espé­­rée d’une exten­­sion ambi­­tieuse.

Avec cette exten­­sion, les victimes de violences auront désor­­mais la possi­­bi­­lité d’y porter plainte auprès d’une perma­­nence de la police, avec l’as­­su­­rance d’être écou­­tées en toute confi­­den­­tia­­lité. « Quarante-quatre poli­­ciers·ères volon­­taires ont été iden­­ti­­fié·e·s pour être formé·e·s et parti­­ci­­per au dispo­­si­­tif », détaille Ghada, ajou­­tant que c’est le côté bien­­veillant de la Maison qui incite certaines femmes à se livrer plus faci­­le­­ment qu’au commis­­sa­­riat. Forte d’un inves­­tis­­se­­ment total de 900 000 euros, l’ex­­ten­­sion dotera égale­­ment la Maison d’un bloc opéra­­toire pour réali­­ser certaines inter­­­ven­­tions – comme des IVG – ainsi qu’une salle où seront orga­­ni­­sés des ateliers de théâtre, de danse ou de karaté.

Depuis près de 40 ans, Ghada Hatem-Gant­­zer s’in­­té­­resse à la méde­­cine de la violence, et les consé­quences des violences que subissent les femmes sur leur santé n’ont hélas que très peu de secrets pour elle. Lorsqu’elle débarque en France en 1977, Ghada n’a que 18 ans et elle fuit la guerre qui ravage le Liban pour étudier la méde­­cine. La loi sur l’avor­­te­­ment la précède de peu ; plus tard, elle dira d’ailleurs que « Simone Veil a guidé [son] parcours de gyné­­co­­logue ».

Ghada Hatem-Gant­­zer

Fille d’un ingé­­nieur passionné de poésie, elle sait dès son premier stage ce qu’elle veut deve­­nir : gyné­­co­­logue obsté­­tri­­cienne. Son enga­­ge­­ment contre les violences sexuelles sera progres­­sif. C’est en côtoyant dans son travail des femmes meur­­tries de toutes natio­­na­­li­­tés que Ghada se décide à imagi­­ner un refuge. Et ce lieu, elle le veut gai, coloré et bien­­veillant.

« Les femmes ont, et c’est prouvé, plutôt tendance à parler de ce qui leur arrive à leur méde­­cin, à leur sage-femme, à leur gyné­­co­­logue », explique-t-elle à Région Île-de-France en rece­­vant le prix Elles de France – Prix Simone Veil en novembre 2018. « À ce titre-là, nous sommes souvent les premiers dépo­­si­­taires de paroles qu’elles n’ont jamais pronon­­cées aupa­­ra­­vant. » À ses côtés lors de la céré­­mo­­nie, sont présentes cinq autres femmes enga­­gées dans la lutte pour les droits des femmes, des enfants, des réfu­­giées ou en faveur du déve­­lop­­pe­­ment de la culture en Île-de-France ; toutes présentent des parcours et des histoires excep­­tion­­nelles.

« Ce que j’aime dans mon métier, c’est sa grande diver­­sité et son impact social », raconte-t-elle. « Quand je reçois des adoles­­centes, ce que je peux leur dire autour de leur santé et autour de leur vie [pourra] leur servir un jour de repère. » Aux jeunes filles qui lui disent qu’elles veulent s’en­­ga­­ger, Ghada les encou­­rage avec vigueur « parce que nous avons besoin de toutes ces éner­­gies et de toutes ces femmes qui, petit à petit, s’af­­fran­­chissent d’un système patriar­­cal ».

À l’image de Ghada Hatem, dont le dévoue­­ment et la déter­­mi­­na­­tion ont été maintes fois salués, la France et le reste du monde regorgent d’his­­toires inspi­­rantes de femmes enga­­gées dans la lutte pour les droits des femmes. Depuis ses origines, Ulyces s’em­­ploie à pous­­ser leurs incroyables combats dans la lumière, à l’image des 11 stories et vidéos qui suivent.

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Crédits : Trocaire

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Couver­­ture : Women’s March.


 

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