Selon cette étude, le continent africain tout entier serait le berceau de l’humanité

par   Mehdi Karam   | 12/07/2018
Crédits : Wikimedia commons/Ulyces

L’évolution humaine est une histoire compliquée. Au point qu’une nouvelle étude, publiée le 11 juillet dans Trends in Ecology & Evolutionsoutient que nous n’en connaissons même pas la moitié. Les auteurs, issus de l’université d’Oxford et de l’Institut Max Planck, expliquent que le voyage effectué par l’humanité au cours de son histoire est bien plus diversifié qu’imaginé jusqu’alors. Il est ainsi, selon eux, nécessaire de reconsidérer nos origines et de voir l’Homo sapiens moderne comme le fruit d’une mosaïque de populations.

Pendant plusieurs millions d’années, les hominidés ont voyagé sur le continent africain, laissant au fil de leur passage des os ou des outils simples comme signes de progrès. Les 7,6 milliards d’Homo sapiens qui vivent aujourd’hui autour de la planète peuvent tous être identifiés comme leurs descendants. Toutefois, les fossiles découverts au fil des époques permettent d’observer « une tendance en mosaïque, à l’échelle continentale, menant à la forme humaine moderne », affirme Eleanor Scerri, l’une des auteurs de l’étude, à Scimex.

Elle suggère donc d’oublier cette idée de « berceau de l’humanité », au profit de la théorie de l’origine multirégionale : le continent africain tout entier aurait vu émerger Homo sapiens, pas un endroit précis en Afrique de l’Est. Proposée en 1984 par le paléoanthropologue Milford H. Wolpoff, elle soutient que l’évolution humaine s’est faite au sein d’une seule espèce humaine continue, certes, qui aurait évolué à travers le monde vers Homo sapiens.

Il faudrait donc imaginer diverses populations d’ancêtres humains, dispersées à travers le continent africain, exploitant indépendamment une gamme d’écosystèmes totalement différents, tout en étant chacune anatomiquement distincte – bien plus que les diverses populations d’aujourd’hui. « Un modèle de population subdivisé dans lequel les échanges génétiques ne sont ni aléatoires ni fréquents », en somme, explique Scerri.

Selon l’étude, cette « mosaïque de traits » expliquerait notre unicité. Qui plus est, cela ouvre la voie à une nouvelle analyse des archives fossile et, pourquoi pas, à une réécriture de l’histoire ?

Sources : Trends in Ecology & Evolution/Scimex

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